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| Hai (2e, droite) pose pour une photo à Paris, en France, le 10 septembre, aux côtés de la voiture qu'il a conduite depuis le Vietnam. Photo : NVCC/CVN |
Le 6 juillet, un groupe de 16 personnes mené par Dô Minh Hô Hai a quitté Hanoï en direction de Paris, parcourant une distance totale de près de 22.000 km.
"L'objectif n'était pas d'atteindre la destination le plus vite possible, mais d'admirer les paysages et de découvrir les cultures et les modes de vie des régions situées entre le point de départ et la ligne d'arrivée", a expliqué ce voyageur originaire de Hô Chi Minh-Ville.
Le convoi se composait de sept voitures et de deux motos, avec un ou deux membres par véhicule, traversant 20 pays : le Vietnam, le Laos, la Chine, le Kirghizistan, l'Ouzbékistan, le Kazakhstan, la Russie, la Géorgie, la Turquie, la Grèce, l'Albanie, le Monténégro, la Croatie, la Hongrie, la Slovaquie, la République tchèque, l'Autriche, l'Allemagne, le Luxembourg et la France. Pour le trajet retour, ils ont choisi de prendre l'avion.
Il ne s'agissait ni d'un voyage classique en sac à dos ni d'un circuit en caravane traditionnel. Hai a décrit l'aventure comme un périple de type "rallye" : les véhicules suivaient le même itinéraire et visaient la même destination, mais chacun gérait sa propre vitesse et ses pauses, sans obligation de rouler en convoi serré. Après deux ou trois jours de route intensive, le groupe s'accordait une journée de repos pour explorer la ville où il venait d'arriver.
Les membres ont consacré près d'un an à la préparation du voyage : conditionnement physique, obtention des visas, des documents des véhicules et des permis de conduire internationaux (PCI), repérage de l'itinéraire et des étapes, ainsi qu'élaboration de plans d'urgence en cas de panne ou de problème personnel.
"Pour nous, cette année de préparation a été tout aussi importante que les 68 jours passés sur la route", a-t-il déclaré.
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| Hai pose avec sa voiture, dans la région du Xinjiang (Chine), le 20 juillet. |
| Photo : NVCC/CVN |
Les véhicules étaient tous des SUV ou des pick-up 4x4 équipés de pneus tout-terrain (AT), leur permettant d'affronter aussi bien les autoroutes que les pistes en terre ou rocailleuses et les zones reculées, loin des centres urbains. C'est en Chine que le groupe a passé le plus de temps avec 17 jours ; pourtant, pour Hai, la journée la plus éprouvante de tout le périple fut celle de la sortie de Chine pour entrer au Kirghizistan. Le groupe a passé 13 heures au poste-frontière à régler les formalités administratives pour 16 personnes et leurs véhicules ; ils ne sont arrivés à leur hôtel qu'à 2 heures du matin, totalement épuisés.
Hai a souligné que la véritable source d'inquiétude n'était pas la longue attente, mais le risque qu'un simple problème concernant les documents d'un membre du groupe ou les papiers d'un véhicule ne contraigne l'ensemble du groupe à modifier ses plans. Heureusement, tout le monde a pu franchir la frontière sans encombre.
Par ailleurs, le Kirghizistan est la destination dont les paysages ont le plus émerveillé le voyageur.
| La voiture de Hai a traversé la vallée d'Altyn Arashan le 27 juillet. |
En 2025, après avoir vu le film “Off Road” sur Netflix, il avait été fasciné par la vallée d'Altyn-Arashan - située à plus de 2.300 mètres d'altitude, au pied de la chaîne du Terskey Alatau - un paysage fait de prairies verdoyantes, de forêts de pins, de glaciers et de sources chaudes naturelles. Il s'était alors promis qu'un jour, il conduirait un véhicule immatriculé au Vietnam jusqu'à cet endroit.
Le 27 juillet, ce rêve est devenu réalité.
La piste menant à Altyn-Arashan s'étend sur 14 km, mais il a fallu près de deux heures au groupe pour parcourir ce terrain parsemé de gros rochers, de zones sableuses, de lits de ruisseaux asséchés, de pentes raides et de virages à flanc de falaise. Par moments, le cœur de Hai battait la chamade et ses mains étaient moites, conscient qu'une simple erreur, aussi minime soit-elle, pouvait précipiter le véhicule dans le ravin en contrebas.
Au cours de ces 68 jours, les rencontres fortuites avec les habitants sont devenues les souvenirs que Hai chérissait le plus.
En Tchétchénie, ils ont rencontré un agriculteur qui vendait des melons. Apprenant que le groupe avait fait tout le trajet depuis le Vietnam, il a découpé un melon pour les régaler ; il a refusé catégoriquement tout paiement, ne demandant qu'une photo souvenir en échange.
"Certaines rencontres n'ont duré que quelques minutes, et pourtant, ce sont ces moments qui m'ont marqué bien après la fin du voyage", a confié Hai.
Un autre épisode marquant a impliqué la police russe, qui a infligé une amende de 150 dollars à certains véhicules du convoi. Selon Hai, la Russie et de nombreux pays d'Asie centrale interdisent les vitres teintées ; en cas de contrôle, les conducteurs pouvaient être contraints de retirer le film teinté et de payer une amende.
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| Hai (3e, droite) pose pour une photo avec le groupe en Géorgie, le 13 août. |
| Photo : NVCC/CVN |
Le coût total du voyage s'élevait à environ 600 millions de dôngs (23.050 USD) par personne. Sur cette somme, chaque membre a pris en charge environ 300 millions de dôngs (11.525 USD) pour les repas, l'hébergement et les visites touristiques. Chaque véhicule a engendré des frais supplémentaires de 350 à 400 millions de dôngs (11.525 – 15.371 USD) pour le carburant, les péages et l'entretien. Le rapatriement des voitures depuis l'Europe vers le Vietnam a coûté entre 170 et 200 millions de dôngs (6.532 - 7.685 USD) par véhicule. Le groupe a bénéficié d'un parrainage complet pour les pneus de la part de plusieurs entreprises.
La conduite était plus aisée en Europe, bien que les coûts y fussent nettement plus élevés. Les frais de stationnement pouvaient atteindre 30 à 50 euros par jour, et le prix du carburant variait entre 65.000 et 75.000 dôngs le litre.
En République tchèque, de jeunes passionnés de voyages et de "road trips" ont retrouvé l'hôtel du groupe pour filmer le convoi. Durant son séjour dans le pays, M. Hai a également dégusté les plats préférés dans un restaurant vietnamien.
Le 8 septembre, après 65 jours de route, cinq des neuf véhicules du convoi sont arrivés à Paris. Ce n'est qu'à ce moment-là que Hai a ressenti un véritable soulagement. Le groupe a passé deux ou trois jours supplémentaires à explorer la ville avant de rentrer au Vietnam, tandis que les autres véhicules poursuivaient leur propre itinéraire à travers l'Europe pour finalement atteindre Paris.
Ce soir-là, les membres arrivés à destination ont partagé un repas. La conversation a délaissé les questions de kilométrage ou d'horaires de départ du lendemain pour se concentrer sur les souvenirs créés et les défis relevés en chemin.
Nguyên Phuong Nga, l'une des deux femmes du groupe, a d'abord été "sous le choc et submergée" par la perspective d'un périple de 68 jours, mais a finalement décidé de rejoindre son mari. Ses bagages pour le retour contenaient non seulement des cadeaux pour sa famille, mais aussi environ 2 kg d'aimants de réfrigérateur rapportés des lieux visités.
Le 13 septembre, Hai a atterri à Hô Chi Minh-Ville, achevant ainsi un voyage de près de 22.000 kilomètres. Après de telles épopées, il porte un regard plus simple et plus patient sur les choses, conscient qu'il reste encore bien des endroits dans le monde qui méritent d'être visités au moins une fois dans une vie.
Hai prévoit de rallier Moscou depuis Hanoï en voiture en 2027.
Nguyên Tùng/CVN






