Le réalisateur argentin Ricardo Preve salue le Vietnam, symbole de reconstruction et de résilience après la guerre

Après plus de trente ans de carrière et des tournages réalisés dans plus de 80 pays, le réalisateur argentin Ricardo Preve affirme que le Vietnam figure parmi les expériences les plus marquantes de son parcours professionnel. Au-delà de son histoire et de son patrimoine, c’est surtout la résilience du peuple vietnamien qui l’a profondément impressionné.

>> Un expert argentin optimiste sur un accord commercial MERCOSUR - Vietnam

>> À Buenos Aires, le Vietnam souligne sa politique étrangère fondée sur l’indépendance et l’autonomie

>> Le Vietnam souhaite dynamiser sa coopération avec l’Argentine

Dans un entretien accordé à l’Agence Vietnamienne d’Information (VNA), le cinéaste est revenu sur son dernier projet, A Price We Have to Pay («Le prix à payer»), un documentaire réalisé entre l’Argentine et le Vietnam autour de la figure du journaliste argentin Ignacio Ezcurra, disparu pendant la guerre du Vietnam en 1968.

Le réalisateur Ricardo Preve.

Le film retrace les derniers jours du jeune reporter, alors envoyé spécial du quotidien La Nación. Arrivé au Sud du Vietnam pour couvrir le conflit, Ignacio Ezcurra disparaît le 8 mai 1968 dans le quartier de Cho Lon, à Saïgon. Pendant des décennies, les circonstances de sa mort sont restées inconnues, alimentant interrogations et recherches au sein de sa famille ainsi que dans les milieux journalistiques argentins.

Cette histoire a conduit Ricardo Preve à entreprendre une longue enquête documentaire. Connu pour ses films consacrés à des thèmes historiques, sociaux et humains, le réalisateur explique avoir ressenti une proximité particulière avec le journaliste disparu. Tous deux sont issus de familles argentines attachées à la transmission culturelle et ont choisi de travailler loin de leur pays d’origine.

Le projet, lancé en 2024, a donné lieu à une coopération étroite entre professionnels vietnamiens et argentins. L’équipe de tournage, composée de six Vietnamiens et de quatre Argentins, a travaillé à Hanoï et à Hô Chi Minh-Ville. Selon Ricardo Preve, cette collaboration s’est déroulée dans un esprit d’ouverture et de professionnalisme exemplaire, malgré les différences de langue et de culture.

L’une des avancées majeures du projet a été l’identification du lieu exact où Ignacio Ezcurra a perdu la vie. Après plusieurs années de recherches, l’équipe a retrouvé un photographe japonais, aujourd’hui âgé de 87 ans, qui avait pris des clichés inédits de la zone concernée. Ses photographies et son témoignage ont permis de reconstituer avec précision le déroulement des événements et d’apporter des réponses à une énigme demeurée irrésolue pendant près de six décennies.

Le réalisateur a également salué le soutien accordé au projet par les autorités vietnamiennes, notamment le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme. Il considère cette expérience comme l’une des coopérations internationales les plus efficaces auxquelles il ait participé.

L’équipe de tournage du documentaire A Price We Have to Pay au Vietnam. 
Photo : VNA/CVN

Au-delà de l’enquête historique, Ricardo Preve souligne que son documentaire cherche à présenter une image plus complète du Vietnam. Selon lui, dans de nombreux pays, le Vietnam reste souvent associé aux souvenirs de la guerre. Pourtant, la réalité actuelle du pays mérite d’être davantage connue du public international.

Dans cette perspective, le film accorde une place importante aux témoignages vietnamiens. Parmi les intervenants figure notamment un ancien combattant de l’Armée populaire du Vietnam ayant participé aux événements liés à l’enquête. Pour le réalisateur, son récit constitue l’un des moments les plus émouvants de l’œuvre. Au-delà des souvenirs du conflit, ce témoin transmet un message de paix et de responsabilité à l’égard des générations futures.

Interrogé sur ses impressions personnelles, Ricardo Preve n’a pas caché son admiration pour le développement du Vietnam. Il rappelle que le pays a subi d’immenses destructions au cours des guerres du XXe siècle, tant sur le plan humain que matériel. Pourtant, il est parvenu à se relever et à enregistrer des avancées remarquables dans de nombreux domaines.

«Le Vietnam est aujourd’hui la preuve vivante qu’une nation peut surmonter les épreuves les plus difficiles et construire un avenir prospère», estime-t-il. À ses yeux, cette réussite reflète la détermination, le sens du travail et la volonté constante de progrès du peuple vietnamien.

Issu d’une famille liée à la production rizicole en Argentine, Ricardo Preve s’est également intéressé au secteur agricole vietnamien. Il considère particulièrement remarquable le fait que le Vietnam soit devenu l’un des principaux exportateurs mondiaux de riz, alors qu’il a dû faire face à d’importantes difficultés au cours de son histoire récente.

Durant son séjour, le réalisateur a parcouru plusieurs régions du pays et garde un souvenir particulier du delta du Mékong, dont les paysages fluviaux et les vastes rizières l’ont fortement impressionné. Il espère revenir prochainement au Vietnam afin de découvrir davantage la richesse culturelle et humaine du pays.

Actuellement en phase de postproduction, A Price We Have to Pay devrait être achevé dans les prochains mois. Ricardo Preve souhaite présenter le film au prochain Festival international du film de Hanoï. Il espère que cette œuvre contribuera non seulement à faire connaître l’histoire d’Ignacio Ezcurra, mais aussi à offrir au public international une vision plus juste d’un Vietnam moderne, dynamique et résolument tourné vers l’avenir.

VNA/CVN

Rédactrice en chef : Nguyễn Hồng Nga

Adresse : 79, rue Ly Thuong Kiêt, Hanoï, Vietnam

Permis de publication : 25/GP-BTTTT

Tél : (+84) 24 38 25 20 96

E-mail : courrier@vnanet.vn, courrier.cvn@gmail.com

back to top