Premier trimestre 2026 : l’aquaculture devient un moteur de croissance

Au premier trimestre 2026, l’aquaculture a continué de jouer le rôle de moteur de croissance, tandis que la pêche maritime s’est quasiment figée sous la pression des coûts. Cette évolution ne reflète pas seulement des facteurs saisonniers, mais traduit aussi un déplacement structurel de l’ensemble de la filière.

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L’aquaculture vietnamienne s’oriente vers une croissance durable. 
Photo : VNA/CVN

Au cours des trois premiers mois de l’année, la production totale de produits de la mer a atteint environ 2,18 millions de tonnes, en hausse de 3,2% par rapport à la même période de l’an dernier. L’aquaculture représente la part principale et progresse de 5,4%. Les produits phares, tels que la crevette à pattes blanches et le pangasius, ont maintenu leur dynamique de croissance grâce à la reprise de la demande à l’exportation et à l’expansion des zones d’élevage dans le Delta du Mékong.

Dans la structure des coûts de l’élevage de crevettes, l’alimentation reste le poste le plus important, représentant environ 55% à 65%. Viennent ensuite les géniteurs et alevins (10% à 15%), l’électricité pour les systèmes d’aération et de traitement de l’eau (10% à 12%), ainsi que les médicaments, les produits biologiques et la main-d’œuvre.

Les modèles d’élevage intensif et super-intensif - désormais largement répandus - entraînent une forte hausse des coûts d’électricité et de gestion de l’environnement. Les producteurs doivent maintenir en continu les systèmes de brassage et d’oxygénation, tout en surveillant de près les indicateurs environnementaux afin de limiter les maladies. Cela conduit à un coût de production par kilogramme de crevettes au Vietnam généralement plus élevé que dans certains pays concurrents comme l’Équateur ou l’Inde.

La pêche de thon à Khánh Hoà (Centre). 
Photo : VNA/CVN

Au premier trimestre, la pêche en haute mer n’a augmenté que d’environ 0,2%, et le mois de mars a même enregistré une baisse par rapport à la même période de l’an dernier. La principale raison tient aux coûts du carburant. Pour les navires opérant au large, le fioul peut représenter 40% à 60% du coût total d’une sortie en mer. Lorsque les prix du carburant restent élevés, la rentabilité de chaque expédition diminue fortement, obligeant de nombreux bateaux à écourter leurs activités ou à rester à quai.

Nécessité d’une restructuration

Les évolutions du premier trimestre 2026 montrent que le secteur des produits de la mer se réoriente nettement vers une moindre dépendance à l’exploitation naturelle et vers une expansion de l’aquaculture. Il ne s’agit pas seulement d’une tendance à court terme, mais d’une stratégie de long terme, en adéquation avec les exigences de développement durable et les standards d’exportation.

Le développement des chaînes de valeur intégrées ne contribue pas seulement à améliorer la productivité et la qualité, mais aussi à réduire les risques pour les éleveurs.

Transformation de pangasius pour l’exportation à An Giang (Delta du Mékong). 
Photo : VNA/CVN

Les modes d’élevage seront diversifiés, adaptés aux conditions écologiques de chaque région, allant de l’élevage en cages flottantes et en bassins à l’aquaculture écologique. Parallèlement, les systèmes de production de géniteurs, d’aliments et de fournitures seront développés localement, avec une priorité donnée aux espèces indigènes, en lien avec les chaînes de valeur. Les infrastructures et services de soutien seront également investis de manière synchronisée dans les zones de production concentrées. Une autre orientation importante consiste à développer le marché et à construire une marque pour les produits aquatiques issus des réservoirs, grâce à l’application de normes de qualité, d’indications géographiques et à une intensification des actions de promotion commerciale.

Il est à noter que la communauté des entreprises a démontré une capacité d’adaptation flexible en réorientant rapidement ses marchés vers la Chine, l’Europe et l’Afrique, dans un contexte de volatilité du marché américain. Sur cette base, et autour de trois piliers de développement - la transformation numérique et la science-technologie, l’économie verte et circulaire, ainsi que l’élévation de la valeur ajoutée - le secteur des produits de la mer vise un chiffre d’affaires à l’exportation de 14 à 16 milliards de dollars d’ici 2030.

Selon le vice-ministre de l’Agriculture et de l'Environnement, Phùng Duc Tiên, outre les produits phares tels que la crevette et le pangasius, le secteur dispose encore d’un vaste potentiel de développement, notamment dans l’élevage marin, les algues et l’aquaculture en réservoirs - des domaines prometteurs pour accroître la valeur ajoutée.

Parallèlement, la levée du "carton jaune" de la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN) est mise en œuvre de manière résolue, avec des mesures telles que la gestion des navires de pêche via des systèmes de surveillance des trajets, la numérisation de la traçabilité et la sanction stricte des infractions. L’objectif est de bâtir une filière des produits de la mer transparente, responsable et durable.

Hoàng Phuong/CVN

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