Le riz à faibles émissions ouvre la voie à des exportations de riz à plus forte valeur ajoutée

Après deux ans de mise en œuvre du programme visant à développer un million d’hectares de riz de haute qualité à faibles émissions, la production rizicole du Delta du Mékong s’oriente vers des pratiques plus respectueuses de l’environnement, offrant ainsi des perspectives d’augmentation de la valeur des exportations de riz.

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Test d'une station de capteurs d'irrigation économe en eau dans le cadre du programme d’un million d’hectares de riz de haute qualité à faibles émissions. 
Photo : VNA/CVN

Le Premier ministre a approuvé, par la décision N°1490 du 27 novembre 2023, le projet intitulé "Développement durable d’un million d’hectares de riz spécialisé de haute qualité et à faibles émissions, associé à une croissance verte dans le delta du Mékong d’ici à 2030". Plus de deux ans après sa mise en œuvre, la réorganisation de la production le long des chaînes de valeur a enregistré plusieurs évolutions positives.

Selon le ministère de l’Agriculture et de l’Environnement, la superficie cultivée en riz de haute qualité et à faibles émissions a atteint environ 354.839 hectares, soit 197% de l’objectif fixé pour la phase initiale du projet.

Parallèlement à l’expansion des surfaces cultivées, les pratiques agricoles évoluent progressivement vers la réduction des émissions, l’augmentation de la valeur ajoutée et la protection de l’environnement. Les pratiques agricoles durables, telles que l’amélioration de la gestion de l’irrigation, l’utilisation appropriée des engrais et le traitement de la paille après récolte, sont de plus en plus répandues.

Dans le cadre de projets pilotes menés sous l’égide du ministère de l’Agriculture et de l’Environnement, la densité de semis a diminué d’environ 45%, l’utilisation d’engrais de 30% et le nombre de pulvérisations de pesticides de deux à trois fois par culture. La consommation d’eau d’irrigation a baissé d’environ 20% grâce à la méthode d’irrigation par alternance d’humidification et de dessiccation.

De ce fait, les rendements rizicoles ont augmenté d’environ 12%, les coûts des intrants ont chuté d’environ 40 % et les bénéfices des agriculteurs ont progressé en moyenne de 6 millions de dôngs par hectare et par culture. Les émissions de gaz à effet de serre ont également diminué d’environ 3 à 4 tonnes de CO₂ par hectare et par culture.

La mécanisation de la riziculture s’est par ailleurs rapidement développée. Sur les sites pilotes, la préparation des sols et la récolte sont entièrement mécanisées, tandis que les autres étapes font de plus en plus appel à des repiqueuses de riz, des semoirs en ligne et des drones.

Au total, 1.129 coopératives et groupements coopératifs et plus de 210 entreprises participent à ce programme. Environ 600 coopératives ont signé des accords de production et de consommation avec des entreprises, couvrant 60 à 70% de la superficie du programme.

Parallèlement à l’évolution des pratiques de production, des efforts sont déployés pour créer une marque de riz vert. L’Association vietnamienne de l’industrie rizicole a lancé le label "Riz vert vietnamien à faibles émissions".

Vers une marque de riz vietnamien plus écologique

À ce jour, la culture du riz sous ce label couvre plus de 18.000 hectares, ce qui correspond à une production d’environ 75.000 tonnes. Sur ce volume, 500 tonnes ont été exportées au Japon, l’un des marchés les plus exigeants au monde en matière de qualité alimentaire.

Lê Thanh Tùng, vice-président et secrétaire général de l’Association du secteur rizicole du Vietnam (VIETRISA), a déclaré qu’avec l’expansion continue des surfaces cultivées, la production de riz à faibles émissions pourrait doubler pour atteindre environ 150.000 tonnes dans les prochains mois.

"Réduire les émissions ne rend pas le riz plus savoureux, mais renforce assurément son image de marque. Un renforcement de cette image nationale améliorera également la compétitivité du riz vietnamien sur les marchés internationaux", a-t-il déclaré.

D’un point de vue international, le Dr Jongsoo Shin, directeur régional pour l’Asie à l’Institut international de recherche sur le riz (IRRI), a affirmé que le programme rizicole d’un million d’hectares figure parmi les politiques les plus novatrices et efficaces de la région de l’ASEAN.

Selon le responsable, le programme est passé du stade de l’idée à celui de résultats concrets sur le terrain, apportant des preuves scientifiques irréfutables de l’efficacité des modèles de production de riz à faibles émissions.

Le Delta du Mékong, grenier à riz du Vietnam. 
Photo : VNA/CVN

Malgré les opportunités de valorisation, le marché mondial du riz reste fluctuant. Au cours des deux premiers mois de 2026, le Vietnam a exporté environ 1,3 million de tonnes de riz, pour une valeur de 599,3 millions de dollars américains, soit une hausse de 5% en volume mais une baisse de 11,2% en valeur par rapport à la même période de l’année précédente.

Le prix moyen à l’exportation s’est établi à environ 464 dollars américains la tonne. Les Philippines sont restées le principal marché pour le riz vietnamien, représentant 47,6% des exportations, suivies par la Chine et le Ghana.

Lors d’une conférence de bilan des deux premières années de mise en œuvre du programme, qui s’est tenue le 8 mars, le ministre de l’Agriculture et de l’Environnement, Trân Duc Thang, a déclaré que cette initiative offrait une occasion importante de réorienter le secteur rizicole vietnamien vers une approche plus écologique, plus durable et plus respectueuse de l’environnement.

Selon le ministre, ce programme vise non seulement à accroître la productivité et les revenus des agriculteurs, mais aussi à contribuer à l’engagement pris par le Vietnam lors de la COP26 d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.

Toutefois, sa mise en œuvre se heurte encore à plusieurs obstacles, notamment l’insuffisance des infrastructures d’irrigation intra-parcellaires, les capacités limitées d’organisation de la production de certaines coopératives et le manque de ressources financières pour les modèles agricoles à faibles émissions.

Dans les prochains mois, les ministères, les secteurs et les collectivités locales ont été invités à intensifier leurs investissements dans les infrastructures d’irrigation, à développer les modèles agricoles durables, à renforcer les liens entre les entreprises, les coopératives et les agriculteurs, et à promouvoir le crédit vert pour la production de riz de haute qualité.

Le ministre Trân Duc Thang a déclaré que, mis en œuvre de manière coordonnée, ce programme de riziculture de haute qualité à faibles émissions, couvrant un million d’hectares, jettera les bases de la construction d’une marque de riz vietnamien verte, propre, de haute qualité et durable, renforçant ainsi la position du riz vietnamien sur le marché mondial.

VNA/CVN

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