>> Hâu dông, l’expression vivante du culte des Déesses-Mères
>> Pour une culture vietnamienne avancée, imprégnée de l'identité nationale
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| Les chefs de village et artisans jouent un rôle clé dans la préservation et la valorisation de l’identité culturelle. |
| Photo : CTV/CVN |
Organisée le 17 avril au Village culturel et touristique des ethnies du Vietnam, dans la commune de Dông Mô, la conférence nationale sur la mise en œuvre du travail culturel ethnique s’inscrit dans les célébrations de la Journée de la culture des ethnies vietnamiennes du 19 avril.
Au cœur des échanges, un constat partagé : les artisans, anciens de village et personnalités influentes constituent de véritables "gardiens de l’âme" culturelle. Leurs savoirs empiriques et leurs initiatives locales jouent un rôle déterminant dans la transmission et la valorisation des patrimoines traditionnels.
Pourtant, malgré ces contributions essentielles, les autorités reconnaissent que de nombreuses valeurs culturelles des minorités ethniques sont aujourd’hui menacées d’érosion. Le manque de ressources financières et l’insuffisance des dispositifs de soutien dans plusieurs localités freinent les efforts de préservation.
Des contraintes matérielles persistantes
Sur le terrain, les difficultés sont concrètes. L’artisane Ly Thi Hoa, de l’ethnie Tày, souligne l’écart croissant entre les besoins et les moyens alloués : "Autrefois, un club pouvait fonctionner avec un budget de 30 millions de dôngs. Aujourd’hui, avec l’augmentation du nombre de membres, ce montant n’est plus adapté. Nous avons besoin de ressources à la hauteur pour mobiliser davantage, notamment les jeunes générations".
Même constat pour Lê Thi Quyên, artisane de l’ethnie Thaï, qui évoque la pression financière liée à l’organisation d’événements culturels : "Nos moyens ne suffisent pas, alors que nous organisons chaque année le festival Sết Boóc Mạy. Nous espérons un soutien accru de l’État, notamment pour disposer d’une maison sur pilotis plus vaste, capable d’accueillir les visiteurs".
Au-delà des financements, la question de la relève inquiète. L’engagement des jeunes demeure limité, souvent contraints par leurs études ou par l’exode vers les centres économiques.
"Les enfants participent le week-end, mais les jeunes adultes sont absents, partis travailler loin", déplore Lê Thi Quyên.
Vers des politiques plus incitatives
Face à ces enjeux, les responsables appellent à une évolution des politiques publiques. Selon Lai Vu Hiêp, vice-directeur du Service de la culture, des sports et du tourisme de Lào Cai, ces acteurs ont fait preuve d’un grand sens des responsabilités dans la transmission culturelle. Cependant, les politiques actuelles restent limitées. Un renforcement du soutien est nécessaire pour leur permettre de poursuivre efficacement leur mission.
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| Distinction de 4 collectifs et 66 individus pour la préservation de la culture traditionnelle. |
| Photo : CTV/CVN |
Dans cette perspective, le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme entend proposer des mesures concrètes. Trinh Ngoc Chung, directeur du Département de la culture des ethnies, insiste : "Nous allons élaborer des mécanismes prioritaires, en mettant l’accent sur les ressources humaines et la préservation des savoirs culturels. Des politiques incitatives seront proposées afin d’encourager ces acteurs à continuer de transmettre leur héritage".
La conférence a également été l’occasion de distinguer 4 collectifs et 66 individus pour leur engagement exemplaire. Cette reconnaissance s’inscrit dans une stratégie plus large visant à structurer un système de valorisation et de soutien aux détenteurs de savoirs traditionnels pour la période 2026-2031.
En filigrane, les débats ont réaffirmé une conviction forte : la culture ne se limite pas à un socle identitaire, elle constitue aussi une ressource stratégique pour le développement socio-économique, conformément aux orientations définies par le Parti.
Thao Nguyên/CVN




