>> Le Vietnam renforce sa position internationale grâce à la science et à l’innovation
>> Résolution N°57 : bases solides pour une nouvelle phase de développement
![]() |
| L’application de la science et de la technologie constitue une solution efficace pour la gestion et la protection des ressources marines. |
| Photos : VNA/CVN |
Ces aires marines protégées constituent des espaces privilégiés pour la conservation des espèces, des ressources génétiques et de la biodiversité, le développement économique et touristique, ainsi que pour la recherche scientifique.
Pour les États maritimes, les aires marines protégées jouent un rôle particulièrement important dans le développement durable, en contribuant à la reconstitution des ressources halieutiques, notamment des espèces à forte valeur économique, rares, menacées d’extinction ou endémiques. Depuis de nombreuses années, plusieurs pays ont mis en œuvre diverses solutions afin de renforcer la gestion, la protection, la conservation et la régénération des aires existantes ; de créer de nouvelles aires ou d’élargir celles présentant une valeur élevée ; de définir des zones interdites ou soumises à des restrictions d’exploitation ; et d’associer étroitement les missions de conservation au développement économique et au tourisme maritime.
Nouvelle approche de gestion
Avec les progrès de la science et de la technologie, la gestion et la conservation des aires marines protégées gagnent en efficacité. À l’échelle mondiale, les technologies couramment appliquées incluent les SIG (systèmes d’information géographique), la télédétection, l’IoT (Internet des objets), les capteurs environnementaux, l’intelligence artificielle, l’analyse des mégadonnées (Big Data), ainsi que les drones et les caméras de surveillance maritime. Ces technologies permettent une observation globale et ciblée des zones maritimes, des espèces aquatiques et des sites balisés en temps réel, tout en soutenant la prise de décision et en renforçant la transparence et l’efficacité de l’action publique.
Au Vietnam, en 2024, le Premier ministre a promulgué la Décision N°1539 du 10 décembre 2024, approuvant le projet d’extension et de création de nouvelles aires marines protégées, de zones de protection des ressources halieutiques et de restauration des écosystèmes à l’horizon 2030. Selon ce projet, la superficie maritime placée sous zonage atteindra environ 442.000 ha, soit 0,44% de la superficie maritime naturelle du pays. Outre l’extension et la restauration des aires existantes, le projet vise également à gérer et protéger les ressources halieutiques dans certaines zones maritimes à des périodes déterminées, représentant environ 6% de la superficie maritime nationale.
![]() |
| Il est nécessaire d'adopter un plan de protection et d’exploitation des ressources halieutiques. |
| Photo : VNA/CVN |
La pollution marine, le changement climatique, l’élévation des températures, la surexploitation, l’invasion d’espèces exotiques, ainsi que des activités économiques et touristiques insuffisamment contrôlées rendent de plus en plus urgente la gestion et la protection des aires marines protégées au Vietnam.
Selon Nguyên Hông Hai, vice-directeur général du Département des mers et des îles du Vietnam, le développement et l’application des sciences et technologies marines constituent l’un des axes stratégiques majeurs définis par la Résolution N° 36 sur la stratégie de développement durable de l’économie maritime du Vietnam à l’horizon 2030, avec une vision jusqu’en 2045. La transition d’un modèle traditionnel d’exploitation des ressources vers une économie maritime verte et circulaire ne peut réussir sans technologies de pointe ni une approche moderne de la gestion. En 2023, le gouvernement a ainsi chargé les ministères, secteurs et collectivités locales de mettre en œuvre des solutions coordonnées pour une gestion plus efficace des aires marines protégées, tout en adoptant un plan de protection et d’exploitation des ressources halieutiques couvrant 59 zones protégées et 63 zones à exploitation limitée.
Nécessité d’une stratégie globale
Malgré les efforts déployés, la gestion et la conservation de vastes aires marines protégées demeurent confrontées à de nombreuses limites. La pêche illégale reste répandue ; certaines activités économiques et touristiques portent atteinte à l’environnement marin et aux habitats des espèces ; le changement climatique mondial et les déchets plastiques océaniques constituent des menaces croissantes pour la biodiversité marine du Vietnam.
![]() |
| La protection et la restauration de la biodiversité dans les aires marines protégées constituent un pilier de l’économie verte et du développement durable. |
| Photos : VNA/CVN |
La Décision N°1539 définit plusieurs groupes de solutions prioritaires, dont l’investissement et le déploiement d’applications scientifiques et technologiques dans la gestion, la conservation et la restauration des écosystèmes marins, ainsi que la prévention des risques pesant sur les organismes vivants. Toutefois, ces solutions n’ont pas encore été mises en œuvre de manière réellement efficace.
D’après la Docteure Pham Thi Thùy Linh, de l’Institut des sciences de l’environnement marin et insulaire (relevant du ministère des Ressources naturelles et de l’Environnement), l’efficacité limitée de la gestion des aires marines protégées s’explique en partie par une application insuffisante des solutions technologiques. Les études montrent que peu d’aires utilisent des technologies modernes et que, lorsque c’est le cas, leur mise en œuvre reste fragmentée, peu coordonnée et dépourvue de mécanismes de contrôle intégrés. Les causes résident dans des investissements dispersés, un manque de financements, l’insuffisance de coordination intersectorielle, l’absence de technologies stratégiques, la pénurie de ressources humaines qualifiées, ainsi qu’un déficit de pilotage et de stratégie d’investissement globale du niveau central au niveau local.
Ainsi, parallèlement aux réformes institutionnelles, aux politiques publiques et aux mécanismes de coordination, il est indispensable de déployer de manière cohérente des solutions fondées sur la science et la technologie. La Docteure Pham Thi Thùy Linh recommande l’élaboration de stratégies de transformation numérique pour les aires marines protégées, l’investissement dans des technologies clés, la formation de ressources humaines de haute qualité, la construction de normes nationales de données, ainsi que de mécanismes de partage, d’interconnexion et d’alerte précoce. Elle préconise également la mise en place de cadres favorisant les partenariats public-privé, la coopération internationale et les liens entre science, économie et communautés locales.
La gestion, la conservation, la protection et la restauration de la biodiversité dans les aires marines protégées constituent un pilier de l’économie verte et du développement durable, non seulement pour le Vietnam mais aussi pour l’ensemble des nations maritimes. Les résultats obtenus par des pays développés tels que le Japon, la Norvège, la Finlande, le Royaume-Uni, les États-Unis ou le Canada démontrent le rôle déterminant de l’application des sciences et technologies. Cela souligne l’impérieuse nécessité pour le Vietnam d’élaborer et de mettre en œuvre une stratégie globale en matière de sciences et technologies au service de ses aires marines protégées.
Nguyên Thành/CVN






