L'UEFA tacle sèchement Infantino, malgré son revirement sur son projet controversé

L'UEFA a sèchement taclé samedi 1er août le patron de la FIFA, Gianni Infantino, affirmant que l'Italo-Suisse avait perdu sa confiance, et ce malgré le retrait de son projet controversé d'ouverture des compétitions internationales à des investisseurs privés.

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Le président de la FIFA, Gianni Infantino, le 19 juillet à East Rutherford.
Photo : AFP/VNA/CVN

L'UEFA a accusé M. Infantino d'avoir renié ses engagements avec ce "projet miteux, opaque et fomenté en coulisse", affirmant qu'il avait "perdu la confiance" de l'instance comme "de nombreux autres membres de la famille du football".

Critiqué de toutes parts, l'ex-secrétaire général de l'UEFA avait annoncé dans la nuit dans un communiqué le retrait de son projet visant à créer une société - la FIFA Forward Entreprise (FFE) - ouverte aux investisseurs privés et chargée de gérer les activités commerciales et événementielles de l'instance, y compris la Coupe du monde.

"Après avoir écouté attentivement tous les points de vue, il est devenu clair que le projet a créé des divisions (...) qui ne sont plus dans l'intérêt de l'objectif initial", a reconnu Infantino.

Cette proposition, révélée mardi 28 juillet, a été massivement rejetée au niveau mondial, surtout par l'UEFA qui avait menacé jeudi 30 juillet "à l'unanimité" de ne pas participer aux prochaines compétitions de la Fifa, y compris le Mondial, si le projet était mené à terme.

"Irresponsable", "tout sauf transparent"

Dans son communiqué publié samedi 1er août, l'instance qui réunit 55 fédérations européennes qualifie l'abandon de ce projet de "victoire pour l'ensemble du football", mais précise qu'il ne doit pas "marquer la fin de l'histoire": "La tâche consistant à rétablir la confiance dans la Fifa ne fait que commencer".

L'UEFA considère que ce projet fait craindre une marchandisation du football sur fond de soupçons de conflit d'intérêts. Dans son communiqué, elle s'en prend directement à Infantino, en affirmant qu'il avait, avant son élection en 2016, prôné la transparence et assuré que l'argent de la FIFA était celui des associations membres.

"Il n'a pas tenu ces deux promesses", accuse l'UEFA. "Le projet miteux, opaque et fomenté en coulisse qu'il a tenté d'imposer par la force était tout sauf transparent".

L'abandon de ce projet doit, selon l'UEFA, mener à la création d'une "nouvelle méthode de répartition des ressources par le biais du programme Fifa Forward existant" en utilisant une partie des fonds de réserve de l'instance, évalués à 5 milliards de dollars.

Les fédérations anglaise (FA) et allemande (DFB), deux membres influents de l'UEFA, ont renchéri samedi en tirant à boulets rouges sur le patron de la FIFA.

Gianni Infantino "a agi de manière unilatérale, sans transparence et, en définitive, de façon irresponsable", a déclaré le président de la DFB, Bernd Neuendorf, tandis que la FA a jugé qu'il était "temps de procéder à un examen approfondi et rigoureux de la direction et de la gouvernance de la FIFA pour garantir que le football mondial soit géré de façon transparente".

La Concacaf, composée de 41 fédérations d'Amérique du Nord, centrale et des Caraïbes, qui avait "rejeté la proposition", a réclamé samedi 1er août une "mise à plat complète" de la gouvernance d'Infantino. Ce projet est "le symptôme d'une gouvernance qui a cessé de placer le football au premier plan" et agit "en dehors de tout cadre et sans transparence, consultation, ni procédure régulière", ajoute l'instance.

AFP/VNA/CVN

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