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| L'œuvre La lumière qui illumine l’univers sera exposée au parc High Line de New York. |
| Photo : High Line/CVN |
Fin décembre 2025, le parc High Line - l’un des espaces d’art public les plus emblématiques de New York - a annoncé la sélection de l’œuvre The Light That Shines Through the Universe (La lumière qui illumine l’univers) de l’artiste Tuân Andrew Nguyên pour le programme High Line Plinth. Il s’agit d’une statue de Bouddha en grès de plus de huit mètres de haut, entièrement réalisée au Vietnam, dont l’exposition est prévue du printemps 2026 à l’automne 2027.
High Line Plinth est le programme phare de sculptures du High Line, dans le cadre duquel chaque œuvre est installée sur une plateforme située dans la partie nord du parc, offrant une vue dégagée sur la 10e Avenue et le quartier de Midtown West. Chaque projet est présenté pendant 18 mois, et le programme est considéré comme l’une des plateformes d’art public les plus reconnaissables au monde, attirant chaque année des millions de visiteurs.
Matériaux spéciaux
Le High Line est un parc public suspendu d’environ 2,3 km de long, aménagé sur une ancienne ligne de chemin de fer abandonnée dans les années 1980, à l’ouest de Manhattan. Depuis son ouverture en 2009, il s’est imposé à la fois comme un rare espace vert au cœur de la ville et comme un vaste musée à ciel ouvert dédié à l’art contemporain.
L’œuvre The Light That Shines Through the Universe est composée de quatre blocs monumentaux de grès, assemblés autour d’une structure porteuse interne, pour une hauteur totale d’environ 8,2 m. La statue a été sculptée à la main au Vietnam, grâce à la collaboration entre l’artiste et un atelier de taille de pierre basé à Dà Nang. Si l’œuvre sera présentée aux États-Unis, ses matériaux, ses techniques de fabrication et ses fondements conceptuels sont entièrement ancrés au Vietnam.
L’inspiration de l’œuvre provient des deux statues monumentales de Bouddha de Bamiyan, en Afghanistan, datant du VIe siècle et taillées directement dans la falaise, détruites par les Talibans en 2001. Le site de Bamiyan est aujourd’hui classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, mais il n’en subsiste que des niches rocheuses béantes, traces saisissantes d’une destruction culturelle. Tuân Andrew Nguyên explique avoir découvert cet événement en regardant la télévision en 2001, un moment qui a profondément marqué sa réflexion artistique sur la mémoire, la perte et la répétition de l’histoire.
Se référant à la plus grande des statues de Bamiyan - appelée “Salsal“ par la population locale, un nom signifiant “la lumière qui éclaire le monde“ -, l’artiste ne cherche pas à reconstruire fidèlement l’original. Son œuvre se présente plutôt comme un hommage façonné par l’absence. La statue existe tout en évoquant ce qui a disparu, invitant le public à réfléchir à la manière dont les sociétés se souviennent, oublient et tentent de se reconstruire après la violence.
Un élément particulièrement marquant de la sculpture réside dans les mains du Bouddha. Alors que celles des statues originales de Bamiyan avaient disparu bien avant leur destruction totale, Tuân Andrew Nguyên les a réinterprétées en bronze poli, légèrement détachées et projetées vers l’avant du corps. Formées selon des mudras symbolisant l’absence de peur et la compassion, ces mains ont été coulées à partir de douilles d’obus récupérées dans des zones de conflit. Selon l’artiste, ces fragments de métal ont été collectés en Afghanistan, transportés via le Pakistan, puis fondus et façonnés au Vietnam.
Le recours à des matériaux porteurs de traces de guerre constitue un choix récurrent dans la pratique artistique de Tuân Andrew Nguyên. Il a notamment réalisé, par le passé, plusieurs projets à partir de restes de bombes et de munitions non explosées au Vietnam, où les séquelles de la guerre demeurent présentes dans la vie quotidienne, plusieurs décennies après la fin des combats.
Message de paix
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| L’artiste Tuân Andrew Nguyên. |
| Photo : NVCC/CVN |
Né en 1976 au Vietnam, Tuân Andrew Nguyên a émigré aux États-Unis avec sa famille à l’âge de trois ans, avant de revenir s’installer et travailler à Hô Chi Minh-Ville à partir de 2004. Titulaire d’un master en beaux-arts de l’Institut des arts de Californie, il est reconnu pour ses œuvres audiovisuelles, vidéo et sculpturales à forte dimension poétique, explorant les thèmes de la guerre, du traumatisme, de la mémoire collective et de la réparation. En octobre 2025, il a été lauréat de la bourse MacArthur Fellowship, souvent surnommée le “prix du génie“.
Le projet de Tuân Andrew Nguyên faisait partie des 56 propositions soumises par 49 artistes et collectifs issus de 31 pays pour les cinquième et sixième éditions du High Line Plinth. À l’issue d’un processus de sélection publique lancé en 2024, la liste a été réduite à 12 artistes, et The Light That Shines Through the Universe a été retenue comme une œuvre en résonance avec les enjeux contemporains. Selon Alan van Capelle, membre du comité de sélection du High Line, les thèmes de la guérison et de la renaissance abordés par l’artiste constituent une réponse pertinente au contexte actuel, marqué par la montée des extrémismes et les tentatives d’effacement culturel.
L’installation de The Light That Shines Through the Universe est prévue au High Line au printemps 2026, pour une durée d’exposition de 18 mois. La statue prendra place au sein de l’un des espaces d’art public les plus importants de New York, dans le cadre du programme High Line Plinth, qui réunit des projets de sculpture contemporaine d’artistes venus du monde entier.
Xuân Lôc/CVN





