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Lacunes et obstacles persistants
Selon la docteure Tô Thị Thùy Trang (Institut d'études sur le développement de Hô Chi Minh-Ville), le déploiement d'une agriculture à haute technologie constitue une orientation inéluctable face au changement climatique, aux pressions sur la sécurité alimentaire et aux exigences de rationalisation des ressources. Toutefois, la contribution du secteur agricole à la structure économique métropolitaine demeure très modeste. La part de l'agriculture, de la sylviculture et de la pêche s'établit à un niveau particulièrement bas, en adéquation avec les caractéristiques d'une métropole centrale connaissant une urbanisation soutenue. La valeur ajoutée du secteur dans le PIB régional (GRDP) est ainsi passée de 1,7% en 2015 à 1,5% en 2020, pour s'établir à 1,3% en 2025.
Parallèlement, la part des investissements consacrés au secteur agro-sylvo-halieutique dans la formation brute de capital fixe décroît régulièrement, demeurant disproportionnée au regard des enjeux stratégiques de la filière. Ce secteur peine à drainer les capitaux en raison d'une valeur ajoutée perçue comme limitée et d'une vulnérabilité accrue aux aléas climatiques et sanitaires. Cette situation s'explique également par un déficit d'incitations ciblées et de politiques préférentielles propres à capter les investissements directs étrangers (IDE) dans le domaine agricole.
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| Entretien d'orchidées à haute technologie dans une exploitation située à Củ Chi. |
| Photo: Truong Giang/CVN |
Au cours de la période 2021-2025, la métropole a mis en œuvre diverses politiques de soutien au développement agricole, mais les montants alloués sont demeurés modestes (s'élevant généralement de quelques dizaines à quelques centaines de millions de dôngs par bénéficiaire). En conséquence, la part des investissements injectés dans ce secteur au sein de la formation brute de capital fixe s'est érodée, passant de 0,65% en 2010 à seulement 0,46% en 2025.
Par ailleurs, la docteure Tô Thi Thùy Trang souligne que la structuration des partenariats au sein des chaînes de valeur de l'agriculture urbaine manque encore de diversité (se limitant principalement à des contrats d'écoulement), souffre d'un manque de rigidité (source de résiliations fréquentes), tout en restant restreinte en volume et d'une efficacité limitée. En outre, certains services liés à l'agriculture urbaine, bien qu'à forte valeur ajoutée et porteurs d'un réel avantage comparatif, demeurent insuffisamment valorisés : il en va ainsi de la sélection et de la fourniture de nouvelles semences et souches, du transfert de protocoles techniques et d'innovations à haute technologie, de l'agritourisme, ou encore des prestations vétérinaires et de soins aux animaux de compagnie.
Cette situation découle principalement de l'émiettement des structures de production, d'un déficit de professionnalisme dans la conduite des partenariats et d'un manque d'alignement stratégique et de partage équitable des bénéfices entre les parties prenantes. S'y ajoutent la lourdeur des démarches administratives ainsi que la complexité d'accès aux mécanismes d'incitation, en particulier en ce qui concerne la gestion et l'affectation du foncier agricole.
"Le goulot d'étranglement majeur réside dans la faiblesse des infrastructures logistiques et des chaînes du froid dédiées aux produits agricoles, notamment halieutiques. Par ailleurs, les exploitations familiales et les entreprises de l'agriculture à haute technologie se heurtent à de vives difficultés d'accès au crédit bancaire : la faible superficie et la fragmentation des parcelles limitent leurs garanties hypothécaires, ce qui freine considérablement les investissements dans les infrastructures fixes sur terres agricoles", souligne la docteure Tô Thi Thùy Trang.
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| Culture de champignons de termite noirs (Termitomyces) selon un procédé à haute technologie dans une ferme du quartier de Long Nguyên. |
| Photo: CTV/CVN |
Améliorer la qualité de la chaîne de valeur
Selon les experts, bien que Hô Chi Minh-Ville soit une métropole moderne de premier plan, le secteur agricole (agriculture, sylviculture et pêche) conserve un rôle cardinal dans la préservation de la sécurité alimentaire, le maintien des revenus ruraux et la sauvegarde de l'équilibre écologique urbain. Dès lors, l'agriculture métropolitaine doit impérativement axer ses efforts sur l'accroissement de sa productivité, de sa qualité et de sa compétitivité. La filière doit faire l'objet d'une restructuration fondée sur les atouts comparatifs de chaque bassin de production, en intensifiant l'intégration des hautes technologies, le déploiement de l'agriculture biologique, la réduction des émissions de carbone et l'adaptation aux mutations climatiques.
Le docteur Nguyên Huu Thi, président des sociétés Vinathis Holding et iSAM Holdings Management, estime que l'un des freins majeurs à l'orientation des flux de capitaux vers l'agriculture à haute technologie réside dans la fragmentation des structures de production, le déficit de gouvernance d'entreprise et un modèle d'affaires cantonné à la commercialisation de produits bruts, générateur de faibles marges bénéficiaires.
Partant de ce constat, le docteur Thi préconise l'émergence d'entreprises "noyaux" chargées de fédérer les exploitations familiales, les coopératives et l'ensemble des acteurs de la chaîne de valeur. Ces entreprises ancres joueraient un rôle de chefs d'orchestre : elles structureraient la production, piloteraient l'intégration technologique et la gestion financière, tout en faisant le lien avec les établissements bancaires, les fonds d'investissement, les experts et les marchés. Une telle dynamique reposerait sur la standardisation des protocoles, la montée en gamme de la qualité des produits et l'optimisation de la capacité d'absorption des capitaux à l'échelle de toute la filière.
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| Le Comité de gestion de la Zone agricole à haute technologie de Hô Chi Minh-Ville lors de la signature d'un accord de partenariat avec des partenaires sud-coréens (fin août 2026), visant à impulser le développement de la chaîne de valeur de l'agriculture à haute technologie de la métropole. |
| Photo: Truong Giang/CVN |
De son côté, Lee Gyu Taek, directeur du Jeonbuk Technopark (République de Corée), estime que la coopération dans l'agriculture hi-tech entre le Vietnam et la République de Corée doit franchir un palier supérieur, au lieu de se cantonner à un simple schéma d'achat-vente d'équipements et de machines. Les deux pays devraient coopérer pour implanter des fermes pilotes et des centres de validation conjoints à Hô Chi Minh-Ville. Une telle collaboration ouvrirait une nouvelle voie pour attirer les investissements dans le secteur agro-technologique : les investisseurs ne se contenteraient plus de fournir des capitaux et des équipements, mais s'engageraient conjointement dans la recherche, la production, la formation des ressources humaines, la valorisation de la marque et le développement commercial.
"Les technologies sud-coréennes dont la haute efficacité a déjà été éprouvée pourraient être intégrées à la production au Vietnam, en partenariat direct avec les entreprises locales. Parallèlement, les deux parties doivent coordonner leurs efforts pour former la main-d'œuvre à la conduite et à la maintenance des équipements. À long terme, nous pourrions bâtir des marques et des réseaux de distribution communs, non seulement pour consolider notre position sur le marché vietnamien, mais également pour conquérir ensemble le marché de l'ASEAN", a ajouté Lee Gyu Taek.
Selon Bùi Minh Thanh, vice-président du Comité populaire municipal, dans ce nouvel espace de développement, la métropole s'attache à passer d'une logique de simple production agricole à une véritable vision d'économie agricole intégrée. Dans ce paradigme, les technologies, l'écologie et les services s'articulent pour former un écosystème créateur de valeur. L'agriculture urbaine s'impose ainsi comme une composante essentielle de l'économie métropolitaine, axée sur la haute valeur ajoutée, l'intégration de hautes technologies, l'usage efficient des ressources et l'imbrication étroite de la production avec la transformation, la logistique, le commerce et l'écotourisme.
Dans un contexte d'intégration internationale renforcée et afin d'exploiter pleinement les opportunités propres à porter l'agriculture vers de nouveaux sommets, le Comité de gestion de la Zone agricole à haute technologie de Hô Chi Minh-Ville, de concert avec les directions et services concernés, doit établir un catalogue prioritaire de technologies, de produits et de projets à fort potentiel, tout en nouant proactivement le dialogue avec les entreprises et les investisseurs nationaux et internationaux.
"La ville ne se limite pas à lancer des appels à investissements projet par projet ; elle entend co-construire avec les investisseurs un véritable écosystème d'agriculture à haute technologie, au sein duquel les technologies s'intègrent directement au processus de production, les produits trouvent leurs débouchés sur les marchés et la valeur ajoutée se crée au cœur même de la métropole", a souligné Bùi Minh Thạnh.
Truong Giang/CVN





