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| Culture de jujubes aux normes VietGAP à Lý Nhân, province de Ninh Bình (Nord). |
| Photo : CTV/CVN |
L’agriculture vietnamienne connaît une transition progressive, passant des pratiques traditionnelles à des modes de production intégrant davantage les avancées scientifiques et technologiques. Cette évolution est considérée comme un levier essentiel pour moderniser le secteur, améliorer la qualité des produits et répondre aux exigences croissantes des marchés.
Au fil des années, les autorités, les collectivités locales et les agriculteurs ont intensifié leurs efforts pour introduire des techniques innovantes dans les différentes étapes de la production. De la sélection variétale à la transformation post-récolte, les sciences et les technologies interviennent désormais à tous les niveaux, contribuant à accroître la valeur des produits agricoles.
Succès des modèles à Ninh Binh et Phu Tho
Dans la province de Ninh Binh (Nord), le verger de pommiers de Trân Dinh Hanh illustre les effets concrets de cette transition. Autrefois exploité selon des méthodes traditionnelles, il subissait des pertes importantes, pouvant atteindre 80% en raison des insectes nuisibles.
Depuis 2025, grâce à l’appui du Centre national de vulgarisation agricole, l’exploitation a adopté un modèle conforme aux normes VietGAP, associé à un système de serres protégées par des filets anti-insectes sur une superficie de 4.000 m².
Ce changement a permis de réduire le nombre de traitements phytosanitaires de 18 à 20 par campagne, d’économiser entre 5 et 7 millions de dôngs et de limiter le taux de fruits endommagés à 5%. Dans la foulée, le rendement a, augmenté de 30% à 40%. En 2025, la production a atteint 13 tonnes, pour un bénéfice d’environ 300 millions de dôngs.
Dans la province de Phu Tho (Nord), l’application des technologies agricoles s’est également développée. La province compte 648 zones de cultures clés couvrant 79.000 ha, dont plus de 7.600 ha disposent d’un code d’identification. En outre, 3.900 ha sont certifiés VietGAP, 153 ha GlobalGAP et 108 ha sont exploités selon des méthodes biologiques.
Sur son exploitation de plus de deux hectares, Vu Van Luyên cultive 473 pamplemoussiers Doan Hung en appliquant des techniques telles que la taille, l’utilisation d’engrais organiques et de produits biologiques de protection. Ce mode de production, bien que plus coûteux, lui permet d’atteindre un revenu d’environ 400 millions de dôngs par campagne, tout en garantissant la qualité des produits.
Comme le souligne Nguyên Quang Tin, directeur adjoint du Département des sciences, des technologies et de l’environnement, relevant du ministère de l’Agriculture et de l’Environnement : “Ces dernières années, les ministères, les secteurs, les localités et la population ont accordé une attention croissante à l’application des sciences et technologies dans la production. De nombreuses entreprises ont investi dans des zones de matières premières concentrées à grande échelle, introduit de nouvelles variétés, appliqué des techniques et technologies avancées en matière de transformation et de conservation, contribuant à accroître la valeur des exportations. De nombreuses variétés de plantes et d’animaux ont été mises en production, améliorant la productivité et la qualité des produits”.
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| Système d’arrosage automatique piloté par smartphone. |
| Photo : VNA/CVN |
L’application des sciences et technologies permet d’augmenter la valeur de production de 30 à 35% par rapport aux méthodes traditionnelles. Dans la riziculture, plus de 80% des surfaces sont désormais cultivées avec des variétés de haute qualité, contribuant à renforcer la valeur des exportations.
Défis et perspectives d’avenir
Malgré ces résultats, l’application des sciences et technologies reste confrontée à plusieurs obstacles. Le marché de consommation demeure parfois limité et instable, tandis que dans certaines régions, les agriculteurs rencontrent des difficultés dans l’accès à ces technologies ainsi que dans leur maitrise.
Le transfert des avancées techniques au niveau local n’est pas encore homogène. Par ailleurs, les investissements nécessaires pour développer une agriculture de haute technologie, notamment en infrastructures et en équipements, restent élevés pour de nombreux exploitants. L’agriculture biologique, bien qu’en progression, ne représente encore qu’environ 174.000 ha, soit près de 1,4% de la superficie agricole totale, ce qui reflète une marge de développement importante.
Face à ces défis, les orientations portent sur la poursuite des programmes de développement agricole intégrant les sciences et technologies, le renforcement de la sensibilisation et de la formation des agriculteurs, ainsi que la promotion de la recherche et de l’introduction de variétés performantes.
Le développement de zones de production concentrées, l’attraction des investissements des entreprises et l’amélioration des infrastructures figurent également parmi les solutions envisagées afin de favoriser une agriculture moderne et structurée.
L’application des sciences et technologies s’affirme ainsi comme un levier central de transformation du secteur agricole. En améliorant la productivité et la qualité des produits, elle contribue à renforcer la valeur ajoutée et la compétitivité de l’agriculture nationale.
À terme, cette dynamique vise à construire une agriculture moderne, durable et à forte valeur, répondant aux exigences du marché et assurant des revenus plus stables aux agriculteurs.
DAN THANH/CVN




