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| Image non datée obtenue par microscopie à force atomique et publiée par Cell Press, le 6 mars, montrant un virus de la stomatite vésiculaire (VSV) avec un deltavirus (protrusion). |
| Photo : AFP/VNA/CVN |
"Les deltavirus se transmettent via un cheval de Troie viral", annonce une étude publiée vendredi dans Cell, l'une des plus prestigieuses revues de biologie, et dirigée par des chercheurs du CNRS.
Que sont ces deltavirus ? De minuscules virus, qui sont incapables par eux-mêmes d'infecter une cellule et qui ont donc besoin de l'aide d'autres virus à la structure plus classique et complexe. Ils font partie des "virus satellites".
Chez l'humain, on connaît essentiellement le virus de l'hépatite D. Cette infection du foie, particulièrement grave, n'affecte que des patients déjà touchés par un autre virus, celui de l'hépatite B.
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| Image non datée, diffusée par Cell Press le 6 mars, montrant un virus de la stomatite vésiculaire (VSV) normal, sans deltavirus . |
| Photo : AFP/VNA/CVN |
Or, depuis quelques années, on découvre, chez des animaux, plusieurs virus à la structure semblable à celui de l'hépatite D, qui n'infectent d'ailleurs pas que le foie. C'est la famille des deltavirus.
L'étude de Cell, menée par le virologue Joe McKellar, se penche sur le fonctionnement de ces virus.
Comment utilisent-ils d'autres virus pour circuler et pénétrer dans une cellule ? En se glissant à l'intérieur, comme l'illustrent des images frappantes issues de plusieurs techniques de microscopie de pointe. Ainsi empaquetés, les deltavirus sont embarqués dans la cellule qui sera éventuellement infectée.
"On n'a jamais vu un virus qui entre dans un autre virus. C'était inimaginable avant qu'on le visualise", s'enthousiasme auprès de l'AFP le virologue Karim Majzoub, qui a supervisé ce travail.
Autostop viral
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| Image non datée, diffusée par Cell Press le 6 mars, montre un virus de la stomatite vésiculaire (VSV) (particule allongée) et un deltavirus de rongeur. |
| Photo : AFP/VNA/CVN |
Jusqu'ici, un seul autre mécanisme avait été identifié pour expliquer comment les deltavirus instrumentalisent d'autres virus. Ils ne font parfois que leur emprunter une protéine cruciale pour pénétrer dans une cellule.
L'étude de vendredi 6 mars montre que ces mini-virus ne se contentent pas d'emprunter une clé, ils font aussi du "stop", selon les termes de M. Majzoub, une technique qui renforce probablement leurs capacités infectieuses.
"Le deltavirus entre dans un autre virus, il squatte, il attend. Mais il a juste besoin de cela pour se transporter dans une cellule", détaille M. Majzoub. Une fois parvenu à destination, il est capable de fonctionner indépendamment.
Dans l'immédiat, cette découverte n'a aucune implication sur la santé humaine. Les chercheurs n'ont en effet étudié, en laboratoire, que des virus repérés chez l'animal, et non celui de l'hépatite D, même si M. Majzoub s'affiche confiant quant à l'existence d'un mécanisme similaire.
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| Images non datées, diffusées par Cell Press le 6 mars 2026, montrant un reptarenavirus de serpent seul, sans deltavirus. |
| Photo : AFP/VNA/CVN |
Reste que ces recherches permettent de mieux comprendre la circulation de ces virus, qui peuvent causer de graves pathologies. Les serpents infectés par un deltavirus au niveau du cerveau, par exemple, s'arrêtent de bouger, manifestement touchés par des troubles neurologiques.
Les chercheurs font notamment l'hypothèse que ce "cheval de Troie" viral faciliterait le passage des mini-virus d'une espèce à l'autre.
L'étude montre, en effet, que le même deltavirus peut, sans discrimination, s'introduire à l'intérieur de trois virus très distincts: le virus VSV, typique du bétail, un virus de serpent et même le virus de l'herpès humain.
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| Images non datées, obtenues par microscopie électronique à coloration négative et publiées par Cell Press le 6 mars 2026, montrant un reptarénavirus de serpent associé à un deltavirus de serpent. |
| Photo : AFP/VNA/CVN |
Autrement dit, un deltavirus pourrait sauter d'un animal à l'autre en changeant de virus lui servant de mode de transport.
Avec d'éventuelles conséquences chez les êtres humains ? M. Majzoub formule prudemment l'hypothèse que des infections cérébrales au deltavirus pourraient expliquer certaines démences.
Mais, admet-il, cela reste hautement spéculatif, alors que les deltavirus n'ont quasiment jamais été repérés chez l'humain en dehors du foie, un rare cas ayant été recensé voici quelques années dans des glandes salivaires. Aucun élément ne permet donc à ce stade d'établir un lien avec une pathologie humaine, hors de l'hépatite.
AFP/VNA/CVN








