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Dans cet entretien accordé au Courrier du Vietnam à l’occasion du XIIIe Congrès national de l’Union de la jeunesse Hô Chi Minh, il souligne l’importance de mobiliser les réseaux de jeunes talents, de préserver la langue vietnamienne et de renforcer les liens entre le Vietnam et sa diaspora pour accompagner le développement du pays dans un monde toujours plus connecté.
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| Nguyên Duy Anh, premier Vietnamien à diriger une école de langue japonaise au Japon. Photo : NVCC/CVN |
Vous êtes le premier Vietnamien à diriger une école de langue japonaise au Japon. Comment percevez-vous le rôle de la jeunesse vietnamienne vivant à l’étranger dans la promotion de l’image du pays et dans sa contribution au développement du Vietnam aujourd’hui ?
Je considère que la jeunesse vietnamienne vivant à l’étranger occupe aujourd’hui une place particulièrement importante dans le processus d’intégration et de développement du pays. Ces jeunes ne sont pas seulement des citoyens du monde, porteurs de connaissances, de compétences et d’une vision internationale ; ils sont également de véritables "ambassadeurs culturels", contribuant à faire rayonner l’image du Vietnam à travers le monde.
La communauté vietnamienne au Japon compte désormais plus de 600.000 personnes, ce qui en fait l’une des plus importantes communautés étrangères du pays. Elle est composée en grande partie de jeunes : étudiants, ingénieurs, experts et travailleurs qualifiés évoluant dans des secteurs de pointe tels que la technologie, l’éducation ou l’industrie.
Au-delà de son importance numérique, cette communauté constitue une ressource humaine et intellectuelle de grande valeur pour le Vietnam. Ces jeunes sont en contact direct avec des méthodes modernes de gestion, des pratiques professionnelles rigoureuses, des technologies avancées et une culture de l’innovation particulièrement développée au Japon.
Si ces compétences sont mieux mobilisées et mises en réseau, elles pourront contribuer de manière significative à la transformation numérique, à l’innovation et à l’amélioration de la qualité des ressources humaines du pays.
Grâce à leurs études, leurs recherches ou leurs expériences professionnelles dans des pays développés, les jeunes Vietnamiens ont également accès aux avancées les plus récentes dans les domaines scientifique, technologique et managérial.
Ils représentent ainsi un vivier de talents capable de contribuer concrètement au développement national, quel que soit leur lieu de résidence.
Par ailleurs, à travers les activités communautaires, la promotion de la langue vietnamienne, des arts traditionnels ou encore des initiatives de coopération internationale, ces jeunes participent activement à la construction de l’image d’un Vietnam dynamique, créatif, accueillant et fier de son identité culturelle.
Je suis convaincu que chaque réussite vietnamienne à l’étranger constitue une démonstration concrète de l’intelligence, de la résilience et de l’ambition de notre peuple dans le contexte mondial actuel.
À l’heure où le Vietnam approfondit son intégration internationale, comment les jeunes Vietnamiens établis à l’étranger peuvent-ils devenir des "passerelles" entre le Vietnam et le reste du monde dans les domaines de l’éducation, de la culture, de la science et de l’innovation ?
Je suis convaincu que les jeunes Vietnamiens de l’étranger représentent l’une des forces de connexion les plus naturelles et les plus efficaces entre le Vietnam et la communauté internationale.
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| Nguyên Duy Anh à la cérémonie de clôture en ligne du cours de formation "Méthodes d'enseignement du vietnamien aux enfants vietnamiens à l'étranger" au mois de septembre 2025 à Fukuoka (Japon). |
| Photo : Nguyên Tuyến/VNA/CVN |
Dans le domaine de l’éducation, ils peuvent jouer un rôle essentiel dans la mise en relation des établissements vietnamiens avec les universités et centres de recherche étrangers. Beaucoup participent déjà à des projets de transfert de connaissances, d’orientation académique ou d’accompagnement des étudiants vietnamiens vers les standards internationaux.
Sur le plan culturel, les jeunes de la diaspora sont en première ligne pour préserver et promouvoir la langue vietnamienne ainsi que les valeurs culturelles nationales auprès de leurs sociétés d’accueil.
L’enseignement du vietnamien, l’organisation de festivals culturels, la présentation des arts traditionnels ou encore la promotion de la gastronomie vietnamienne contribuent à renforcer la compréhension mutuelle et la sympathie envers le Vietnam.
Dans les domaines scientifiques, technologiques et de l’innovation, ils peuvent également servir de relais entre les réseaux d’experts internationaux, les projets de recherche collaboratifs, les initiatives entrepreneuriales et les programmes de transfert de technologies. Il s’agit là d’une ressource stratégique permettant au Vietnam de mieux accéder aux grandes tendances de développement mondiales.
Plus encore, ces jeunes incarnent un pont de confiance, de compréhension et de coopération entre le Vietnam et le reste du monde dans un contexte d’interconnexion croissante.
Cette fonction de passerelle se manifeste déjà à travers de nombreux réseaux de jeunes intellectuels vietnamiens à l’échelle internationale. On peut citer le Réseau mondial des jeunes intellectuels vietnamiens, le Réseau des talents vietnamiens en Australie ou encore diverses plateformes d’influence présentes dans plusieurs pays.
Au Japon, et notamment à Fukuoka, nous développons activement les activités de l’Association des intellectuels vietnamiens, qui rassemble chercheurs, enseignants, entrepreneurs, ingénieurs et experts vietnamiens installés dans l’archipel.
Ces organisations ne sont pas seulement des espaces de rencontre communautaire ; elles constituent de véritables écosystèmes de connaissances favorisant la coopération éducative, la recherche scientifique, le transfert technologique et l’entrepreneuriat innovant entre le Vietnam et le monde.
Je suis persuadé qu’à l’heure où le Vietnam entre dans une nouvelle phase de développement, une meilleure mise en réseau des jeunes intellectuels et experts vietnamiens à travers le monde représentera un levier stratégique majeur. Il ne s’agit pas uniquement de connecter des personnes, mais aussi des savoirs, des technologies, des ressources et des opportunités au service du développement national.
Le XIIIe Congrès national de l’Union de la jeunesse constitue une occasion d’entendre la voix des jeunes, au Vietnam comme à l’étranger. Quels mécanismes ou programmes l’Union devrait-elle mettre en place pour renforcer les liens avec les jeunes Vietnamiens établis hors du pays, notamment ceux disposant d’une expertise internationale ?
À mon sens, l’essentiel est de créer des mécanismes de coopération concrets, durables et réguliers entre les jeunes vivant au Vietnam et ceux de la diaspora.
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| Nguyên Duy Anh à la cérémonie de remise de prix du concours "Apprendre le vietnamien en s'amusant, en souvenir de l'oncle Hô", au Consulat général du Vietnam à Fukuoka (Japon), le 31 mai dernier. |
| Photo : Xuân Giao/VNA/CVN |
Il serait d’abord nécessaire de développer des plateformes numériques capables de rassembler les jeunes Vietnamiens du monde entier, de faciliter le partage d’informations et de favoriser leur participation aux initiatives tournées vers le pays.
Des forums en ligne, des réseaux de jeunes experts, des clubs professionnels ou des programmes de mentorat permettraient de valoriser davantage les ressources intellectuelles de la diaspora.
L’Union de la jeunesse pourrait également renforcer les programmes d’échanges, de stages, de recherche, de volontariat et d’entrepreneuriat destinés aux jeunes Vietnamiens de l’étranger lorsqu’ils reviennent au pays.
Ces expériences leur permettraient de mieux comprendre les réalités du développement national tout en apportant leur expertise internationale aux projets d’innovation.
Il serait également pertinent de repérer, valoriser et mettre en réseau les jeunes Vietnamiens remarquables à travers le monde afin de favoriser la coopération dans les domaines de la science, de l’éducation, de la technologie, de la culture et du développement communautaire.
Aujourd’hui, la diaspora dispose déjà d’un tissu particulièrement dynamique d’associations et de réseaux. Le Réseau mondial d’enseignement de la langue et de la culture vietnamiennes rassemble par exemple des milliers d’enseignants, de bénévoles et de passionnés engagés dans la transmission du vietnamien aux jeunes générations.
S’y ajoutent les associations étudiantes, les organisations de jeunesse, les réseaux d’intellectuels, les clubs d’entrepreneurs et de nombreuses structures communautaires particulièrement actives au Japon comme dans d’autres pays.
Je pense que l’Union de la jeunesse devrait considérer ces organisations comme des partenaires naturels. Au lieu de privilégier des initiatives ponctuelles, il conviendrait d’établir des mécanismes permanents de coopération avec ces réseaux.
Les projets liés à l’éducation, à la culture, à l’innovation, au volontariat, à l’orientation professionnelle ou à l’entrepreneuriat gagneraient ainsi en impact et en durabilité.
Je souhaite également que l’Union continue de soutenir les initiatives visant à préserver la langue vietnamienne au sein des communautés expatriées. Car le vietnamien n’est pas seulement une langue ; il constitue un lien profond entre les jeunes générations et leurs racines culturelles. Préserver cette langue, c’est préserver l’identité, l’attachement au pays et les bases d’un engagement durable envers le développement du Vietnam.
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Je suis convaincu que si nous parvenons à fédérer efficacement les réseaux existants - enseignants de vietnamien, associations étudiantes, organisations de jeunesse, intellectuels et jeunes entrepreneurs vietnamiens à travers le monde - nous pourrons bâtir un véritable écosystème mondial de la jeunesse vietnamienne, capable de contribuer de manière croissante au développement du pays.
En tant qu’acteur engagé depuis de nombreuses années auprès de la communauté vietnamienne au Japon, quel message souhaitez-vous adresser au XIIIᵉ Congrès national de l’Union de la jeunesse ainsi qu’aux jeunes Vietnamiens vivant aux quatre coins du monde ?
J’espère que le XIIIe Congrès national de l’Union de la jeunesse saura continuer à nourrir l’esprit d’engagement, l’innovation et l’ambition d’ouverture internationale de la jeunesse vietnamienne.
Aux jeunes Vietnamiens qui étudient, travaillent ou vivent à l’étranger, je voudrais dire ceci : où que nous soyons, chacun de nous porte une part de l’image du Vietnam. Continuez à apprendre, à vous perfectionner, à agir avec responsabilité, tout en préservant votre identité culturelle et votre attachement à la langue vietnamienne, ce lien précieux qui nous relie à nos origines.
Je souhaite également que les jeunes Vietnamiens poursuivent leur ouverture au monde avec confiance, forts de leurs connaissances, de leur courage et de leurs aspirations, tout en gardant leur cœur tourné vers leur pays natal afin de contribuer à bâtir un Vietnam toujours plus prospère, moderne et influent.
Le Vietnam entre aujourd’hui dans une nouvelle phase de développement riche en opportunités. Je suis convaincu que la jeunesse vietnamienne, au pays comme à l’étranger, sera l’une des forces motrices de cette dynamique, contribuant à faire rayonner l’image du Vietnam et à renforcer sa place sur la scène internationale.
Propos recueillis par Thanh Tuê/CVN







