L’immobilier redéfinit sa trajectoire en 2026

Après une phase de purification sévère, le marché immobilier amorce cette année une transition vers la stabilité structurelle. Avec l’instauration d’un code d’identification électronique pour chaque bien, le secteur privilégie désormais la transparence.

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Après une longue phase de ralentis-sement, l’immobilier entre dans une période de redéfi-nition de son modèle de développement. L’année 2026 verra l’émergence d’un marché davantage fondé sur la valeur réelle, la demande effective et la solidité des entreprises, à l’issue d’un cycle de croissance excessive.

La période 2022-2024 a constitué la phase de purification la plus sévère du marché immobilier depuis plus d’une décennie, marquée par l’éviction de nombreux acteurs et par un ajustement des prix vers leur niveau réel. En 2025, des signes de reprise sont apparus, prudents et très différenciés selon les segments.

L’année 2026 verra l’émergence d’un marché immobilier fondé sur la valeur réelle, la demande effective et la solidité des entreprises.
Photo : VNA/CVN

Le retour aux valeurs réelles

Le marché immobilier semble retrouver une forme de rationalité, avec des prix qui se stabilisent ou se corrigent après des années d’euphorie, reflétant mieux les valeurs véritables (prix de marché) et intrinsèques (coût de reconstruction moins dépréciation) basées sur des fondamentaux comme l’emplacement, l’état et l’offre/demande, plutôt que sur une spéculation excessive, même si les taux d’intérêt restent élevés. Les ajustements actuels visent à réaligner les prix avec la capacité d’achat réelle des ménages et les fondamentaux économiques.

En 2026, les perspectives sont jugées plus favorables, sans pour autant annoncer un retour des flambées généralisées. Selon Cân Van Luc, économiste en chef de la Banque d’investissement et de développement du Vietnam (BIDV), le marché passe d’une “reprise technique” à une “stabilité structurelle”, avec une croissance plus lente mais plus durable, centrée sur des produits répondant à une demande réelle et disposant d’une base juridique solide.

La stabilisation macroécono-mique, la baisse progressive des taux d’intérêt et une politique de crédit immobilier plus ciblée constituent des facteurs clés de cette évolution. Par ailleurs, l’entrée en vigueur coordonnée des nouvelles lois foncières et immobilières à partir de 2025-2026 est considérée comme un tournant majeur, renforçant la transparence et éliminant les projets opportunistes. L’investissement public dans les grandes infrastructures continuera de soutenir le marché à long terme, en élargissant les espaces de développement.

Dans un contexte sans “grandes vagues”, les opportunités en 2026 se concentreront sur les segments répondant à des besoins concrets : logements abordables et intermédiaires, zones urbaines bien équipées, immobilier industriel et produits générant des flux de revenus stables.

Pour Nguyên Van Dinh, président de l’Association vietnamienne des courtiers immobiliers, les comportements des acheteurs et des investisseurs évoluent vers une logique de long terme, privilégiant l’usage et l’exploitation plutôt que la spéculation à court terme.

La demande de logements demeure un pilier du marché, portée par une urbanisation rapide, mais elle s’oriente vers des produits plus accessibles. L’immobilier industriel, soutenu par les flux d’investissement direct étranger, continuera d’être un moteur de croissance, à condition de répondre à des standards professionnels en matière de durabilité et d’efficacité opérationnelle.

Pour les investisseurs individuels, 2026 marquera un retour plus sélectif, avec une préférence pour des produits moins risqués et au rendement stable. Quant aux entreprises, le nouveau cycle impose des exigences accrues en matière de finances et de gouvernance. Seules celles disposant de capacités réelles et d’une compréhension fine du marché pourront se maintenir et se développer.

Vers une traçabilité totale des transactions

Depuis le 1er mars 2026, chaque bien immobilier se voit attribuer un code d’identification électronique afin de garantir la transparence, la rigueur de la gestion et l’harmonisation des informations du marché. Référentiel dématérialisant et certifiant les données de l’immobilier d’entreprise, cette nouvelle réglementation découle du décret gouvernemental N°357, daté du 31 décembre 2025, relatif à la construction et à la gestion des systèmes d’information et des bases de données sur le logement et le marché immobilier à l’échelle nationale. Une solution numérique inédite et innovante : cet agrégateur de données sur les immeubles se met au service des propriétaires et des gestionnaires de biens avec deux mots clés : traçabilité et partage.

Depuis le 1er mars 2026, chaque bien immobilier se voit attribuer un code d’identification électronique. 
Photo : VNA/CVN

Conformément au décret N°357, le système d’information et la base de données sur le logement et le marché immobilier seront mis en place et gérés de manière uniforme, du niveau central au niveau local. Le ministère de la Construction est responsable de la construction et de la gestion du système à l’échelle nationale. Les comités populaires provinciaux sont chargés de la collecte, de la mise à jour et de l’utilisation des données.

Le code d’identification électronique de chaque bien immobilier est une chaîne de caractères alphanumériques, d’une longueur maximale de 40 caractères. Ce code est attribué individuellement à chaque maison, appartement, maison individuelle et bien immobilier au sein d’un programme de construction. Le format des identifiants électroniques des produits immobiliers comprendra l’identifiant de la parcelle, le code d’information relatif au projet et à la construc-tion, l’identifiant de localisation

(le cas échéant) et le type de pro-duit immobilier. Outre les produits immobiliers, le gouvernement réglemente également les codes d’identification de chaque société de gestion d’immeubles, les permis d’agence immobilière et les personnes admissibles aux programmes d’aide au logement.

Le système de base de données sur le marché immobilier et le logement doit contenir des informations complètes sur les projets, notamment l’investissement total, l’échelle d’utilisation des sols, l’état d’avancement des travaux et les documents juridiques pertinents. Parallèlement, la base de données immobilières comprendra des statistiques sur les prix d’achat et de vente, la valeur totale des transactions et les stocks. Le système contiendra également des données sur les actes notariés et des informations sur les contrats d’achat et de vente immobilière, notamment le code d’identification du bien, le nom de la personne ou de l’organisme impliqué(e) dans la transaction, la date de signature et la forme de la transaction (achat, vente, location et transfert).

Il contient également des informations sur la propriété de logements par des organismes et des particuliers, telles que le type de logement, l’adresse, la superficie, le nombre de logements, la durée et la forme de la propriété, ainsi que le statut juridique. D’autres ministères et agences sont tenus de partager et de fournir des informations sur le système et la base de données concernant le logement et le marché immobilier.

Thê Linh/CVN

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