>> Phu Quôc, vers une nouvelle envergure touristique internationale
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| Plage de Kem à Phu Quôc, province de Kiên Giang (Sud). |
| Photo : VNA/CVN |
Dans un article intitulé "L’île asiatique déjantée qui ne restera pas déconnectée très longtemps", Adams décrit un Phu Quôc plein de contrastes qui, pourtant, coexistent harmonieusement : certaines des plus belles plages d’Asie côtoient des spectacles époustouflants ; des complexes hôteliers isolés et paisibles se trouvent à deux pas d’un monde "débridé" de feux d’artifice, de jet-skis et d’une architecture d’inspiration européenne.
"Un peu comme sur un plateau de tournage"
La première impression de la journaliste britannique sur le sud de Phu Quôc ne s’est pas faite sur une plage déserte, mais par un spectacle bien loin des idées reçues sur des vacances insulaires.
"Le crépuscule à Sunset Town est loin d’être ce à quoi on pourrait s’attendre", écrit Adams en introduction de son article. Debout sur le Pont du Baiser - une structure de près de 800 mètres s’avançant au-dessus de la mer, composée de deux sections qui se rapprochent sans se toucher – elle contemple, bouche bée, le spectacle qui se déroule en contrebas.
Des artistes en costumes futuristes sillonnent le port à bord de jet-skis, laissant derrière eux des traînées de feux d’artifice. Au-dessus de l’eau, des acrobates en flyboard, coiffés d’ailes de papillon géantes, glissent sur la mer et dessinent des huit dans les airs, au milieu de faisceaux de lumière bleue, tandis que des feux d’artifice continuent d’exploser au-dessus d’eux.
Ce qui surprend encore plus Adams, c’est que le spectacle pyrotechnique n’a pas lieu une seule fois, mais deux fois chaque soir.
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| Le pont Hôn (Baiser). |
| Photo : VNA/CVN |
Depuis le Pont du Baiser, le décor évoque la place Saint-Marc à Venise, avec son campanile de briques rouges illuminé par les étincelles des feux d’artifice. En flânant dans Sunset Town – que Adams décrit comme s’apparentant davantage à un "mini-Sorrente", elle confie se sentir comme une "Marco Polo à l’envers" se trouvant en Orient et découvrant une nouvelle version excentrique de l’Ancien Monde.
Dans sa description, empreinte d’humour, l’ensemble est peut-être "tape-à-l’œil, un peu maladroit, mais d’un divertissement sain et agréable". C’est extravagant, audacieux et quelque peu loufoque, mais aussi un pur spectacle qui donne envie de sourire - surtout pour les familles voyageant avec de jeunes enfants.
Cependant, quittez ce monde de sons et de lumières, et Phu Quôc change immédiatement de rythme.
Ce n’est ni l’atmosphère vietnamienne de Hanoï, ni le charme nostalgique de Hôi An, ni les voies navigables si particulières du delta du Mékong. L’île a plutôt développé un attrait qui lui est propre, autour de complexes balnéaires haut de gamme à des prix relativement abordables – des endroits où, comme le dit Adams, il n’y a peut-être "rien de plus urgent à faire que de faire l’aller-retour entre son transat et le bar".
À la plage Kem, Adams est particulièrement frappée par le JW Marriott Phu Quôc Emerald Bay, un complexe hôtelier conçu par l’architecte Bill Bensley autour de l’histoire fictive d’une université coloniale française du XIXe siècle, baptisée en l’honneur du naturaliste Jean-Baptiste Lamarck.
Les bâtiments d’hébergement, aux façades jaunes, roses et bleues, correspondent à différents "départements". Le bar fait office de département de chimie, tandis que la salle de sport représente l’éducation physique. Adams et sa famille séjournent dans la section "conchyliologie", entourés d’images de coquillages et d’autres détails fantaisistes.
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| Un coin du bourg d'Hoàng Hôn (Coucher de soleil). |
| Photo : VNA/CVN |
Les clients sont considérés comme des "étudiants" ; ils reçoivent des noix de coco fraîches de la part du "doyen" - le directeur général - et se voient remettre un certificat de "remise des diplômes" au moment de leur départ.
L’esthétique excentrique et théâtrale du complexe amène Adams à conclure que l’on a "un peu l’impression de séjourner sur un plateau de tournage". Pourtant, au-delà de ce concept élaboré, ce qui finit par la séduire, c’est la plage Kem elle-même, avec ses eaux vert-de-gris, son fond marin en pente douce et son sable si fin qu’il s’écoule aisément entre ses doigts.
Une île qui s’ouvre à la scène internationale
Derrière ces expériences apparemment contrastées se dessine une île de Phu Quôc en plein développement, à un rythme qu’il devient de plus en plus difficile d’ignorer.
Adams cite le groupe Sun Group comme l’un des acteurs transformant cette île, autrefois surtout connue pour sa culture perlière, en une destination majeure du tourisme, des complexes hôteliers et du divertissement.
L’attractivité croissante de la destination s’est traduite par une hausse de 80% des recherches concernant Phu Quôc enregistrée par Expedia en 2025. À travers l’île, de nouvelles routes facilitent les déplacements, tandis que des chaînes hôtelières internationales telles que Ritz-Carlton et Rixos prévoient de s’y implanter dans les années à venir.
L’aéroport international de Phu Quôc fait également l’objet d’une extension, alors que les liaisons aériennes reliant l’île aux grands hubs asiatiques - comme Hong Kong (Chine), Bangkok, Séoul, Taipei (Chine) et Singapour - continuent de se multiplier.
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| Grand World, une "ville sans sommeil". |
| Photo : VNP/CVN |
The Times souligne également l’arrivée de Sun PhuQuoc Airways et son projet de constituer une flotte d’avions gros-porteurs en vue de lancer des liaisons long-courriers vers l’Europe. Dans l’article original, Adams précise que la compagnie aérienne a passé commande de 40 Boeing 787 Dreamliner pour ces lignes long-courriers. Ces évolutions témoignent de l’ambition de Phú Quốc de dépasser son statut de destination balnéaire régionale pour s’imposer sur la carte mondiale du tourisme.
Au terme de son voyage, Adams décrit Phu Quôc comme un lieu qui offre "le sublime et le trivial, l’extatique et le loufoque, le relaxant et l’étrange fascination".
Au-delà des spectacles éblouissants et de l’architecture audacieuse, le journaliste découvre que certains des plus grands plaisirs de l’île résident dans des expériences simples : se détendre dans un magnifique complexe hôtelier, nager dans des eaux toujours chaudes, savourer une bière fraîche et passer une soirée à Sunset Town en admirant les lumières et les feux d’artifice illuminant la mer.
Ces contrastes, en apparence inconciliables, définissent désormais l’identité de l’île : assez paisible pour inciter les visiteurs à prolonger leur séjour, mais suffisamment singulière pour éveiller sans cesse leur curiosité.
"J’ai hâte de voir à quoi elle ressemblera dans dix ans", écrit Adams.
C’est peut-être là la conclusion qui sied le mieux pour Phu Quôc aujourd’hui : une île qui ne restera sans doute pas longtemps à l’écart de la carte du tourisme mondial, mais qui suscite toujours chez les visiteurs l’envie de découvrir quels développements inattendus lui réserve l’avenir.
VNA/CVN





