>> Le Vietnam redéfinit sa stratégie touristique pour en faire un moteur économique majeur
>> Tourisme : le Vietnam vise le Top 3 de l’Asie du Sud-Est
>> Le Vietnam vise 45 à 50 millions de touristes internationaux d’ici 2030
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| Le lac de Hoa Binh, avec ses eaux limpides et ses paysages spectaculaires, attire de nombreux visiteurs dans la province de Phu Tho. |
| Photo : VNA/CVN |
En 2025, le Vietnam a accueilli près de 21,2 millions de visiteurs internationaux, soit une hausse de 20,4% sur un an, ainsi qu’environ 137 millions de touristes nationaux. Les recettes touristiques ont atteint quelque 1.000.000 milliards de dôngs, en hausse de 19% par rapport à 2024.
Ces résultats témoignent de la forte capacité de reprise et de croissance du secteur après la pandémie de COVID-19. Le tourisme exerce également des effets d’entraînement croissants sur le commerce, les transports, l’hébergement, la restauration, la culture et les loisirs, contribuant à la création d’emplois, à la transformation de la structure économique ainsi qu’à la préservation et à la valorisation des patrimoines culturels.
Toutefois, cette croissance quantitative ne reflète pas encore pleinement le potentiel et les atouts du Vietnam. Le développement touristique demeure confronté à plusieurs difficultés, notamment la qualité et la profondeur insuffisantes de certains produits, la faible valeur ajoutée, les liens encore limités entre secteurs et territoires, ainsi que les contraintes en matière d’infrastructures, de ressources et de mécanismes politiques.
C’est dans ce contexte que la Résolution N°26-NQ/TW du Bureau politique, adoptée le 22 août 2026, sur le développement du tourisme vietnamien pour en faire un secteur économique de pointe dans la nouvelle ère, ouvre une nouvelle orientation stratégique pour le secteur.
Passer de la quantité à la création de valeur
L’un des changements majeurs introduits par cette résolution réside dans le renouvellement du modèle de croissance touristique. Il s’agit de passer d’un développement essentiellement fondé sur le nombre de visiteurs et l’exploitation des ressources à un modèle privilégiant la qualité, l’efficacité, l’intelligence, l’innovation, la croissance verte et la durabilité.
Dans cette nouvelle approche, la performance du tourisme ne se mesure plus uniquement au nombre de visiteurs accueillis. Elle se traduit également par la durée des séjours, le niveau de dépenses, la qualité des expériences proposées et la capacité à générer une valeur ajoutée plus importante pour l’économie et les communautés locales.
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| Les balades en cyclo-pousse à travers le Vieux Quartier de Hanoï séduisent les touristes, qui apprécient cette façon originale de découvrir la capitale. |
| Photo : VNA/CVN |
La culture est identifiée comme le socle du développement touristique, tandis que l’identité culturelle et la qualité des expériences constituent des avantages concurrentiels. Le patrimoine, les paysages, la gastronomie et les traditions locales doivent ainsi être davantage transformés en produits touristiques originaux, attractifs et à forte valeur ajoutée.
Cette orientation ouvre également un espace plus large au développement des industries culturelles et créatives, ainsi qu’à de nouvelles formes de consommation touristique, notamment le tourisme culturel, le tourisme de bien-être, les événements, les loisirs et l’économie nocturne.
Construire un écosystème touristique intégré
La Résolution N°26-NQ/TW appelle parallèlement à considérer le tourisme comme un écosystème économique intégré, étroitement lié au commerce, aux transports, à l’agriculture, aux industries culturelles et créatives, à l’économie numérique et à l’économie nocturne.
Cette approche vise à renforcer les effets d’entraînement du tourisme. Un même visiteur ne représente pas seulement une nuitée ou un billet d’entrée : son séjour mobilise toute une chaîne de services, allant du transport à l’hébergement, de la restauration aux activités culturelles, du commerce aux loisirs.
Le renforcement des connexions intersectorielles et interrégionales devient ainsi un levier essentiel pour accroître la valeur créée par chaque destination. Il s’agit également de mieux exploiter les patrimoines, les infrastructures culturelles et sportives ainsi que les marques nationales au service de l’attractivité touristique.
La résolution souligne en outre la responsabilité des autorités locales et des dirigeants dans le développement du tourisme, qui doit être intégré aux stratégies et plans de développement économique, culturel et social, tout en étant associé à la protection de l’environnement, à la défense et à la sécurité, aux relations extérieures et à l’intégration internationale.
Libérer les ressources et créer un environnement favorable
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| Visiteurs étrangers à Phu Quoc. |
| Photo : VNA/CVN |
Pour transformer les potentiels en ressources de développement, la priorité est donnée à la réforme institutionnelle et à la création de mécanismes adaptés aux nouveaux modèles économiques. Sont notamment concernés l’économie du partage, les activités sur les plateformes numériques, l’économie nocturne, l’économie fluviale et maritime, ainsi que les complexes associant tourisme, culture, sport et loisirs.
La coopération public-privé doit également être renforcée, notamment pour la conservation, le développement et l’exploitation de destinations présentant une valeur écologique ou patrimoniale particulière et nécessitant d’importants investissements. Les investisseurs stratégiques sont appelés à participer davantage au développement des infrastructures touristiques et des infrastructures d’accès aux destinations.
La résolution prévoit par ailleurs des mécanismes d’incitation à l’investissement dans des projets touristiques à fort effet d’entraînement, liés notamment aux pôles et corridors touristiques, aux zones touristiques nationales, aux régions patrimoniales, à la transition verte, à l’économie nocturne et aux complexes culturels, sportifs, touristiques, récréatifs et commerciaux.
La diversification des sources de financement constitue un autre axe important. Le Fonds de soutien au développement du tourisme, les fonds d’investissement et de garantie de crédit ainsi que les instruments financiers destinés aux petites et moyennes entreprises doivent être mobilisés plus efficacement. Des mécanismes de crédit préférentiel et de soutien aux projets touristiques verts et durables sont également envisagés.
Attirer des visiteurs à plus forte valeur ajoutée
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| Baie de Quy Nhon. |
| Photo : VNA/CVN |
La politique d’ouverture aux visiteurs internationaux doit elle aussi évoluer vers une approche davantage qualitative. La résolution préconise de poursuivre l’amélioration des politiques d’entrée et de sortie du territoire, d’élargir les exemptions de visa bilatérales et d’appliquer des politiques de visa plus souples aux marchés prioritaires, dans le respect des exigences de défense, de sécurité et des intérêts nationaux.
Une attention particulière doit être accordée aux visiteurs ayant une forte capacité de contribution à l’économie touristique, ainsi qu’aux séjours de longue durée et aux travailleurs à distance. L’objectif est de créer les conditions permettant d’augmenter non seulement le nombre de visiteurs, mais surtout leur contribution à l’économie locale.
Dans le même temps, la transformation numérique et l’innovation doivent contribuer à améliorer la gestion des destinations et l’expérience des visiteurs. Le Vietnam entend développer un écosystème touristique intelligent, une base de données touristique nationale et une plateforme numérique nationale, tout en favorisant le tourisme vert, intelligent, sûr et durable.
Objectifs ambitieux à l’horizon 2030
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| Diversité des écosystèmes marins du Parc national de Côn Dao. |
| Photo : VNA/CVN |
La Résolution N°26-NQ/TW fixe à l’horizon 2030 l’objectif de porter la contribution directe du tourisme à 10-12% du PIB, d’accueillir 45 à 50 millions de visiteurs internationaux et 160 millions de touristes nationaux, pour des recettes touristiques de 80 à 90 milliards de dollars.
Le Vietnam prévoit également de développer trois pôles de croissance touristique à Hanoï, Hô Chi Minh-Ville et Dà Nang, ainsi que dix centres touristiques majeurs et vingt zones touristiques nationales. À l’horizon 2045, le tourisme devrait contribuer directement à hauteur de 14-15% du PIB et accueillir 70 millions de visiteurs internationaux, avec l’ambition de faire figurer le Vietnam parmi les 30 pays disposant des meilleures capacités de compétitivité touristique au monde.
Pour concrétiser ces objectifs, le gouvernement a adopté la Résolution N°263/NQ-CP du 7 septembre 2026 portant programme d’action pour mettre en œuvre la Résolution N°26-NQ/TW, en définissant les missions, les responsabilités, les mécanismes de coordination et le calendrier d’exécution.
Au fond, le défi du tourisme vietnamien n’est donc plus seulement d’attirer davantage de visiteurs, mais de créer davantage de valeur à partir de chaque visiteur, de chaque destination et de chaque ressource. La transformation du modèle de croissance, la réforme institutionnelle, la mobilisation des investissements, la transition numérique et verte ainsi que la valorisation des patrimoines constituent autant de leviers pour faire du tourisme un moteur important du nouveau modèle de croissance du Vietnam.
VNA/CVN







