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| Une paire de sandales en caoutchouc et un flacon de médicaments retrouvés lors de fouilles du sol dans la zone de Khe Cha Ly, commune de Khe Sanh (province de Quang Tri). |
| Photo : VNA/CVN |
En vue du 80e anniversaire de la Journée des invalides de guerre et des martyrs pour la Patrie en 2027, la "Campagne de 500 jours et nuits visant à intensifier la recherche, le regroupement et l’identification des restes des martyrs" (du 15 mars 2026 au 27 juillet 2027), déployée à l’échelle nationale, constitue une mission à la fois urgente et profondément politique et humanitaire. Il ne s’agit pas simplement de retrouver des sépultures encore perdues, mais de rendre leur nom, leur Patrie et leurs liens familiaux à ceux qui ont sacrifié leur vie pour l’indépendance et la liberté de la Patrie.
Ne pas laisser le sacrifice tomber dans l’oubli
La guerre est terminée depuis plusieurs décennies, mais ses conséquences restent présentes dans les dizaines de milliers de familles qui n’ont toujours pas retrouvé la sépulture de leurs proches. Plus de 170.000 restes de martyrs n’ont pas encore été retrouvés et quelque 230.000 tombes de martyrs n’ont pas encore pu être identifiées. Ces chiffres témoignent des zones d’ombre de l’histoire qui restent encore à combler.
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| Des échantillons biologiques porteurs de l’espoir des familles dans l’identification des informations sur les martyrs. |
| Photo : VNA/CVN |
Pour une famille dont un proche est tombé au combat, savoir où il repose, pouvoir confirmer son identité et disposer d’un lieu de sépulture clairement identifié ne relève pas seulement du passé. C’est un besoin spirituel, un droit légitime et une attente qui se transmet parfois sur plusieurs générations. Ainsi, chaque reste retrouvé et chaque identité établie ne constituent pas seulement un résultat opérationnel : ils représentent le retour d’une personne auprès de sa famille, de sa terre natale et de la mémoire collective de la nation.
C’est aussi pourquoi la recherche, le regroupement et l’identification des restes des martyrs doivent être considérés au-delà d’un simple calcul des coûts ou des bénéfices matériels. Certaines valeurs d’une nation ne peuvent être évaluées en termes monétaires, au premier rang desquelles figurent la gratitude envers ceux qui ont fait le sacrifice suprême et l’équité envers l’histoire.
Depuis plusieurs décennies, le Parti, l’État, l’Armée, les collectivités locales et la population n’ont cessé de rechercher et de regrouper les restes des martyrs, au Vietnam comme à l’étranger. Aujourd’hui, les progrès scientifiques et technologiques, notamment dans le domaine de l’identification par l’ADN et de la constitution de bases de données génétiques, ouvrent de nouvelles possibilités pour résoudre des cas qui semblaient auparavant presque impossibles à identifier.
La Campagne de 500 jours et nuits s’inscrit ainsi dans la continuité d’une mission menée avec constance par plusieurs générations, tout en marquant une avancée grâce à de nouvelles méthodes, aux technologies et à une coordination à plus grande échelle.
Transformer la gratitude en actions concrètes
Après plus de quatre mois de mise en œuvre, plus de 1.500 restes de martyrs ont été retrouvés et regroupés ; 93.464 échantillons de restes et échantillons biologiques de proches de martyrs ont été collectés en vue d’analyses ADN. Ces premiers résultats montrent que lorsque l’ensemble du système politique est mobilisé, que les informations fournies par la population sont mises en relation avec les données scientifiques et que les technologies sont utilisées de manière appropriée, des possibilités que l’on croyait définitivement perdues peuvent encore être rouvertes.
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| Dans le cadre de la "Campagne de 500 jours et nuits", les équipes de recherche et de rapatriement ont retrouvé et exhumé les restes de 60 soldats morts pour la Patrie dans la province de Quang Tri (Centre) et au Laos. |
| Photo : VNA/CVN |
Cependant, la réussite de la campagne ne doit pas être mesurée uniquement au nombre de restes retrouvés ou d’échantillons d’ADN collectés. Son objectif plus profond est de mettre en place des méthodes nouvelles et plus efficaces pour résoudre une question historique encore inachevée, tout en renforçant dans la société la conviction que la gratitude ne doit pas se limiter aux cérémonies commémoratives, mais se traduire par des actions concrètes.
Pour y parvenir, il convient de poursuivre les investissements dans les sciences et technologies, de perfectionner la base nationale de données génétiques, d’intensifier les analyses ADN à grande échelle et de recourir aux systèmes d’information géographique (SIG), aux drones ainsi qu’aux outils d’analyse des données afin de faciliter les recherches dans les zones difficiles d’accès. Il faut également renforcer la coopération avec le Laos, le Cambodge et les partenaires internationaux afin d’exploiter davantage les archives, les dossiers et les informations concernant les cas qui restent non élucidés.
La population constitue une autre ressource particulièrement importante. Les informations fournies par les anciens combattants, les camarades d’armes, les témoins, les familles de martyrs et les personnes ayant vécu dans les anciens théâtres d’opérations peuvent constituer des indices décisifs pour une recherche. Il convient donc de continuer à mettre en place des mécanismes permettant d’encourager, de recueillir et de vérifier ces informations, tout en favorisant une participation plus large de la communauté à cette démarche.
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| Les tombes dont l’identité des soldats a été établie au cimetière des martyrs de Tong Khao, province de Diên Biên (Nord). |
| Photo : VNA/CVN |
Plus important encore, il faut combattre les perceptions erronées selon lesquelles la recherche des restes des martyrs reviendrait à "raviver les souffrances" ou constituerait une activité inutile. Au contraire, rechercher et identifier ceux qui ont donné leur vie est précisément une manière de répondre aux souffrances qui restent encore inachevées. Tourner la page du passé ne signifie pas l’oublier. Une nation ne peut avancer avec confiance que si elle sait honorer les sacrifices qui ont rendu possible son présent.
Ainsi, la Campagne de 500 jours et nuits n’est pas seulement une course contre le temps pour retrouver ceux qui sont tombés. Elle constitue également une mise à l’épreuve de la responsabilité de la génération actuelle envers l’histoire. Chaque reste retrouvé est une réponse apportée à une famille ; chaque identité établie permet de restaurer une part de la mémoire ; chaque geste concret de gratitude contribue à faire vivre, dans la société contemporaine, les valeurs de "boire l’eau en se souvenant de sa source" et de "rendre hommage à ceux qui ont contribué à la Patrie".
Retrouver ceux qui sont morts, en définitive, c’est aussi préserver les valeurs de ceux qui vivent. C’est la gratitude, la responsabilité, l’équité envers l’histoire, mais aussi la manière de rappeler aux générations actuelles que la paix, l’indépendance et la vie dont nous bénéficions aujourd’hui ne sont pas des acquis naturels. Elles ont été payées par la jeunesse, le sang et le sacrifice de nombreuses générations.
C’est pourquoi la Campagne de 500 jours et nuits doit se poursuivre avec une détermination accrue, des méthodes toujours plus scientifiques et une participation plus large de l’ensemble de la société. Rendre à un martyr son nom et son identité, c’est aussi restituer une part de l’histoire à la place qui lui revient dans la mémoire de la nation.
Xuân Lôc/CVN






