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| Depuis 2014, près de 620 ha ont été plantés ou régénérés sur les terres nues relevant du périmètre du Parc national de Tà Đùng. |
| Photo : CTV/CVN |
Au milieu de l’immense massif de Tà Đùng, de vastes étendues de verdure tapissent les versants des montagnes. Ce paysage cache pourtant un travail de longue haleine : restaurer des zones dont la couverture boisée s’était amenuisée, une tâche menée main dans la main par les gestionnaires et les populations installées en lisière du parc.
Le “pacte vert” villageois
Selon le comité de gestion du Parc national de Tà Đùng, près de 620 ha ont été plantés ou régénérés depuis 2014 sur les terres nues relevant de son périmètre. Sur la seule période 2024-2025, quelque 32.500 arbres ont été plantés dans les secteurs appauvris, autour du siège de l’établissement, le long de la Nationale 28, sur des terrains publics, en bordure des routes, dans les écoles ainsi que dans les villages de la zone tampon.
En 2025, le parc s’est associé à la JOY Foundation pour organiser des campagnes de plantation et d’enrichissement forestier, mobilisant près de 400 bénévoles. Plus de 16.000 plants d’essences telles que Giáng hương (Pterocarpus macrocarpus), Giổi xanh (Michelia mediocris), Sao đen (Hopea odorata), Sấu rừng (Dracontomelon sp.) ou pin de Khasi (Pinus kesiya), ont été mis en terre dans les zones à réhabiliter.
Mais planter n’est qu’un point de départ. Pour que les jeunes pousses deviennent un jour une forêt, l’entretien, les patrouilles et la surveillance jouent un rôle tout aussi déterminant. Dans le hameau de B’Tông, commune de Tà Đùng, le patriarche K’Hô parcourt depuis des années les parcelles avec ses voisins pour les inspecter, les soigner et les protéger. Il y a plus de douze ans, lorsque les espaces dégarnis ont dû être restaurés, il a convaincu la population de reboiser avec des espèces locales comme sao (Hopea spp.), dầu, un diptérocarpe (Dipterocarpus spp.), pin de Khasi ou gáo (Neolamarckia cadamba).
“Cela fait douze ou treize ans que les responsables de la conservation nous ont encouragés à replanter. Cette forêt, je l’ai plantée de mes propres mains. Notre communauté a le devoir de la protéger pour les générations futures”, confie-t-il.
Au-delà de son engagement sur le terrain, l’ancien sensibilise les villageois lors des réunions du village, des mariages et des rassemblements communautaires, rappelant la valeur des arbres et la nécessité de préserver ce bien commun. Grâce à sa persévérance, le flambeau se transmet progressivement aux plus jeunes.
Entre 2021 et 2025, le comité de gestion a confié par contrat la protection de plus de 3.000 ha de forêt naturelle à 148 foyers, répartis en 14 groupes. Ces familles ont effectué, aux côtés des agents du parc, des milliers de tournées d’inspection.
Protection et reboisement
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| Gestionnaires et populations locales sont main dans la main pour régénérer et préserver la forêt. |
| Photo : CTV/CVN |
En mai dernier, le comité a dressé le bilan de ce dispositif de contractualisation et tracé les orientations pour 2026-2030. L’objectif ne se limite pas à maintenir la superficie boisée existante : il s’agit aussi de développer des modèles de subsistance et de générer de nouveaux revenus, afin que les habitants restent des partenaires durables de la préservation.
Le plan 2026-2030 prévoit d’attribuer environ 2.000 ha de forêt à usage spécial, situés dans la sous-zone de restauration écologique, à 86 foyers organisés en 8 groupes. Il vise également à conserver l’écosystème, maintenir la biodiversité, prévenir et combattre les incendies, rémunérer les services environnementaux forestiers et renforcer l’implication de la communauté.
Parallèlement, début juin 2026, le parc a achevé le financement de 33 équipements dans autant de villages de la zone tampon, pour un montant total de 1,65 milliard de dôngs. Il s’agit principalement de réseaux d’éclairage public à énergie solaire.
Selon Khương Thanh Long, directeur du comité de gestion du Parc national de Tà Đùng, ce soutien vise à améliorer les conditions de vie, tout en réduisant la pression sur les ressources forestières et en favorisant la participation des riverains.
“La gestion et la protection des forêts ne sont efficaces qu’avec l’adhésion et l’engagement des habitants de la zone tampon”, souligne-t-il.
Protéger ces espaces ne se résume pas aux patrouilles ou aux campagnes de plantation. À Tà Đùng, des mesures de prévention des incendies et de sécurisation des ressources en eau ont aussi été déployées pour consolider les acquis de la restauration.
En janvier 2026, le parc a réceptionné un réservoir destiné à la lutte contre les feux de forêt. D’une superficie d’environ 1.200 m², il peut contenir plus de 2.700 m³ d’eau, une réserve précieuse lors des périodes où le risque d’incendie s’accroît.
Des semis mis en terre aux tournées villageoises, en passant par les infrastructures anti-incendie, ces actions forment une chaîne cohérente au service de la restauration et de la protection du massif. Ici, le reboisement n’est qu’une première étape : ce sont l’entretien et la vigilance qui permettent aux jeunes plants de devenir de véritables forêts.
Près de 620 ha régénérés depuis 2014, près de 32.500 arbres plantés en deux ans : ces chiffres témoignent d’un effort au long cours, dans lequel la population locale s’implique toujours davantage.
Hương Linh - TP/CVN




