L’énergie verte, nouvel atout compétitif des zones industrielles

Au-delà de la garantie d’un approvisionnement électrique pour la production, les infrastructures énergétiques vertes deviennent progressivement un critère important dans le choix des sites d’investissement.

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Vue de la zone industrielle intelligente et durable de la société par actions Long Hâu. 
Photo : VNA/CVN

Pendant longtemps, dans le choix d’un site d’implantation, les entreprises, notamment les investisseurs étrangers, accordaient une importance prioritaire au prix des terrains, à la logistique, à la proximité des ports et à la main-d’œuvre. Aujourd’hui, leurs exigences évoluent, l’énergie étant de plus en plus étroitement liée à la compétitivité et à la capacité à intégrer les chaînes d’approvisionnement mondiales.

Lors d’une table ronde intitulée "Ajustement du Plan national de développement de l’électricité VIII et croissance industrielle : garantir l’approvisionnement énergétique pour la production", organisée dans le cadre de la Semaine de l’industrie et des technologies du Vietnam 2026, Nguyên Manh Hà, directeur commercial de la société par actions GG Power, a indiqué qu’il y a dix ans, les investisseurs étrangers s’intéressaient principalement à la logistique, au prix des terrains et à la main-d’œuvre. Aujourd’hui, la question énergétique passe au premier plan : l’approvisionnement est-il stable ? Quelle est la fréquence des coupures ? La zone industrielle peut-elle fournir de l’électricité verte et garantir une certaine proportion d’énergie renouvelable ?

Cette évolution traduit les nouvelles exigences des chaînes d’approvisionnement mondiales, dans lesquelles la réduction des émissions, le recours aux énergies propres et la continuité de la production deviennent des conditions de plus en plus importantes. Selon Nguyên Manh Hà, la réduction des émissions de carbone et l’utilisation d’électricité verte tendent ainsi à devenir des conditions permettant aux entreprises de conserver leur place dans les chaînes d’approvisionnement, notamment lorsqu’elles fournissent de grandes marques.

La capacité à fournir ou à garantir une certaine proportion d’électricité verte peut ainsi constituer un atout pour les zones industrielles dans l’attraction des investisseurs internationaux. Cette exigence concerne aussi bien les nouvelles zones industrielles que celles déjà en activité, qui doivent moderniser leurs infrastructures, faciliter l’accès aux sources d’énergie verte et améliorer l’efficacité énergétique.

L’énergie solaire, les systèmes de stockage d’énergie par batteries (BESS) et les solutions intelligentes de gestion de l’énergie offrent de nouvelles possibilités aux entreprises.

Exploitation d’un système de stockage d’énergie par batteries (BESS) à Lang Son (Nord).
Photo : VNA/CVN

À Hanoï, Bùi Tuân Khanh, directeur du Centre de services et de soutien aux entreprises (Comité de gestion des zones de haute technologie et des zones industrielles de Hanoï), estime que l’utilisation efficace de l’énergie, le développement des énergies renouvelables et le renforcement des capacités de gestion énergétique permettent non seulement aux entreprises de réduire leurs coûts, mais aussi d’améliorer leur compétitivité et de répondre aux normes environnementales de plus en plus exigeantes des marchés internationaux.

Les défis technologiques et financiers

Toutefois, verdir les infrastructures énergétiques ne consiste pas simplement à accroître les investissements dans l’énergie solaire ou les systèmes BESS. Pour les usines fonctionnant en continu, l’énergie solaire est principalement produite durant la journée, alors que la consommation s’étend au jour comme à la nuit. Les BESS permettent de stocker l’électricité pour l’utiliser lorsque la production solaire est insuffisante, mais la mise en place de systèmes suffisamment importants pour répondre aux besoins sur de longues périodes nécessite des investissements considérables.

Une approche réaliste consiste donc à combiner le réseau électrique, les énergies renouvelables et les systèmes de stockage en fonction des caractéristiques de la demande, plutôt que de viser une autonomie énergétique totale. Cette solution permet à la fois de renforcer l’autonomie énergétique, de limiter les effets des interruptions d’approvisionnement et de maîtriser les besoins d’investissement.

Outre les technologies, le financement constitue également un frein à la transition verte. De nombreuses entreprises, notamment les petites et moyennes entreprises, rencontrent encore des difficultés pour accéder aux financements, aux technologies et aux solutions techniques adaptées.

Selon le Dr. Cân Van Luc, il est nécessaire de mettre en place un fonds de refinancement et des lignes de crédit vert à taux préférentiels afin d’encourager les entreprises à investir dans des projets verts. Il faut également remédier au manque d’harmonisation des critères environnementaux et à la complexité des procédures d’approbation, qui limitent actuellement l’accès des entreprises aux financements.

Des panneaux solaires sont installés sur certains sites industriels de la zone industrielle Deep C, à Hai Phong. 
Photo : VNA/CVN

Forte de son expérience sur le terrain, Diêp Thi Kim Hoàn, directrice du développement durable de la zone industrielle DEEP C à Hai Phong, indique que les entreprises implantées dans les zones industrielles disposent encore de peu d’informations sur les organismes proposant des financements verts. Certains fonds exigent une garantie bancaire ou n’acceptent pas certains types de garanties, ce qui rend difficile l’accès des projets de petite taille aux financements étrangers.

Pour que l’énergie verte devienne véritablement un avantage des zones industrielles, il faut donc lever simultanément les obstacles technologiques et financiers. L’harmonisation des critères verts, la simplification des procédures, la numérisation des processus de crédit ainsi que le renforcement des dispositifs de soutien en matière de fiscalité, de frais, d’assurance et de taux d’intérêt constituent autant de pistes à explorer. Il convient également d’étudier des mécanismes de garantie pour les crédits verts, des fonds de refinancement et la mobilisation de ressources internationales.

À long terme, le verdissement des infrastructures énergétiques permettra non seulement aux zones industrielles de répondre aux exigences environnementales, mais aussi d’améliorer la qualité des services et de réduire les risques énergétiques pour les entreprises. Alors que les normes environnementales sont de plus en plus liées aux conditions d’intégration aux chaînes d’approvisionnement, la capacité à fournir une électricité stable, flexible et verte constituera l’un des facteurs importants de la concurrence pour attirer de nouveaux investissements.

Xuân Lôc/CVN

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