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| Le fruit de la passion a occupé, en 2025, la première place en termes d’exportations. |
| Photo : VNA/CVN |
La forte progression des exportations de fruits et légumes vers l’UE au cours des cinq dernières années reflète à la fois l’élargissement du marché et une évolution de la structure des produits. Sur la période 2021-2025, le chiffre d’affaires à l’export vers l’UE a augmenté de 322,7 millions de dollars, soit une hausse de 208%. Le taux de croissance annuel composé moyen s’est établi à environ 43% par an. Rien qu’en 2025 par rapport à 2024, les exportations ont progressé de 52,75%, montrant que ce marché continue de maintenir une dynamique positive.
Parmi les principaux produits, le fruit de la passion continue d’occuper la première place, avec un chiffre d’affaires passant de 41,6 millions de dollars en 2021 à 112,8 millions de dollars en 2025, soit une hausse de 171%. Toutefois, sa part dans le total des exportations a légèrement reculé, de 27% à 24%, ce qui traduit la contribution croissante d’autres produits.
La pistache constitue un point particulièrement remarquable, avec une valeur à l’exportation passée de 5,3 millions de dollars à 82,7 millions de dollars, soit une multiplication par plus de 15 en quatre ans. Sa part a ainsi augmenté de 3,4% à 17,3%, faisant de ce produit l’un des segments à la croissance la plus rapide.
Les mangues ont également enregistré une hausse notable, passant de 23 millions de dollars à 72,8 millions de dollars (soit +216 %), tout en maintenant une part d’environ 15%. Le groupe des noix de coco et des produits dérivés de la noix de coco a progressé de 164% à 249% selon les segments, reflétant la forte demande de produits tropicaux sur le marché de l’Union européenne.
À l’inverse, certains produits ont connu une croissance plus modérée. Le fruit du dragon est resté quasiment stable en valeur par rapport à 2021, ce qui a entraîné une baisse de sa part de 12,1% à 3,7%. Les citrons et le maïs ont continué d’augmenter en valeur absolue, mais leur poids dans la structure globale s’est réduit.
Diversifier les produits
Dans l’ensemble, les exportations de fruits et légumes vers l’UE ont non seulement progressé en volume, mais se sont aussi diversifiées, réduisant progressivement la dépendance à quelques produits traditionnels.
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| Noix de coco pour l’exportation à Vinh Long (Sud). |
| Photo : Vina T&T |
Đang Phúc Nguyên, secrétaire général de l’Association vietnamienne des fruits et légumes, estime que la croissance de ces dernières années résulte des efforts des entreprises pour améliorer la qualité des produits et mieux répondre aux exigences strictes de l’Union européenne en matière de sécurité alimentaire, de traçabilité et de durabilité.
Par ailleurs, la demande de fruits tropicaux dans l’UE a augmenté dans un contexte où les consommateurs privilégient des produits bénéfiques pour la santé, contribuant ainsi à stimuler les importations en provenance du Vietnam.
Fait notable, la structure des exportations évolue fortement vers les produits à forte valeur ajoutée issus de la transformation. Actuellement, environ deux tiers des fruits et légumes vietnamiens exportés vers l’UE et le Japon sont des produits surgelés ou transformés en profondeur, plutôt que majoritairement frais. Selon M. Nguyên, cette orientation permet aux entreprises de prolonger la durée de conservation, de réduire les risques liés aux barrières techniques et d’optimiser les coûts logistiques.
Avec un niveau proche de 480 millions de dollars en 2025, l’Union européenne reste l’un des marchés à la croissance la plus rapide pour les fruits et légumes vietnamiens. Toutefois, selon les experts agricoles, il s’agit aussi d’une région aux normes élevées et à la concurrence intense. Pour maintenir cette dynamique, la filière doit continuer d’investir dans des zones de production répondant aux standards requis, augmenter la part de la transformation et construire des marques durables sur ce marché.
La combinaison de l’amélioration de la qualité, de la diversification des produits et du renforcement de la transformation crée ainsi une base favorable pour que les exportations vietnamiennes de fruits et légumes vers l’UE conservent un rythme de croissance élevé dans les années à venir.
Hoàng Phuong/CVN





