Dông Thap anticipe El Niño et accélère son projet de riz de haute qualité

Face aux aléas climatiques et aux exigences d’un développement agricole durable, la province de Dông Thap (Sud) déploie diverses stratégies d’adaptation au changement climatique. Elle s’attache notamment à garantir l’approvisionnement en eau pour les besoins quotidiens et agricoles, tout en accélérant le projet de production de riz de haute qualité à faibles émissions, conformément aux orientations du gouvernement.

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Le modèle de culture de riz de haute qualité à faibles émissions mis en œuvre à Dông Thap permet aux agriculteurs de réduire leurs coûts de production, de valoriser la filière rizicole et de s’orienter vers un développement durable.
Photo : NNMT/CVN

Le riz à faibles émissions change d’échelle

En tant que l’une des localités clés du Delta du Mékong participant au projet d’un million d’hectares de riz de haute qualité à faibles émissions, Dông Thap s’est engagée résolument dans sa mise en œuvre, avec une forte adhésion des agriculteurs.

Selon Lê Hà Luân, directeur du Service provincial de l’agriculture et de l’environnement, les premières phases pilotes ont permis de réduire considérablement les coûts de production, d’améliorer la qualité du riz et de favoriser progressivement l’émergence d’une marque de riz propre. La structuration de la chaîne de production selon les critères du projet attire les entreprises, qui peuvent ainsi s’approvisionner dans des zones de production répondant aux normes requises. De nombreuses localités, notamment Tân Hông, Hông Ngu, Tam Nông, Tràm Chim, Thap Muoi et Thanh Binh, ont demandé à rejoindre le dispositif.

Initialement, la province devait consacrer environ 25 000 hectares à ce projet. Or, pour la seule année 2025, la superficie concernée a atteint 75.000 ha. L’objectif est désormais de porter cette superficie à 100.000 ha d’ici à la fin de 2026. Lê Hà Luân souligne que l’application rigoureuse de techniques avancées permet aux agriculteurs de réduire leurs coûts et d’accroître leurs bénéfices sans dépendre entièrement des aides publiques.

La province entend désormais généraliser les pratiques agricoles à faibles émissions à l’ensemble de son territoire. Le recours au drainage intermittent, ainsi que la réduction de l’utilisation des engrais chimiques et des produits phytosanitaires, permettent aux agriculteurs de réaliser des économies tout en préservant l’écosystème des rizières. À terme, le respect de ce cahier des charges constituera une base essentielle pour assurer la traçabilité de la production, se préparer à la mesure, à la notification et à la vérification (MRV), accéder au marché des crédits carbone et renforcer la compétitivité du riz vietnamien sur les marchés internationaux.

El Niño : anticiper la sécheresse et l’intrusion saline

Dès juin 2026, le Comité populaire provincial a demandé au Service provincial de l’agriculture et de l’environnement de se coordonner avec les secteurs et les localités concernés afin d’anticiper les risques, d’évaluer leurs conséquences et d’élaborer un plan d’intervention détaillé.

Selon Lê Hà Luân, l’évolution de la situation sur le terrain correspond aux prévisions. Alors qu’El Niño devrait atteindre sa phase la plus sévère entre la fin de 2026 et le début de 2027, la province a élaboré un scénario reposant sur l’hypothèse d’une sécheresse extrême, comparable à celle qui avait accompagné l’épisode historique de sécheresse et d’intrusion saline de 2019-2020.

Dông Thap déploie de manière coordonnée des solutions hydrauliques, renforce ses capacités de stockage d’eau et modernise ses infrastructures d’approvisionnement en eau potable afin de mieux faire face aux phénomènes météorologiques extrêmes.
Photo : NNMT/CVN

Pour la campagne rizicole hiver-printemps 2026-2027, la province a cartographié les zones à risque et adapté le calendrier des semis. Dans les secteurs particulièrement exposés, tels que Go Công, Cho Gao et Tân Phu Dông, elle a décidé de suspendre certaines cultures ou d’avancer les semis, afin de les achever avant ou au cours du mois d’octobre et de permettre la récolte avant le pic d’intrusion saline attendu vers février 2027.

Parallèlement, les travaux hydrauliques sont menés de manière coordonnée. L’objectif est de stocker un maximum d’eau dans les canaux, les rigoles et les étangs intérieurs pendant la saison des pluies, afin de constituer des réserves pour la saison sèche. Dans les autres secteurs, le calendrier cultural sera maintenu, tout en étant ajusté en fonction de l’évolution des conditions météorologiques et hydrologiques.

L’approvisionnement en eau potable sous haute vigilance

Selon le Service provincial de l’agriculture et de l’environnement, la garantie de l’approvisionnement en eau potable constitue une priorité absolue. La province a chargé les unités spécialisées et les entreprises de distribution, notamment la Compagnie des eaux de Tiên Giang et BIWASE Dông Tâm, d’élaborer des plans techniques et d’organiser des points de distribution gratuite d’eau dans les zones vulnérables, en particulier en bout de réseau ou en amont des canaux.

En cas de pénurie d’eau brute, des points de distribution publics et des camions-citernes seront mobilisés afin de garantir l’approvisionnement de tous les foyers.

À plus long terme, conformément à la résolution du Congrès du Parti de la province, l’objectif est de permettre à l’ensemble de la population d’accéder à une eau salubre répondant aux normes du ministère de la Santé. La province examine actuellement la possibilité de réorganiser ou de remplacer les petites stations de traitement non conformes, au profit d’un réseau alimenté par de grandes usines de traitement des eaux de surface dotées de technologies modernes.

Pour attirer les investissements privés, Dông Thap mise sur trois leviers : encourager les grandes entreprises à reprendre, à intégrer ou à moderniser les petites stations isolées ; faciliter l’accès au foncier, simplifier les procédures d’investissement et favoriser les crédits préférentiels pour les projets d’usines de traitement des eaux de surface ; enfin, mettre en place un mécanisme tarifaire unifié permettant aux entreprises de couvrir leurs coûts de production et de renouvellement des équipements, tout en préservant la capacité de paiement des populations rurales.

Selon Lê Hà Luân, cette complémentarité entre les politiques publiques et l’amélioration de la qualité des services devrait favoriser l’engagement à long terme des investisseurs aux côtés de la province.

Les entreprises de construction procèdent actuellement à la pose du réseau interprovincial de transport d’eau brute.
Photo : TTO/CVN

Un projet interprovincial pour sécuriser les ressources en eau

Parmi les projets destinés à sécuriser l’approvisionnement en eau face aux risques liés à El Niño figure l’usine interprovinciale d’eau brute de Dông Thap - Tây Ninh - Vinh Long. Lorsque l’eau salée pénètre profondément dans les terres en remontant les principaux cours d’eau, cette infrastructure doit permettre de capter de l’eau douce en amont pour alimenter les stations de distribution ainsi que les parcs industriels de plusieurs provinces du Delta du Mékong.

Situé dans la commune de Kim Son et porté par la Sarl de l’eau brute DNP - Sông Tiền, le projet a été lancé le 24 octobre 2025. La première phase représente un investissement de plus de 1.820 milliards de dôngs, pour une capacité nominale de 300.000 m³ par jour. Elle comprend des stations de pompage principales et un réseau de transport d’environ 115 km de canalisations.

Selon Lê Trung Hai, directeur de l’entreprise, cette première phase prévoit la pose d’environ 70 km de canalisations, avec pour priorité l’approvisionnement des zones de Tiên Giang et de Long An. Après la finalisation des formalités juridiques, les travaux de construction des stations de pompage et des tronçons reliant la station de Dông Tâm à Tây Ninh ont été engagés simultanément à partir de juillet 2026.

À ce jour, près de 16 km de conduites ont été posés. L’entreprise vise une mise en service au premier trimestre 2027. Plusieurs entreprises implantées dans les parcs industriels de Tân Huong, de Long Giang et de Tân Phuoc N°1 ont déjà pris contact pour se renseigner sur le projet et faire connaître leurs besoins en eau.

Cette infrastructure devrait renforcer les capacités d’approvisionnement en eau brute et réduire la pression sur les réseaux de distribution existants lors des épisodes de sécheresse et d’intrusion saline. Sa contribution à la prochaine saison sèche dépendra toutefois du respect du calendrier des travaux et de la mise en exploitation effective des ouvrages.

À terme, le projet doit acheminer de l’eau douce non salée depuis le fleuve Tiên et le canal Nguyên Tân Thành vers les usines de traitement d’eau potable de Dông Thap, de Tây Ninh et de Vinh Long. Il devrait ainsi répondre aux besoins de plus de deux millions d’habitants, tout en approvisionnant les activités de production et les principaux parcs et pôles industriels de la région.

Truong Giang/CVN

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