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| Les entreprises vietnamiennes doivent renforcer leurs capacités internes pour accéder aux segments à plus forte valeur ajoutée des chaînes d’approvisionnement mondiales. |
| Photo : Thành Dat/CVN |
Lors de sa quatrième session plénière, le XIVe Comité central du Parti a réaffirmé la nécessité d’accélérer la transformation du modèle de développement du Vietnam. Cette ambition passe par des avancées décisives dans les institutions, les infrastructures, les sciences et les technologies, ainsi que dans la transformation numérique, tout en consolidant les capacités endogènes, l’autonomie et la résilience de l’économie.
Dans cette dynamique, les entreprises sont appelées à prendre l’initiative de l’innovation technologique, à accroître leur productivité et à renforcer leurs capacités de gestion afin de s’insérer plus profondément dans les segments à forte valeur ajoutée des chaînes d’approvisionnement mondiales.
Un environnement des affaires à consolider
Selon les données de l’Office général des statistiques, relevant du ministère des Finances, le PIB vietnamien a progressé de 9,01% au cours des neuf premiers mois de 2026, soit son rythme le plus élevé depuis quinze ans, porté notamment par les politiques de relance économique. Toutefois, la situation du secteur des entreprises, principal moteur de cette croissance, révèle des fragilités qui interrogent sa pérennité. Si plus de 223.000 nouvelles entreprises ont fait leur entrée sur le marché durant cette période, 172.000 l’ont quitté. Parmi ces dernières, plus de 48.700 ont officiellement achevé les procédures de dissolution, soit une hausse de 118,8% par rapport à la même période de 2025.
Ces chiffres mettent en évidence la nécessité de consolider la stabilité et la résilience du tissu entrepreneurial, au-delà des seuls indicateurs de croissance. Plutôt que d’intervenir au cas par cas pour lever les obstacles, l’État doit instaurer un environnement des affaires ouvert, transparent et prévisible. Cela suppose des réglementations claires, des politiques appliquées de manière cohérente et efficace, ainsi que des procédures administratives simplifiées. Il lui revient également de faciliter l’accès des entreprises aux financements, aux technologies et aux marchés, autant de leviers indispensables à leur développement.
Le président de la Chambre de commerce et d’industrie du Vietnam (VCCI), Hô Sy Hùng, a souligné que ces avancées constituent un socle essentiel pour permettre aux entreprises de réduire leurs coûts, de limiter les risques, d’investir sereinement dans l’innovation, de planifier à long terme et d’améliorer la qualité et la durabilité de leur croissance. Certaines localités ont récemment obtenu des résultats encourageants en simplifiant les procédures d’investissement et en accélérant le traitement des dossiers. De même, la numérisation des procédures aux postes-frontières a fluidifié le dédouanement, réduit les coûts et facilité le respect des délais de livraison.
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| Le processus visant à favoriser la croissance économique nationale doit aller de pair avec la capacité des entreprises à se développer de manière stable et à maintenir leur résilience. |
| Photo : Thành Dat/CVN |
Ces initiatives restent toutefois trop ponctuelles pour garantir, à l’échelle nationale, un environnement des affaires véritablement favorable. Sur la base de près de 900 contributions du monde entrepreneurial, la VCCI a recensé 53 catégories d’obstacles dans dix domaines, couvrant notamment les institutions, le foncier, le crédit, la fiscalité, les douanes, l’énergie et la logistique. Nombre de ces difficultés ne tiennent pas à l’absence de politiques publiques, mais à des réglementations contradictoires, à des directives imprécises, à des procédures interminables ou encore à une répartition floue des responsabilités dans le traitement des problèmes.
Pour le président de la VCCI, l’enjeu ne consiste donc pas simplement à multiplier les politiques de soutien ou à poursuivre l’allègement des formalités administratives. Il s’agit surtout de corriger les dysfonctionnements qui apparaissent au stade de leur mise en œuvre. Les autorités doivent éliminer les chevauchements réglementaires, préciser les responsabilités de chaque organisme et garantir la transparence ainsi que la prévisibilité des délais de traitement. Autant de conditions nécessaires pour que les entreprises puissent exploiter pleinement leurs ressources et leurs capacités propres.
Des réformes jugées à l’aune de leurs résultats
Sur le plan législatif, Phan Duc Hiêu, membre de la Commission des affaires économiques et financières de l’Assemblée nationale, a rappelé que la qualité du cadre institutionnel ne se mesure pas au nombre de textes publiés, mais aux changements concrets qu’ils produisent sur le marché. Une réforme n’a de véritable portée que si elle permet aux entreprises de gagner du temps et de réduire leurs coûts, sans leur imposer de nouvelles contraintes de conformité.
Un environnement des affaires favorable exige ainsi non seulement des procédures simplifiées, mais aussi de la stabilité et de la prévisibilité. Les entreprises doivent pouvoir identifier clairement les règles applicables, connaître les délais de traitement de leurs dossiers et savoir quelle autorité est compétente. Tant que ces éléments demeurent incertains, elles peinent à élaborer des stratégies d’investissement à long terme, même lorsque les perspectives de marché sont prometteuses.
Du soutien public à l’écosystème entrepreneurial
Au-delà des réformes institutionnelles, plusieurs experts économiques estiment que l’État doit renouveler ses modalités d’accompagnement en tenant davantage compte des besoins propres à chaque catégorie d’entreprise. Les startups ont besoin d’un environnement propice à la recherche, à l’expérimentation et à l’accès aux investisseurs. Les entreprises manufacturières ont besoin de capitaux, d’infrastructures et de technologies, tandis que les petites entreprises intégrées aux chaînes d’approvisionnement doivent renforcer leurs normes de qualité et leurs capacités de gestion.
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| De nombreuses entreprises de la province de Dông Thap appliquent les avancées scientifiques et investissent dans des technologies et des équipements modernes au service de la production. |
| Photo : VNA/CVN |
L’amélioration de l’accès au capital et au crédit constitue, à cet égard, un levier majeur. Aujourd’hui encore, l’octroi de prêts repose largement sur les garanties immobilières. De nombreuses entreprises disposant pourtant de projets viables peinent ainsi à obtenir des financements, faute de pouvoir présenter les garanties exigées. Diversifier les mécanismes de financement permettrait de mieux répondre à leurs besoins et de libérer leur potentiel de développement.
Lors d’une récente cérémonie organisée à l’occasion de la Journée des entrepreneurs vietnamiens, le vice-Premier ministre permanent Pham Gia Tuc a insisté sur la nécessité de passer du simple traitement des doléances à la résolution effective des problèmes, en évaluant l’action publique à l’aune de résultats tangibles. Les obstacles juridiques, structurels et réglementaires doivent être examinés et traités à la source afin d’éviter que les entreprises ne soient contraintes de signaler continuellement les mêmes difficultés.
L’État doit ainsi garantir un environnement transparent, équitable et sûr, dans lequel les entreprises puissent investir, exercer leurs activités, innover et se développer en confiance. Cela suppose d’instaurer un dialogue régulier entre les autorités et le monde des affaires, accompagné d’un suivi rigoureux des propositions et de retours précis sur les mesures prises.
Les associations professionnelles, notamment la VCCI, ont un rôle déterminant à jouer : elles doivent centraliser les recommandations des entreprises, étayer leurs propositions par des données concrètes et contribuer à l’évaluation critique des politiques publiques. De leur côté, les entreprises sont également appelées à participer activement à l’élaboration des politiques, plutôt que d’attendre l’entrée en vigueur des réglementations pour en dénoncer les lacunes.
Les entreprises, actrices de leur propre compétitivité
Parallèlement aux efforts de l’État pour créer un environnement favorable, les entreprises doivent prendre pleinement leur part dans cette transformation en renforçant leurs capacités internes. L’amélioration de leur productivité, l’innovation technologique et la modernisation de leur gestion sont indispensables pour gagner en compétitivité et accéder aux segments à plus forte valeur ajoutée des chaînes d’approvisionnement mondiales. Le soutien public peut créer les conditions de leur essor, mais il appartient aux entreprises de transformer ces possibilités en avantages concurrentiels durables.
Nguyên Tùng/CVN






