La Turquie en quête de son patrimoine pillé

Zeynep Boz se souvient du moment où, au terme d'années d'efforts, s'est concrétisé sur un écran le retour en Turquie d'une statue antique figurant l'empereur romain Marc Aurèle.

>> La Turquie découvre et reproduit un pain vieux de 5.000 ans

>> Le musée de Brooklyn consacre une exposition inédite à Monet et Venise

>> L'Égypte inaugure avec faste son Grand musée dédié à la civilisation pharaonique

Au musée archéologique d'Istanbul (Turquie), le 5 février.  
Photo : AFP/VNA/CVN

"L'ordinateur a analysé les données et nous avons vu que tout correspondait. Nous débordions d'enthousiasme", explique la directrice du département chargé de la lutte contre le trafic de biens culturels au ministère turc de la Culture.

Le retour l'été dernier de cette statue de bronze, sortie clandestinement de l'ancienne cité de Boubon (Sud de la Turquie) dans les années 1960 pour finir dans un musée de Cleveland (États-Unis), fut largement célébré par les autorités turques qui, sur l'année 2025, ont obtenu le rapatriement de 180 objets issus du patrimoine pillé du pays.

Le fait que cette statue - bien que privée de tête - ait survécu est exceptionnel : dans l'Antiquité, le bronze, précieux, était couramment fondu pour fabriquer armes, pièces de monnaie ou objets du quotidien. "C'est pourquoi les statues en bronze de cette taille conservées jusqu'à aujourd'hui sont rares", souligne Mme Boz.

IA à l'appui

Pendant des années, le musée d'art de Cleveland, qui détenait l'antiquité, a rechigné à la rendre, jugeant trop minces les preuves de son origine, affirme Mme Boz.

Mais la situation s'est décantée après qu'un expert en archéométrie a conclu, échantillons de sol et de plomb à l'appui, qu'il ne faisait "absolument aucun doute" que la statue provenait de Boubon, où un sanctuaire impérial abritait des sculptures en bronze d'empereurs romains.

"Ce fut un long combat (...) et nous avons gagné", s'est félicité le ministre de la Culture et du Tourisme, Mehmet Nuri Ersoy, en se targuant d'avoir "ramené l'+Empereur philosophe+ Marc Aurèle sur la terre qui lui appartient".

Début mars, un outil utilisant l'intelligence artificielle développé par la Turquie a permis le retour de deux carreaux de céramique d'Iznik du XVIe siècle qu'il avait identifiés sur le site internet d'une salle d'enchères britannique.

Cet outil baptisé TraceART, opérationnel depuis 2025, a permis d'identifier plusieurs centaines d'objets appartenant à la Turquie, selon Mme Boz.

AFP/VNA/CVN

Rédactrice en chef : Nguyễn Hồng Nga

Adresse : 79, rue Ly Thuong Kiêt, Hanoï, Vietnam

Permis de publication : 25/GP-BTTTT

Tél : (+84) 24 38 25 20 96

E-mail : courrier@vnanet.vn, courrier.cvn@gmail.com

back to top