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| Récolte du riz dans le Delta du Mékong. |
| Photo : VNA/CVN |
Cette situation appelle à des mesures rapides pour intensifier les achats de riz, garantir des marges bénéficiaires aux agriculteurs et, parallèlement, identifier des solutions durables pour stimuler les exportations.
Selon les données disponibles, entre le début de l’année et la mi-mars, le Vietnam a exporté environ 1,74 million de tonnes de riz, pour une valeur de 826,2 millions de dollars, avec un prix moyen de 477,6 dollars par tonne, en baisse de 10,7% par rapport à la même période de 2025.
Dans les principales zones de production, la chute des prix pèse directement sur les revenus des agriculteurs. À Dông Thap, le prix du paddy est passé d’environ 6.000 dôngs/kg lors de la campagne précédente à près de 5.700-5.800 dôngs/kg cette année, voire moins à certains moments. Malgré une amélioration des rendements, la hausse des coûts des intrants réduit significativement les bénéfices.
Une situation similaire est observée à Cân Tho, où la baisse des prix, combinée à l’augmentation des coûts du carburant, entraîne des retards dans les opérations de récolte et des risques pour la qualité des grains. Cette conjoncture incite également certains agriculteurs à hésiter à lancer la prochaine campagne été-automne, en raison de perspectives de rentabilité incertaines.
La part de marché du riz vietnamien
Selon le ministère de l’Agriculture et de l’Environnement, la superficie rizicole nationale en 2026 dépasse 7 millions d’hectares, pour une production estimée à plus de 43,6 millions de tonnes. Le volume destiné à l’exportation est évalué à environ 7,73 millions de tonnes de riz. Toutefois, malgré cette offre importante, les exportations rencontrent des difficultés croissantes.
Les marchés traditionnels tels que l’Indonésie, la Malaisie ou les Philippines tendent à réduire leurs importations, renforçant leurs réserves nationales. Par ailleurs, les tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient, perturbent les chaînes logistiques et augmentent les coûts de transport, affectant les flux commerciaux vers plusieurs régions, y compris l’Europe.
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| Emballage de riz parfumé à Dông Thap (Delta du Mékong). |
| Photo : VNA/CVN |
Face à cette conjoncture, le renforcement des achats domestiques apparaît comme une priorité afin de stabiliser les prix et de soutenir les producteurs. Le Premier ministre a ainsi demandé aux autorités locales de coordonner étroitement leurs actions avec les entreprises et les coopératives afin d’organiser des achats rapides et d’éviter toute situation de surproduction non écoulée.
Le ministère de l’Industrie et du Commerce a, de son côté, exhorté les exportateurs à intensifier les opérations d’achat et de stockage, en préparation des contrats existants et en anticipation de nouvelles commandes.
À plus long terme, les autorités recommandent une réorganisation de la production en fonction des besoins du marché, en privilégiant les variétés de riz à haute valeur ajoutée. La structure variétale évolue déjà dans ce sens : les riz de qualité, parfumés ou spéciaux représentent environ 75% des surfaces lors de la campagne hiver-printemps 2025-2026.
Sur le plan commercial, les accords de libre-échange (ALE) offrent des opportunités significatives, avec des quotas d’importation à droits nuls accordés par des partenaires tels que l’UE, le Royaume-Uni ou certains pays membres du CPTPP. Néanmoins, la part de marché du riz vietnamien reste encore limitée dans ces zones, face à une concurrence accrue, notamment de la Thaïlande et de l’Inde.
Dans ce contexte, les entreprises exportatrices sont appelées à renforcer la qualité des produits, la traçabilité et les certifications d’origine afin d’améliorer leur compétitivité. La diversification des marchés d’exportation apparaît comme un axe stratégique essentiel pour réduire la dépendance aux débouchés traditionnels et assurer une croissance stable du secteur dans un environnement international de plus en plus concurrentiel.
VNA/CVN





