UE : Ursula von der Leyen en Australie en vue d'un accord commercial

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, est arrivée lundi 23 mars en Australie pour trois jours de visite destinés à conclure un accord de libre-échange, malgré les protestations des agriculteurs européens déjà échaudés par celui avec le Mercosur.

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La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, participant à une cérémonie traditionnelle aborigène, avec la gouverneure générale de l'Australie Sam Mostyn, à Sydney le 23 mars. 
Photo : AFP/VNA/CVN

"Cet accord mettra fin aux droits de douane sur la plupart des échanges entre l'UE et l'Australie et pourrait faire augmenter le PIB européen de 4 milliards d'euros d'ici à 2030", a affirmé la cheffe de l'exécutif européen, dans une tribune publiée dans plusieurs journaux européens, dont Ouest-France.

Ursula von der Leyen insiste notamment sur le rôle stratégique de l'Australie dans les matières premières critiques, en particulier le lithium, essentiel pour fabriquer des batteries de véhicules électriques notamment.

La dirigeante de l'UE ne s'étend pas en revanche sur les produits agricoles, comme la viande de boeuf, l'agneau et le sucre, pourtant au coeur du bras de fer entre Bruxelles et Canberra autour de ce projet d'accord.

Elle fait ce voyage accompagnée du commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, accréditant la possibilité de la signature d'un accord de libre-échange.

Après avoir atterri à Sydney, la présidente de la Commission européenne doit se rendre à Canberra pour rencontrer le Premier ministre Anthony Albanese et s'adresser au parlement.

L'Union européenne est le troisième partenaire commercial bilatéral de l'Australie et sa deuxième source d'investissements étrangers.

Les deux parties doivent notamment trouver un terrain d'entente sur l'amélioration de l'accès au marché européen pour l'agneau et le bœuf australiens, un point de désaccord majeur.

L'Australie a déjà déclaré être prête à supprimer une taxe sur les voitures de luxe européennes en échange d'un meilleur accès au marché agricole européen.

Le ministre australien du Commerce, Don Farrell, a affirmé la semaine dernière à Sky News Australia qu'un accord avec l'UE permettrait à l'Australie de gagner 10 milliards de dollars australiens (6,1 milliards d'euros) en termes d'échanges commerciaux.

"Ils pourraient devenir notre deuxième partenaire commercial si nous parvenions à aller au bout, et il ne nous reste plus qu'à franchir ces derniers obstacles", a-t-il assuré.

Ces dernières semaines, les négociations butaient encore sur les quotas détaxés de boeuf australien importé. L'UE ne voulait pas aller au-delà de 30.000 tonnes quand l'Australie réclamait 40.000 tonnes par an.

Bruxelles espère éviter une nouvelle levée de boucliers des agriculteurs, déjà en colère contre l'accord commercial signé mi-janvier avec les pays latino-américains du Mercosur.

Le Copa-Cogeca, qui rassemble les principaux syndicats agricoles européens, a haussé le ton à propos des négociations avec l'Australie.

Pour le boeuf, la viande ovine et le sucre, "accorder des concessions disproportionnées risque de nuire aux agriculteurs européens, de fausser les marchés et d'affaiblir l'engagement de longue date de l'UE en faveur de normes de production élevées", a mis en garde ce lobby agricole dans un communiqué.

"L'agriculture ne peut pas, une fois de plus, être traitée comme une monnaie d'échange pour avantager d'autres secteurs", a souligné son président Massimiliano Giansanti.

L'Union européenne mène une politique de diversification de ses partenariats commerciaux. Après le Mercosur, Ursula von der Leyen a aussi scellé un accord commercial avec l'Inde fin janvier.

Dans les discussions, la présidente de l'UE devrait également aborder la tension au Moyen-Orient et la flambée des prix du pétrole. En Australie, largement dépendante des importations de carburant, les prix à la pompe ont doublé en moyenne.

AFP/VNA/CVN

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