Les BRICS exhortent à la "retenue maximale" dans le conflit au Moyen-Orient

Les dirigeants des pays des BRICS, dont l'Inde, la Chine, la Russie, l'Iran et les Émirats, sont parvenus samedi 12 septembre à New Delhi à surmonter leurs différences sur le conflit au Moyen-Orient pour exhorter ensemble les parties à la "retenue maximale".

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Les pays des BRICS ont exhorté les parties engagées dans le conflit au Moyen-Orient à faire preuve d'une "retenue maximale", dans la déclaration commune adoptée samedi 12 septembre en première journée de leur Sommet à New Delhi.
Photo : AFP/VNA/CVN

Dans une déclaration commune adoptée samedi 12 septembre, les 11 pays membres de ce forum diplomatique ont fait part de leur "vive préoccupation face à l’escalade continue des tensions au Moyen-Orient".

"Conformément à nos positions nationales respectives, (nous) exhortons (les parties) à la retenue maximale ainsi qu'à éviter les actions susceptibles d'aggraver la situation", ont-ils déclaré lors de la première des deux journées de la réunion.

Le conflit ouvert en février par les frappes des États-Unis et d’Israël sur l’Iran divise les BRIS, dont les ministres des Affaires étrangères n’avaient pu se mettre d’accord sur un texte commun en mai.

Désescalade

Le Premier ministre indien Narendra Modi (droite) et le président iranien Massoud Pezeshkian lors d’un entretien en marge du Sommet des BRICS, à New Delhi, le 11 septembre 2026.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le président iranien Massoud Pezeshkian et le prince héritier d’Abou Dabi, Khaled ben Mohamed ben Zayed Al Nahyane, ont joué l’apaisement entre leurs deux pays en s’entretenant samedi 12 septembre en marge du Sommet.

Les deux dirigeants ont insisté, selon la presse officielle émiratie, sur la nécessité "de soutenir les efforts de désescalade, d'apaiser les tensions et de revenir à la stabilité dans la région".

Le chef de l’État iranien a par ailleurs déclaré samedi 12 septembre que le Moyen-Orient n’avait "pas besoin de gendarme", en référence aux États-Unis. "L’intégrité territoriale et la sécurité de la région ne pourront être garanties que par ses principaux acteurs et les pays qui la composent", a-t-il insisté.

Dans son discours d'ouverture, M. Modi a appelé "le Sud global, en première ligne des crises mondiales" mais "en dernière ligne des prises de décisions", à "changer cette structure pyramidale en structure de partenariat".

Répercussions sans frontières 

Le président russe Vladimir Poutine s'exprime lors du Forum des affaires des BRICS à New Delhi, en Inde, le 11 septembre 2026.
Photo : Xinhua/VNA/CVN

Le forum des BRICS a été créé en 2009 pour rassembler les grandes économies émergentes (Brésil, Russie, Inde, Chine, puis l'Afrique du Sud) hors des institutions dominées par les États-Unis et les puissances occidentales comme le G7.

Le bloc s'est depuis élargi, notamment à l'Iran, et ces pays membres "représentent la moitié de la population mondiale, 40% du PIB de la planète et plus d'un quart du commerce international", a rappelé Narendra Modi.

"Lorsqu'un pays subit des pressions politiques et militaires sur son commerce, son énergie, ses infrastructures et son système financier, les répercussions dépassent ses frontières", a souligné le président iranien.

L'Iran a été attaqué par les États-Unis et Israël en février et, en représailles aux bombardements sur son territoire, a verrouillé le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit 20% du pétrole mondial. Ce blocage, qui perdure six mois après le début des hostilités, continue de faire flamber les prix du brut sur les marchés.

Après une accalmie d'un mois, les opérations militaires ont repris récemment dans la région.

"Nous appelons à la protection des populations et des infrastructures civiles", poursuivent dans leur déclaration les pays des Brics, qui "encouragent les efforts, par le dialogue et la diplomatie, pour parvenir à un accord en vue d'une paix durable, la sécurité et la stabilité dans la région".

"Nous exprimons notre sérieuse préoccupation au sujet des attaques délibérées sur les infrastructures civiles et les installations nucléaires pacifiques sous la protection de l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA) en violation du droit international", écrivent aussi les BRICS.

Plusieurs sites nucléaires iraniens ont été visés par des frappes américaines et israéliennes depuis le début du conflit en février dernier.

La déclaration commune publiée samedi 12 septembre par les BRICS n’a fait aucune référence à l’Ukraine.

Sur le plan économique, les pays membres ont réaffirmé dans leur document leur "soutien au système commercial multilatéral non discriminatoire, ouvert, équitable, transparent, juste, inclusif, prévisible et fondé sur des règles, avec l'Organisation mondiale du commerce (OMC) au centre".

Moins de deux semaines avant sa visite prévue à Washington, Xi Jinping a appelé le bloc à "rejeter toutes les formes de protectionnisme" et à "soutenir le système commercial multilatéral" ayant l'OMC en son cœur.

AFP/VNA/CVN

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