Wall Street déstabilisée par le retour du flou commercial

La Bourse de New York a terminé en net recul lundi 23 février, mise sous pression par le réveil des incertitudes commerciales après le revers infligé vendredi 20 février par la Cour suprême aux droits de douane de Donald Trump, alors que les craintes autour de l'IA persistent.

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Le Dow Jones a cédé 1,66%, l'indice Nasdaq a reculé de 1,13% et l'indice élargi S&P 500 a perdu 1,04%.

Un trader travaille à la Bourse de New York, le 14 janvier. 
Photo : AFP/VNA/CVN

"La peur commence à se répandre à Wall Street à propos de plusieurs facteurs", commente auprès de l'AFP Adam Sarhan, de 50 Park Investments.

Parmi ceux-ci, la décision de la Cour suprême des États-Unis de juger illégale une large partie des droits de douane mis en place par Donald Trump depuis son retour à la Maison Blanche.

"Les investisseurs réagissent négativement à cette nouvelle, car ils pensaient la semaine dernière que les remboursements des surtaxes étaient susceptibles de soutenir les bénéfices des entreprises à court terme; cependant, cette voie s'est clairement rétrécie", juge Jose Torres, d'Interactive Brokers.

Le président américain a répliqué en annonçant une nouvelle surtaxe douanière mondiale de 10%, qu'il a ensuite portée à 15%.

Donald Trump "a décidé d'augmenter les droits de douane alors qu'il n'y avait aucune raison de le faire, il aurait pu simplement dire : +je vais utiliser une autre base légale et tout continuer comme avant+", estime Adam Sarhan.

De nombreuses interrogations demeurent sur l'impact de ce revers, notamment vis-à-vis des accords commerciaux qui avaient été d'ores et déjà négociés. L'ampleur des remboursements à venir est aussi incertaine.

Dans ce contexte, sur le marché obligataire, le rendement à échéance dix ans des emprunts de l'État américain se détendait franchement à 4,03% vers 21h10 GMT contre 4,08% à la clôture vendredi 20 février.

Un rendement plus bas signifie généralement qu'un vent de prudence souffle parmi les investisseurs, qui se détournent des actifs jugés risqués.

En parallèle, les acteurs du marché s'inquiètent encore des conséquences du développement de l'intelligence artificielle (IA).

"Beaucoup craignent que l'IA ne fasse disparaître une grande partie de la capitalisation boursière" d'acteurs technologiques de premier plan "ou force ces entreprises à changer leur mode de fonctionnement", explique Adam Sarhan.

Dernière victime en date de ces craintes, IBM a chuté de plus de 13% lundi 23 février, plombé par le lancement d'un nouvel outil IA de l'entreprise californienne Anthropic qui vient concurrencer son quasi-monopole sur le langage de programmation Cobol.

À ce titre, les résultats trimestriels du mastodonte des puces et symbole de l'engouement pour l'IA Nvidia seront particulièrement scrutés mercredi soir.

En cas de mauvaise réception de ces performances financières, "le marché pourrait connaître un recul très important", prévient Adam Sarhan.

Ailleurs à la cote, les géants du crédit non bancaire ont encore été à la peine. Blue Owl a cédé 3,42%, Apollo a reculé de 5,00%, Blackstone de 6,23% et Ares Management a perdu 6,97%.

Depuis le début d'année, la plupart ont vu leur cours chuter de 20% à 30%.

"C'est rarement bon signe de voir de grands secteurs de l'économie s'assécher ou se figer. Or, le crédit privé et le capital-investissement sont des secteurs très importants de l'économie", note M. Sarhan.

Le secteur pâtit de craintes sur sa capacité de liquidité mais subit aussi les déboires boursiers des éditeurs de logiciels, à qui il a prêté beaucoup d'argent.

AFP/VNA/CVN

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