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| Photo : VNA/CVN |
Cette proposition a été formulée par des chercheurs, des experts et des représentants de start-up lors du Forum mondial de l'innovation du Vietnam (VGIC 2026), organisé fin juillet à Hô Chi Minh-Ville.
Lors de la session intitulée "La situation technologique au Vietnam", le Professeur associé Pham Trân Vu, vice-recteur de l'Université de technologie de Hô Chi Minh-Ville (relevant de l'Université nationale de Hô Chi Minh-Ville), a estimé que, depuis de nombreuses années, le Vietnam s'interroge sur sa capacité à former suffisamment de ressources humaines pour les secteurs des technologies émergentes. Pourtant, selon lui, cette question ne constitue pas le véritable problème.
À titre d'exemple, il a cité les nouvelles filières, notamment celle consacrée à la conception de circuits intégrés, qui ont attiré un grand nombre de candidats dès leur ouverture, avec des seuils d'admission parmi les plus élevés. Cette situation montre, selon lui, que "les jeunes Vietnamiens manifestent un vif intérêt pour les technologies émergentes et sont capables de les maîtriser rapidement".
"Le problème n'est pas le manque de ressources humaines, mais la manière dont nous les mobilisons", a-t-il déclaré. À ses yeux, la véritable force d'un pays ne réside pas seulement dans sa capacité à créer des technologies, mais aussi dans son aptitude à les absorber et à les intégrer dans la vie quotidienne. Faute d'applications concrètes, les investissements consacrés à la recherche et à la formation risquent de perdre une grande partie de leur valeur.
Il a ainsi proposé que le Vietnam devienne un "pays d'expérimentation technologique", où les entreprises, les start-up et les équipes de recherche pourraient tester rapidement leurs innovations et les transformer en applications concrètes. Une telle approche suppose également d'accepter aussi bien les réussites que les échecs. Selon lui, il suffirait qu'une faible proportion de ces initiatives aboutisse pour faire émerger de nouveaux moteurs de croissance.
Développer des plateformes nationales d'IA
Partageant cette analyse, Darren Pham, directeur de la recherche et développement (R&D) de Nvidia Vietnam, a estimé que le principal atout du Vietnam réside dans la qualité de ses ressources humaines. L'implantation de centres de recherche par plusieurs grands groupes technologiques, tels que Nvidia et Qualcomm, témoigne selon lui du niveau élevé des ingénieurs vietnamiens.
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| Les experts apprécient le niveau élevé des ingénieurs vietnamiens. |
| Photo : VNA/CVN |
Le principal goulet d'étranglement réside toutefois dans l'absence d'une infrastructure nationale de calcul à grande échelle. Aujourd'hui, la plupart des start-up et des équipes de recherche spécialisées dans l'intelligence artificielle sont contraintes de développer leurs produits à partir de plateformes de cloud computing situées à l'étranger. À l'inverse, des pays comme Singapour disposent déjà de centres nationaux de calcul intensif (supercalculateurs) au service de la recherche, de l'innovation et des entreprises.
"Si le Vietnam veut devenir une nation intelligente, il doit se doter d'une infrastructure nationale de calcul capable de soutenir le développement de plateformes d'intelligence artificielle", a-t-il affirmé.
Le Dr. Trân Van Xuân, président de la start-up spécialisée dans les neurotechnologies Brain-Life, estime pour sa part que la principale difficulté des entreprises technologiques ne réside plus dans la recherche, mais dans la commercialisation de leurs produits. Il souhaite que les organismes publics, notamment dans les secteurs de la santé, de l'éducation et des transports, deviennent les premiers utilisateurs de ces solutions afin de permettre aux start-up de valider leurs technologies dans des conditions réelles.
"Les entreprises doivent sans cesse démontrer que leurs produits sont sûrs. Mais si elles ne sont pas autorisées à les expérimenter, elles ne pourront jamais en apporter la preuve", a-t-il souligné.
Nguyên Tu Quang, directeur général de Bkav, estime également que le Vietnam possède tous les atouts pour devenir une puissance technologique. Il rappelle que de nombreux scientifiques et ingénieurs vietnamiens occupent des postes clés au sein de grandes entreprises internationales et ont contribué au développement de technologies de portée mondiale.
Selon lui, le principal défi ne réside ni dans les compétences humaines ni dans la maîtrise des technologies, mais dans l'environnement de développement. Il plaide ainsi pour la mise en place d'un écosystème concurrentiel sain, dans lequel l'État jouerait un rôle de stratège et de facilitateur, tandis que les entreprises pourraient innover et rivaliser librement dans le respect du cadre juridique.
Vân Anh/CVN




