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| Le IIIe Congrès national du Parti des travailleurs du Vietnam (du 5 au 10 septembre 1960), à Hanoï. |
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Le IIIe Congrès national du Parti s’est tenu du 5 au 10 septembre 1960 à Hanoï, avec la participation de 525 délégués représentant près de 500.000 membres du Parti à travers le pays.
Parmi les délégués présents, 50% avaient rejoint le mouvement révolutionnaire à l’époque où le Parti opérait encore dans la clandestinité. Tous avaient traversé la résistance contre l’invasion coloniale française. Nombre d’entre eux étaient des héros et des combattants d’élite, des représentants des minorités ethniques, ainsi que des poètes, écrivains et scientifiques.
Près de vingt délégations internationales, ainsi que des représentants du Parti socialiste, du Parti démocrate et des organisations membres du Front de la Patrie du Vietnam, y ont également assisté.
Hô Chi Minh, Président du Parti, a prononcé le discours d’ouverture. Il a rappelé que trente années de lutte avaient enseigné au Parti que "l’assimilation profonde du marxisme-léninisme, la fidélité absolue aux intérêts de la classe ouvrière et de la nation, ainsi que le maintien de l’unité et de la solidarité au sein du Parti, entre les partis communistes et entre les pays de la grande famille socialiste, constituent les garanties les plus sûres de la victoire révolutionnaire".
Il a affirmé : "Ce Congrès est celui de l’édification du socialisme au Nord et de la lutte pacifique pour la réunification du pays".
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Il a réitéré la volonté inébranlable du peuple vietnamien de libérer le Sud, soulignant que "tant que l’impérialisme américain ne sera pas chassé du Sud et que cette région ne sera pas libérée de la domination brutale du régime américano-diemiste, notre peuple ne pourra ni manger à sa faim ni dormir en paix". Il a insisté sur le fait qu’"un Nord fort et prospère constitue une base solide pour la lutte en faveur de la réunification nationale".
Afin d’assurer la victoire de la révolution, il a souligné que la question décisive était de "renforcer davantage la capacité de combat de l’ensemble du Parti, de consolider son rôle dirigeant dans tous les domaines". Il a rappelé que, jusqu’à présent, le Parti s’était efforcé de lier étroitement le marxisme-léninisme à la réalité de la révolution vietnamienne. Si les cadres et les membres du Parti possèdent globalement de hautes qualités révolutionnaires, il subsiste néanmoins des faiblesses telles que le subjectivisme, le dogmatisme, l’empirisme, le bureaucratisme et l’individualisme. Il a appelé à intensifier l’étude du marxisme-léninisme, à renforcer l’éducation idéologique au sein du Parti, à lutter pour corriger ces défauts, à affirmer davantage le caractère de classe et le rôle d’avant-garde du Parti, à consolider sans cesse les liens entre le Parti et les masses, et à rassembler toutes les forces patriotiques et progressistes afin de bâtir avec succès le socialisme et de lutter pour la réunification nationale.
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Le Congrès a entendu le rapport politique du Comité central présenté par le camarade Lê Duân, le rapport sur la révision des Statuts du Parti présenté par le camarade Lê Duc Tho, le rapport sur les orientations et les missions du premier plan quinquennal présenté par le camarade Nguyên Duy Trinh, ainsi que de nombreuses autres interventions.
Le rapport politique a passé en revue la direction du Parti depuis le IIe Congrès jusqu’au IIIe Congrès, en particulier durant la période de la résistance contre le colonialisme français.
Il a affirmé que "la longue guerre de résistance de notre peuple s’est conclue par une victoire totale. Cette victoire a démontré que, dans le monde d’aujourd’hui, même un peuple petit et économiquement faible, s’il s’unit et lutte résolument sous la direction d’un parti marxiste-léniniste pour l’indépendance et la démocratie, dispose de toutes les forces nécessaires pour vaincre tous les agresseurs. Elle a également prouvé que seule la direction juste de la classe ouvrière, dont notre Parti est le représentant, et seule une ligne révolutionnaire scientifique fondée sur le marxisme-léninisme peuvent permettre à notre peuple de vaincre l’ennemi et de conquérir la liberté et l’indépendance".
Analysant la situation d’un pays provisoirement divisé en deux régions aux régimes différents, le rapport a défini la mission révolutionnaire actuelle du peuple vietnamien comme suit : renforcer l’unité nationale, lutter fermement pour la paix, promouvoir la révolution socialiste au Nord tout en intensifiant la révolution nationale démocratique populaire au Sud, afin de réaliser la réunification nationale sur la base de l’indépendance et de la démocratie, de bâtir un Vietnam pacifique, unifié, indépendant, démocratique et prospère, contribuant concrètement au renforcement du camp socialiste et à la préservation de la paix en Asie du Sud-Est et dans le monde.
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Les deux tâches révolutionnaires au Nord et au Sud relèvent de deux stratégies différentes, mais poursuivent dans l’immédiat un objectif commun : réaliser la réunification pacifique de la Patrie. Elles visent toutes deux à résoudre la même contradiction fondamentale, celle qui oppose notre peuple à l’impérialisme américain et à ses agents.
Pour résoudre ce conflit commun, chaque région - le Nord et le Sud - assume une mission stratégique spécifique et occupe une position distincte. La révolution socialiste au Nord constitue "la tâche la plus décisive pour le développement de l’ensemble de la révolution nationale et pour la cause de la réunification du pays".
La révolution au Sud, quant à elle, "joue un rôle directement décisif dans la libération du Sud du joug de l’impérialisme américain et de ses laquais, dans la réalisation de la réunification pacifique de la Patrie et dans l’achèvement de la révolution nationale démocratique populaire à l’échelle du pays".
Le rapport politique précise que la mission fondamentale de la révolution au Sud est de libérer cette région de la domination impérialiste et féodale, d’instaurer l’indépendance nationale et de garantir la terre aux agriculteurs. Par conséquent, "la tâche immédiate de la révolution au Sud est de rassembler l’ensemble du peuple, de lutter résolument contre l’agression et la guerre menées par l’impérialisme américain, de renverser le régime de Ngô Dinh Diêm, instrument de l’impérialisme américain, d’établir un gouvernement de coalition nationale et démocratique au Sud, de réaliser l’indépendance nationale, les libertés démocratiques et l’amélioration des conditions de vie du peuple, de préserver la paix et de parvenir à la réunification du pays sur la base de l’indépendance et de la démocratie, tout en contribuant activement à la sauvegarde de la paix en Asie du Sud-Est et dans le monde".
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Le rapport politique analyse en profondeur la ligne de la révolution socialiste au Nord. Partant d’une économie agricole arriérée reposant essentiellement sur la petite production individuelle, avec une base capitaliste extrêmement faible, "la révolution socialiste au Nord doit être un processus de transformation révolutionnaire globale visant à faire passer le Nord d’une économie fondée principalement sur la propriété individuelle des moyens de production à une économie socialiste reposant sur la propriété de tout le peuple et la propriété collective, d’un régime de petite production à un régime de grande production socialiste, et d’une économie dispersée et arriérée à une économie équilibrée et moderne, afin de faire progresser rapidement le Nord et d’en faire une base de plus en plus solide pour la lutte en faveur de la réunification nationale".
Malgré un point de départ très bas, le Nord bénéficie d’un avantage fondamental : le socialisme est devenu un système mondial et ne cesse de se renforcer. Cette situation garantit au Nord la possibilité d’avancer vers le socialisme sans passer par une phase de développement capitaliste.
Dans un contexte où le pays demeure provisoirement divisé en deux régions, la révolution socialiste au Nord doit transformer cette région en un arrière solide pour l’ensemble du pays, soutenir la libération du Sud et la réunification nationale.
Le processus de transformation révolutionnaire au Nord est un processus combinant réforme et construction socialistes, marqué par une lutte âpre et complexe entre la voie socialiste et la voie capitaliste dans tous les domaines : économique, politique, idéologique, culturel et social.
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Sur la base de ces analyses, le Congrès a défini la ligne générale du Parti durant la période de transition vers le socialisme au Nord comme suit : "unir l’ensemble du peuple, promouvoir l’ardent patriotisme et la tradition de lutte héroïque et de travail assidu de notre population, tout en renforçant la solidarité avec les pays socialistes frères, sous la direction de l’Union soviétique, afin de conduire le Nord à progresser rapidement, vigoureusement et durablement vers le socialisme, d’y bâtir une vie prospère et heureuse, de consolider le Nord en tant que base solide pour la lutte en faveur de la réunification pacifique du pays, de contribuer au renforcement du camp socialiste et à la sauvegarde de la paix en Asie du Sud-Est et dans le monde".
"Pour atteindre cet objectif, il convient d’utiliser le pouvoir démocratique populaire afin d’assumer la mission historique de la dictature du prolétariat, de réaliser la transformation socialiste de l’agriculture, de l’artisanat, du petit commerce et de l’industrie et du commerce capitalistes privés ; de développer le secteur économique d’État ; de mettre en œuvre une industrialisation lourde de manière rationnelle, tout en développant vigoureusement l’agriculture et l’industrie légère ; d’accélérer la révolution socialiste dans les domaines idéologique, culturel et technique, afin de transformer notre pays en un État socialiste doté d’une industrie moderne, d’une agriculture moderne et d’une culture scientifique avancée".
Pour transformer une économie arriérée, il n’existe pas d’autre voie que celle de l’industrialisation socialiste. Celle-ci constitue donc la tâche centrale de toute la période de transition vers le socialisme dans notre pays, visant à franchir une première étape de l’industrialisation socialiste, à poser les bases matérielles et techniques du socialisme, à achever la transformation socialiste et à faire de l’économie du Nord une économie pleinement socialiste.
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Le Congrès a défini les missions fondamentales du Premier Plan quinquennal :
- Développer vigoureusement l’industrie et l’agriculture, en mettant en œuvre une première étape de priorité rationnelle accordée à l’industrie lourde, tout en développant de manière soutenue l’agriculture dans son ensemble, l’industrie alimentaire et l’industrie légère.
- Achever la transformation socialiste de l’industrie, de l’artisanat, du petit commerce ainsi que de l’industrie et du commerce capitalistes privés, et étendre les rapports de production socialistes à l’ensemble de l’économie nationale.
- Élever le niveau culturel de la population, intensifier la formation des cadres et des ouvriers qualifiés, améliorer les capacités de gestion économique des cadres et promouvoir le développement scientifique et technique.
- Améliorer davantage les conditions matérielles et culturelles de la population, développer les services sociaux et construire un nouveau mode de vie tant en milieu rural qu’urbain.
- Renforcer résolument la défense nationale ainsi que l’ordre et la sécurité sociale.
Ces missions sont étroitement liées entre elles.
Le Congrès a également arrêté des orientations visant à renforcer l’État de démocratie populaire, à consolider l’unité politique du peuple, à intensifier la solidarité internationale et à accélérer l’édification du Parti.
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| La jeunesse du Nord se mobilise pour partir au Sud combattre les forces américaines. |
Concernant le rôle dirigeant du Parti, le Congrès a tiré les principales leçons de l’expérience révolutionnaire de notre pays au cours des trente dernières années, à savoir :
- Construire un Parti marxiste-léniniste uni et solidaire, étroitement lié aux masses populaires, et maintenir fermement son rôle dirigeant dans la révolution.
- Élaborer une ligne et une orientation révolutionnaires justes, combinant la lutte contre l’impérialisme et ses agents - tâche principale - avec la lutte contre le féodalisme, menée progressivement et en articulation avec la lutte anti-impérialiste.
- Résoudre correctement la question paysanne et consolider solidement l’alliance ouvriers-paysans.
- Sur la base de cette alliance, rassembler toutes les forces nationales et démocratiques au sein d’un large front uni placé sous la direction du Parti.
- Faire de la construction de la force politique des masses le fondement essentiel, en combinant activités légales et illégales, lutte armée et lutte politique, forces armées et forces politiques.
- Renforcer l’État de démocratie populaire.
- Maîtriser l’orientation stratégique consistant à exploiter les contradictions partielles et temporaires au sein de l’ennemi afin de le diviser, de neutraliser les forces susceptibles de l’être et d’isoler totalement les éléments les plus dangereux.
- Renforcer la solidarité internationale.
Les expériences révolutionnaires ainsi synthétisées ont confirmé que la direction du Parti constitue le facteur fondamental déterminant toutes les victoires de notre peuple. Pour que le Parti accomplisse pleinement sa mission, la question clé est de renforcer sans cesse sa direction, c’est-à-dire "d’élever sa combativité et sa capacité de direction, de consolider l’unité et la cohésion au sein de l’ensemble du Parti, d’améliorer ses méthodes de direction et d’élever continuellement le niveau de compréhension et la capacité de travail des cadres et des membres du Parti".
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Les participants au Congrès ont entendu et débattu du Rapport sur la révision des Statuts du Parti, lequel souligne que, dans la nouvelle situation, l’exigence fondamentale de la construction du Parti est de préserver et de renforcer davantage son caractère de classe et son rôle d’avant-garde afin d’accroître sa combativité et sa capacité de direction ; d’élever le niveau théorique et idéologique au sein du Parti ; d’élargir la démocratie et de renforcer la centralisation dans la vie du Parti ; de consolider l’unité et la cohésion sur la base de la critique et de l’autocritique. Le rapport met particulièrement l’accent sur la question des membres du Parti, considérée comme l’un des facteurs décisifs de sa qualité et de sa force de combat.
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| Le général Vo Nguyên Giap (2e à droite), aux côtés de ses camarades de la Commission militaire centrale, examine le plan d’opérations de la campagne Hô Chi Minh en 1975. |
Au cours de plus de cinq jours de travail, le Congrès a débattu avec dynamisme et a pleinement approuvé le Rapport politique ainsi que les autres rapports du Comité central. Les questions examinées et adoptées revêtent une importance décisive pour l’orientation et les missions de la révolution socialiste au Nord et pour la lutte en faveur de la réunification nationale.
Le Congrès a élu un nouveau Comité central composé de 47 membres titulaires et de 31 membres suppléants.
Le Comité central a élu le Bureau politique comprenant 11 membres titulaires et 2 membres suppléants. Le camarade Hô Chi Minh a été réélu Président du Parti et le camarade Lê Duân réélu Premier secrétaire du Comité central du Parti.
Le 10 septembre 1960, le Congrès a adopté à l’unanimité la Résolution sur les missions et la ligne du Parti pour la nouvelle période, les Statuts révisés du Parti ainsi que l’Appel du IIIᵉ Congrès national du Parti des travailleurs du Vietnam.
Le Président Hô Chi Minh a prononcé le discours de clôture du Congrès.
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| Le sous-lieutenant Bùi Quang Thân, commandant de la 4e compagnie de chars (portant le drapeau, au premier plan), accompagné de trois soldats de la brigade blindée 203, division 304, corps d’armée n°2, pénètre dans le palais présidentiel du régime fantoche de Saïgon pour y hisser le drapeau, midi le 30 avril 1975. |
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| Infographie : VNA/CVN |
Texte : Mai Quynh/CVN
Photos : Archives de la VNA/CVN












