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| Un coin du village de fabrication des nón (chapeaux coniques) Chuông à la Foire du Printemps 2026. |
| Photo : VNA/CVN |
Sur les stands, les visiteurs ne se contentent pas de faire des achats : ils peuvent également observer directement les processus de fabrication, échanger avec les artisans et participer à des expériences pratiques.
L’ambiance animée, les couleurs du Nouvel An lunaire et le fort niveau d’interaction permettent aux produits traditionnels de se rapprocher davantage des consommateurs, en particulier des jeunes. À travers ces activités, la foire contribue à promouvoir les villages de métiers et à raviver les valeurs culturelles locales.
Le village des nón Chuông éclatant aux couleurs du Têt
Le stand du village de fabrication des nón (chapeaux coniques) Chuông attire un large public grâce à ses modèles de chapeaux ornés de motifs du Têt, aux couleurs vives et festives. Un espace photo installé à proximité enrichit encore l’expérience des visiteurs.
L’artisane Tạ Thu Hương explique que les feuilles utilisées pour fabriquer les chapeaux doivent présenter une épaisseur et une souplesse adéquates. Après la récolte, les feuilles sont frottées dans le sable, séchées jusqu’à prendre une teinte blanc argenté, puis aplaties à l’aide d’une lame de charrue afin d’éliminer les nervures et d’éviter toute déchirure lors de la couture. L’armature du chapeau est réalisée en bambou ou en rotin ; l’exigence principale est que les cercles soient parfaitement réguliers, sans raccords visibles. Le chapeau de Chuông comporte 16 cercles, assurant à la fois solidité et souplesse. La couture est considérée comme l’étape la plus délicate : les feuilles sont disposées en deux couches, alternées avec des gaines de bambou, puis fixées par des fils. L’artisan doit ajuster précisément la pression de la main pour éviter tout décalage ou déchirure ; les points doivent être réguliers, fins et dissimulés afin que la surface du chapeau fini soit lisse et uniforme.
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| Le stand du village de fabrication des nón (chapeaux coniques) Chuông attire un large public. |
| Photo : VNA/CVN |
Les chapeaux coniques du village de Chuông ne sont pas seulement des objets utilitaires contre le soleil et la pluie : ce sont aussi de véritables œuvres d’art, minutieusement peintes, représentant des paysages ruraux, des sites célèbres du Vietnam ou encore des motifs floraux de prunier et de pêcher typiques du Têt.
Selon Tạ Thu Hương, l’évolution des modèles est nécessaire pour répondre aux goûts actuels, tout en préservant les éléments traditionnels. Les chapeaux classiques comme les chapeaux décoratifs reposent tous sur les principes techniques du chapeau de Chuông. Le développement de nouveaux modèles ne fait pas perdre l’identité du produit, mais lui permet au contraire de toucher un public plus large.
Pendant que l’artisane présente le processus de fabrication, de nombreux jeunes visiteurs s’arrêtent pour participer à l’activité de décoration de chapeaux coniques.
Nguyễn Thu Trang, étudiante à l’Académie d’agriculture, peint elle-même un chapeau destiné à sa mère. Elle confie qu’elle a rarement l’occasion de réaliser des produits artisanaux, et que cette activité lui apporte une sensation très nouvelle. Le fait de choisir soi-même les motifs, les couleurs et de finaliser chaque détail lui permet d’offrir un cadeau empreint de sa touche personnelle, différent des produits achetés tout faits. Elle pense que sa mère sera très heureuse de recevoir un cadeau qu’elle a réalisé de ses propres mains.
Étudiant en arts plastiques à l’Université des beaux-arts industriels, Trần Minh Đức apprécie particulièrement cette activité, car il souhaite expérimenter sur différents matériaux. Il a acheté vingt chapeaux de tailles variées pour les décorer et les transformer en carillons à offrir à sa petite amie. Selon lui, auparavant, les expériences liées aux villages de métiers se déroulaient de manière dispersée, alors que ce salon les regroupe en un seul lieu, ce qui est à la fois plus pratique et facilite l’accès à la culture traditionnelle.
Le stand attire non seulement les jeunes, mais aussi de nombreux visiteurs d’âge mûr venus acheter des chapeaux pour les utiliser en début d’année.
Nguyễn Thị Hạnh, résidant dans le quartier de Quang Trung à Hanoï, explique avoir choisi le chapeau de Chuông pour sa légèreté et sa bonne aération, idéales pour les visites de temples en début d’année. Après avoir essayé plusieurs modèles, elle constate que les chapeaux sont soigneusement confectionnés. Selon elle, bien que traditionnels, les motifs du Têt restent harmonieux avec différentes tenues.
On peut constater que le chapeau de Chuông trouve aujourd’hui une nouvelle place dans la vie moderne. Le maintien des techniques traditionnelles, associé au développement de modèles décoratifs thématiques, confère au produit une meilleure capacité d’adaptation, répondant à des besoins variés. Le chapeau de Chuông n’est plus seulement un objet utilitaire, mais devient un produit culturel créatif, porteur d’une empreinte personnelle et d’une valeur spirituelle dans chaque cadeau.
Les produits traditionnels s’adaptent au marché moderne
L’artisan Đặng Văn Biền, né et ayant grandi dans le hameau de Xuân La, commune de Phương Dực, à Hanoï, est l’un des rares à rester fidèle au métier traditionnel du tò he (figurines en pâte de riz), vieux de plus de 300 ans. La minutie et la créativité de ses réalisations attirent de nombreux visiteurs sur son stand.
Selon lui, la fabrication d’un tò he comprend plusieurs étapes. La pâte traditionnelle est faite à partir de riz gluant finement moulu, cuit puis laissé refroidir avant d’être pétri. Autrefois, les couleurs provenaient exclusivement de sources naturelles telles que les racines, le curcuma, les feuilles de bétel ou la cendre. Aujourd’hui, afin de répondre aux exigences d’hygiène et de durabilité, les artisans utilisent des colorants alimentaires et ajoutent de la levure pour conserver la souplesse de la pâte sur une longue durée. Lors du modelage, la cire d’abeille est utilisée pour éviter que la pâte ne colle aux mains et pour améliorer la précision des formes. Selon lui, la création des figurines dépend fortement de la capacité d’observation et du ressenti personnel, car "chacun a sa propre manière de voir, et personne ne façonne exactement de la même façon".
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| L’artisan Đặng Văn Biền est l’un des rares à rester fidèle au métier traditionnel du tò he (figurines en pâte de riz), vieux de plus de 300 ans. |
| Photo : VNA/CVN |
Fort de plus de quarante ans de métier, M. Biền estime que le principal défi actuel réside dans le désintérêt des jeunes, en raison de revenus instables. Le village ne compte plus qu’une cinquantaine de personnes exerçant encore ce métier, majoritairement âgées. Pour ceux qui persistent, le métier n’est pas seulement un moyen de subsistance, mais aussi une valeur spirituelle précieuse.
Autrefois, les produits tò he représentaient principalement les douze animaux du zodiaque et des animaux familiers, vendus sur les marchés pendant plusieurs jours. Aujourd’hui, les modèles évoluent fortement selon la demande du marché. Les enfants apprécient les personnages de dessins animés, tandis qu’à l’occasion du Têt, les produits sur le thème du printemps, tels que les plateaux de cinq fruits, les bánh chưng ou les mascottes de la nouvelle année, sont particulièrement prisés. Pour conserver la brillance et la couleur, les figurines sont rapidement plongées dans de l’eau bouillante après le modelage, ce qui leur permet d’être utilisées pendant un à deux ans.
Concernant les ventes au salon, M. Biền indique que les principaux acheteurs sont des enfants accompagnés de leur famille ; les plateaux de cinq fruits figurent également parmi les articles les plus choisis. Les produits de petite taille, à prix abordable, sont ceux qui se vendent le mieux.
Huỳnh Mỹ Duyên, venue de Hô Chi Minh-Ville, explique avoir acheté un plateau de cinq fruits comme cadeau du Têt pour une amie. Elle avait déjà offert ce type de produit à un ami étranger auparavant, et celui-ci avait conservé sa couleur et sa forme pendant plus d’un an. Selon elle, ces plateaux, compacts, colorés et porteurs d’une symbolique d’abondance en début d’année, sont particulièrement adaptés comme cadeaux.
Lê Thị Hồng, représentante d’un atelier d’artisanat, observe que le salon de cette année révèle clairement "un changement dans la manière dont les consommateurs abordent les produits traditionnels". De nombreux visiteurs posent des questions très précises sur les matériaux, notamment leur caractère écologique et leur innocuité pour la santé. Selon elle, cela témoigne d’un intérêt croissant des acheteurs, qui ne se limitent plus à l’apparence, mais s’attachent également aux valeurs sous-jacentes de chaque produit.
Elle ajoute que la tendance à privilégier des matériaux naturels, sûrs et durables exerce un impact direct sur les ateliers artisanaux. Cette évolution crée à la fois une pression pour innover et une opportunité pour les métiers traditionnels d’affirmer leur valeur dans un contexte moderne.
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| Grâce au salon, les ateliers peuvent également saisir les tendances de consommation, ajuster les modèles et améliorer la qualité et rehausser progressivement la valeur de leurs produits. |
| Photo : VNA/CVN |
La participation à des activités de promotion commerciale telles que la Foire du Printemps offre aux artisans davantage d’occasions de faire connaître leurs produits, tout en diffusant l’histoire et les valeurs culturelles des villages de métiers traditionnels. Sur les stands, de nombreux visiteurs ne se contentent pas d’acheter : ils observent, posent des questions, essaient quelques gestes simples ou discutent avec les artisans afin de mieux comprendre les processus de fabrication. Cette interaction rend les produits plus accessibles et crée un lien entre producteurs et consommateurs, difficile à établir par les circuits de vente traditionnels.
Grâce au salon, les ateliers peuvent également recueillir les retours du marché, saisir les tendances de consommation, ajuster les modèles, améliorer la qualité et rehausser progressivement la valeur de leurs produits. C’est ainsi que les villages de métiers parviennent à préserver leur identité tout en s’adaptant aux besoins et aux goûts du marché moderne, assurant la pérennité de ces savoir-faire traditionnels au cœur de la vie contemporaine.
Phuong Mai/CVN







