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| Le déploiement de projets de captage, d’utilisation et de stockage du carbone apparaît comme un levier important pour permettre au Vietnam d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. |
| Photo : VNA/CVN |
Le déploiement de projets de captage, d’utilisation et de stockage du carbone (CCUS) apparaît comme un levier important pour permettre au Vietnam d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, alors que le pays accélère la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans les secteurs de l’énergie, de l’industrie et des déchets.
Cette orientation a été mise en avant lors d’un séminaire intitulé "Technologies de captage, d’utilisation et de stockage du CO₂ (CCUS) : des solutions pour accélérer la neutralité carbone au Vietnam", organisé le 27 octobre à Hanoï par le journal Nông nghiệp và Môi trường (Agriculture et Environnement), le Département du changement climatique et l’Institut du pétrole du Vietnam (VPI).
S’appuyant sur les analyses de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le Dr. Nguyên Huu Luong, expert du VPI, a rappelé que le doublement des capacités de captage, d’utilisation et de stockage du carbone constituait l’un des leviers nécessaires pour atteindre la neutralité carbone dès 2050, plutôt qu’en 2070.
Selon une étude conjointe du Groupe national de l’industrie et de l’énergie du Vietnam (Petrovietnam) et de l’Organisation japonaise pour la sécurité des métaux et de l’énergie (JOGMEC), le Vietnam dispose d’un potentiel géologique de stockage du CO₂ estimé à 71 milliards de tonnes, parmi les plus importants d’Asie du Sud-Est. Ce potentiel se répartit principalement entre le bassin du fleuve Rouge, avec 39 milliards de tonnes, celui de Nam Con Son, avec 22 milliards de tonnes, et celui de Cuu Long, avec 10 milliards de tonnes. Il pourrait notamment permettre de stocker plus d’un milliard de tonnes de CO₂ dans des gisements d’hydrocarbures épuisés.
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| Les délégués assistent au séminaire. |
| Photo : Vietnam+/CVN |
Sur le plan institutionnel, Ta Dinh Thi, vice-président de la Commission des sciences, des technologies et de l’environnement de l’Assemblée nationale, a souligné que la loi révisée sur le pétrole et le gaz intégrait désormais des dispositions relatives au CCUS, établissant ainsi une première base juridique pour le développement de cette filière dans le secteur énergétique.
De son côté, Darshil Korde, responsable du développement durable chez ISSPL Limited, a mis en avant le potentiel de la chaîne de valeur du CCUS dans les secteurs fortement émetteurs, notamment la cimenterie, la sidérurgie, l’industrie chimique, le raffinage et la pétrochimie, ainsi que la production d’électricité à partir de combustibles fossiles. Le développement progressif du marché national du carbone, dont le fonctionnement complet est attendu à partir de 2029, pourrait également favoriser le déploiement de ces technologies.
Les coûts d’investissement initiaux élevés et la faible rentabilité directe à court terme demeurent toutefois des obstacles majeurs. Les participants au séminaire ont ainsi appelé à un soutien accru de l’État et des partenaires internationaux.
Nguyên Tuân Quang, directeur du Département du changement climatique, a notamment insisté sur la nécessité de parachever le cadre réglementaire, de mettre en place un mécanisme rigoureux de mesure, de notification et de vérification (MRV), d’élaborer des normes techniques nationales et de prévoir des incitations fiscales ainsi que des mécanismes de financement susceptibles de mobiliser les capitaux privés.
Pour concrétiser cette orientation, les autorités envisagent d’intégrer officiellement le CCUS dans les contributions déterminées au niveau national (CDN) du Vietnam, sous réserve d’un soutien international.
Du point de vue industriel, Lê Van Nghi, président-directeur général de QIS Global, a préconisé de privilégier, dans un premier temps, des solutions technologiques modulaires de petite capacité, facilement intégrables aux infrastructures existantes. Cette approche permettrait de limiter les risques financiers et de vérifier la faisabilité technique avant d’envisager un déploiement à plus grande échelle.
VNA/CVN



