La France rejoint le radiotélescope géant SKAO

La France est devenue le 14e État membre du futur observatoire Square Kilometre Array (SKAO), un radiotélescope géant appelé à révolutionner l'astronomie, a annoncé jeudi 4 juin le ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Espace.

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La Voie lactée vue depuis le désert du Néguev, au Sud d'Israël, en août 2023. 
Photo : AFP/VNA/CVN

Le SKAO a pour vocation d'observer l'Univers dans la gamme des ondes radio, invisibles à l'œil nu, à l'aide de deux installations colossales en cours de construction, en Afrique du Sud et en Australie.

Emmanuel Macron avait annoncé en 2021 l'intention de la France de rejoindre le projet, dont les autres membres sont l'Australie, la Chine, l'Inde, le Canada, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas, le Portugal, l'Afrique du Sud, l'Espagne, la Suède, la Suisse et le Royaume-Uni.

"Outre un héritage national d'excellence en astronomie qui s'étend sur plusieurs siècles, l'expertise des institutions françaises en calcul intensif au service des grands projets scientifiques fait de la France un partenaire inestimable, alors que le SKAO progresse vers ses premières opérations scientifiques dans les prochains mois", souligne Filippo Zerbi, président du conseil du SKAO, cité dans le communiqué.

Les installations su SKAO couvriront deux gammes de fréquences différentes: SKA-Mid sera constitué d'un réseau de 197 antennes paraboliques classiques dans la région du Karoo (Afrique du Sud), tandis que SKA-Low rassemblera 131.072 antennes plus petites en forme d'arbres en Australie Occidentale.

Les réseaux s'étendront sur de vastes distances : les antennes les plus éloignées seront séparées de 150 km en Afrique du Sud et de 74 km en Australie, précise le SKAO sur son site.

Grâce à des technologies de pointe, dont certains des supercalculateurs les plus rapides au monde, ils permettront d'étudier l'Univers avec une précision exceptionnelle: révéler le fonctionnement interne des galaxies, mieux comprendre les environnements extrêmes autour des trous noirs, suivre le parcours des ondes gravitationnelles....

Avec le SKAO, dont l'exploitation scientifique complète devrait intervenir à l'horizon 2030, on "va faire un saut extrême" par rapport aux radiotélescopes actuels, se réjouit auprès de l'AFP Benjamin Magnelli, astrophysicien au département d'astrophysique du CEA Paris-Saclay.

"On va pouvoir détecter des sources extra-galactiques ou galactiques jusqu'à 10 fois, 100 fois plus faibles que ce qu'on peut faire" actuellement et ce avec "une précision d'image presque 5 à 10 fois meilleure que les observations actuelles", explique le chercheur.

"Ça va révolutionner tous les pans de l'astrophysique: l'étude des astres, en particulier le Soleil, les étoiles un peu plus lointaines, notre galaxie, et jusqu'à l'aube cosmique, c'est-à-dire les premières centaines de millions d'années de vie de l'Univers", poursuit-il.

La coordination nationale des activités SKA en France est assurée par SKA-France, qui réunit le CNRS, l'Inria, le CEA, l'Observatoire de la Côte d'Azur, l'Observatoire de Paris-PSL, l'Université de Bordeaux, l'Université d'Orléans, l'Université Paris-Saclay et l'Université de Strasbourg.

AFP/VNA/CVN

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