>> La science, l’innovation et le numérique au service de la croissance
>> Le Vietnam accélère sa transformation numérique et technologique
>> Pour mobiliser des ressources pour la science et la technologie
Pour transformer ces orientations en véritables avancées, il est indispensable de mettre en place des mécanismes suffisamment souples pour encourager l’innovation, accepter la prise de risque et attirer les talents.
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| Un robot assure le chargement et le déchargement des marchandises, réduisant la pénibilité du travail et améliorant l'efficacité des opérations. |
| Photo : VNA/CVN |
Trân Lê Hung, maître de conférences à l’Université Gustave Eiffel, indique que de nombreux pays avaient investi massivement dans les technologies de pointe sans obtenir les résultats escomptés. Selon lui, ces difficultés tiennent moins au manque de ressources financières ou humaines qu’aux contraintes liées aux mécanismes de gestion, aux politiques de soutien et aux modalités de mise en œuvre.
Fort de ce constat, il estime que le Vietnam doit mettre en place un cadre réglementaire plus souple, adapté aux spécificités et au niveau de risque de chaque technologie. Plutôt que d’appliquer un modèle unique à tous les secteurs, il convient de permettre aux entreprises d’expérimenter de nouvelles technologies dans un cadre réglementaire approprié.
Le chercheur souligne notamment l’importance des mécanismes d’expérimentation réglementaire "sandbox", qui permettent aux entreprises de tester leurs innovations en conditions réelles tout en aidant les autorités à adapter les politiques publiques sur la base des résultats obtenus.
Selon le Professeur associé et Docteur Trân Lê Hung, la recherche scientifique obéit à une logique différente de celle des investissements ou des achats. En science, l’échec fait naturellement partie du processus de découverte. Il estime également qu’il est essentiel de distinguer les échecs inhérents à la recherche scientifique des irrégularités dans la gestion financière.
Le spécialiste attire aussi l’attention sur les mécanismes de soutien aux entreprises technologiques. Si les aides financières sont nécessaires, elles doivent être conçues de manière à éviter toute dépendance aux financements publics.
Il préconise par ailleurs de renforcer les programmes de commande publique de technologies ainsi que les concours d’innovation, dans lesquels l’État définit les défis à relever tandis que les entreprises proposent les meilleures solutions. Une telle approche favorise à la fois l’innovation et une utilisation plus efficace des ressources publiques.
Selon lui, les ressources humaines hautement qualifiées constituent le principal facteur de réussite des programmes de développement des technologies stratégiques. De nombreux chercheurs et experts ne sont pas seulement motivés par le niveau de rémunération, mais souhaitent également participer à des projets porteurs de sens, capables d’avoir un impact concret sur la société et de contribuer au développement du pays.
Trân Lê Hung souligne en outre que le Vietnam dispose d’importantes ressources en données dans des domaines tels que la santé, les transports, l’agriculture et l’administration publique. Si elles sont exploitées efficacement, elles pourront servir de base au développement de l’intelligence artificielle. Il recommande aussi de mettre en place des mécanismes plus favorables pour attirer les experts internationaux et les scientifiques vietnamiens résidant à l’étranger vers les programmes nationaux de sciences et de technologies.
Concernant les trente produits technologiques stratégiques, il estime que le Vietnam doit viser une intégration plus profonde dans les chaînes d’approvisionnement mondiales plutôt que de se concentrer uniquement sur son marché intérieur. Au lieu de chercher à maîtriser l’ensemble de la chaîne de production, le pays devrait concentrer ses ressources sur les secteurs où il dispose d’un avantage compétitif.
Pour les années à venir, Trân Lê Hung recommande de privilégier plusieurs domaines à fort potentiel, notamment l’intelligence artificielle, les technologies 5G et 6G, la robotique, l’automatisation agricole, les technologies de batteries et de stockage de l’énergie, ainsi que les technologies au service de grands projets d’infrastructures, tels que le nucléaire et le chemin de fer à grande vitesse.
VNA/CVN



