Vers un meilleur encadrement des activités périscolaires pour alléger la pression sur les élèves

Afin de mieux encadrer les activités éducatives complémentaires et facultatives, le ministère de l’Éducation et de la Formation (MEF) propose de nouvelles règles visant à garantir leur qualité, limiter la pression sur les élèves et renforcer la transparence financière.

>> Exonération des frais de scolarité pour les élèves de la maternelle au lycée

>> L'éducation à la culture nationale dans le contexte de la mondialisation

>> Le Brighton College Vietnam parmi les écoles privées les plus recommandées au monde en 2026

Renforcer des activités périscolaires pour alléger la pression sur les élèves.
Photo : Dantri/CVN

Le projet de circulaire relatif à l’organisation de ces activités dans les établissements d’enseignement général et de formation continue est actuellement soumis à consultation publique. Cette initiative intervient alors que de nombreux parents s’interrogent sur la multiplication, dans les écoles, des programmes de coopération portant sur les compétences de vie, les langues étrangères, les technologies numériques ou encore l’intelligence artificielle.

Selon le projet, les activités éducatives complémentaires seront organisées par les établissements scolaires afin de consolider et d’approfondir les connaissances, tout en développant les compétences et les qualités des élèves. Intégrées au temps scolaire, elles seront soumises au même régime de gestion que les enseignements obligatoires.

Ces activités ne pourront être organisées qu’en dehors des heures de cours et uniquement sur la base d’une participation volontaire des élèves et de leurs parents.

Ne pas alourdir la charge de travail des élèves

L’une des principales nouveautés du projet est l’obligation faite aux activités éducatives complémentaires de respecter strictement les objectifs du Programme national d’enseignement général. Elles ne pourront ni remplacer les enseignements obligatoires, ni en reproduire le contenu, ni proposer des programmes équivalents.

Le ministère souligne également que ces activités ne devront en aucun cas exercer une pression excessive sur les élèves ni accroître leur charge de travail.

En particulier, les résultats obtenus dans le cadre des activités éducatives complémentaires ou des activités facultatives choisies par les élèves ne pourront être pris en compte dans l’évaluation des résultats scolaires, l’attribution de distinctions, les récompenses ou les mesures disciplinaires. Cette disposition vise à préserver le caractère volontaire de ces programmes et à éviter toute participation sous la pression des notes ou des performances.

Des activités périscolaires ne devront en aucun cas exercer une pression excessive sur les élèves ni accroître leur charge de travail.
Photo : VNA/CVN

Les rédacteurs du projet proposent également de renforcer le contrôle des aspects financiers afin de prévenir les prélèvements abusifs de frais. Les tarifs applicables aux activités éducatives complémentaires seront fixés par les Conseils populaires provinciaux sur proposition des Comités populaires provinciaux.

S’agissant des activités répondant aux besoins des élèves, leur financement devra reposer sur le principe du volontariat, avec l’accord des parents. Les frais seront calculés selon le principe de l’équilibre entre recettes et dépenses et ne pourront dépasser le plafond fixé par les autorités locales.

Les établissements scolaires devront établir un budget détaillé pour chaque activité, publier de manière transparente les recettes et les dépenses, et respecter les règles en matière de comptabilité, de statistiques et d’obligations fiscales. La réception et l’utilisation des dons ou contributions volontaires devront également être conformes à la législation en vigueur.

Le projet définit par ailleurs clairement les responsabilités des différents niveaux de gestion. Les Comités populaires provinciaux seront chargés d’approuver les niveaux de contribution financière, de superviser les inspections et les contrôles, ainsi que de rendre compte aux citoyens de la qualité, de la sécurité et de la transparence financière des activités éducatives organisées sur leur territoire.

Les Services provinciaux de l’éducation et de la formation auront pour mission de fournir un appui technique, d’assurer les inspections, de sanctionner les éventuelles infractions et de présenter chaque année un rapport au ministère de l’Éducation et de la Formation ainsi qu’aux Comités populaires provinciaux.

Répondre aux préoccupations actuelles des parents

En précisant les horaires d’organisation, le principe du volontariat, les mécanismes de financement et les responsabilités en matière de contrôle, le ministère espère instaurer un cadre juridique plus transparent pour les activités éducatives organisées en dehors des enseignements obligatoires.

S’agissant des activités répondant aux besoins des élèves, leur financement devra reposer sur le principe du volontariat, avec l’accord des parents.
Photo : VNA/CVN

D'après la docteure Vu Thu Huong, ancienne maîtresse de conférences à la Faculté de pédagogie de l’enseignement primaire de l’Université pédagogique de Hanoï, estime qu’il est nécessaire de doter ces activités d’un cadre juridique clair.

Selon elle, de nombreux établissements scolaires proposent aujourd’hui, en partenariat avec différents organismes, des programmes d’anglais renforcé, d’informatique internationale, d’intelligence artificielle (IA), de compétences de vie ainsi que d’autres enseignements complémentaires. Si ces formations répondent à une demande réelle, leur multiplication suscite des interrogations chez les parents quant à leur qualité, leur efficacité et au risque de chevauchement avec le programme officiel.

Pour la spécialiste, les nouvelles dispositions proposées par le ministère permettront de remédier aux difficultés actuellement rencontrées dans l’organisation des programmes complémentaires et facultatifs.

"En d’autres termes, ces règles contribueront à professionnaliser l’organisation des activités éducatives complémentaires tout en répondant, au moins en partie, aux préoccupations et au mécontentement exprimés ces derniers temps par les parents concernant les programmes de coopération, les cours de compétences de vie ou d’autres activités organisées en dehors des heures de classe", estime-t-elle.

À plus long terme, Vu Thu Huong considère toutefois que l’enjeu principal est d’élaborer une véritable stratégie de développement de l’enfant jusqu’à l’âge de 18 ans, afin de définir clairement les compétences, les qualités et les aptitudes que les élèves doivent acquérir à chaque étape de leur développement.

Une fois les objectifs de formation clairement définis, les établissements scolaires disposeront d’une base solide pour concevoir des activités éducatives complémentaires et des programmes répondant aux besoins des élèves, adaptés à chaque niveau d’enseignement, tout en évitant les effets de mode ou les initiatives dictées par les tendances du moment.

"De nombreux parents me disent que le coût de ces programmes n’est pas leur principale source d’insatisfaction. Ce qui les préoccupe avant tout, c’est ce que leurs enfants retirent réellement de ces formations. Certains programmes de compétences de vie, par exemple, ne présentent pas clairement leurs objectifs, leurs contenus, leurs méthodes pédagogiques ou leurs critères d’évaluation, ce qui empêche les familles d’en apprécier l’efficacité", explique-t-elle.

Au regard de ce constat, Vu Thu Huong recommande au ministère de poursuivre l’amélioration du projet en imposant à tous les programmes complémentaires et facultatifs une transparence totale concernant leurs objectifs, leurs contenus, leur durée, les organismes chargés de leur mise en œuvre ainsi que les critères d’évaluation des résultats.

Elle préconise également une évaluation périodique de leur qualité, de leur efficacité et de leur adéquation à chaque tranche d’âge.

Thu Huong/CVN

Rédactrice en chef : Nguyễn Hồng Nga

Adresse : 79, rue Ly Thuong Kiêt, Hanoï, Vietnam

Permis de publication : 25/GP-BTTTT

Tél : (+84) 24 38 25 20 96

E-mail : courrier@vnanet.vn, courrier.cvn@gmail.com

back to top