La transformation numérique pour une gestion durable de l'eau

Dans le cadre du salon Vietwater 2026, la conférence internationale "Transformation numérique : des solutions concrètes pour une gouvernance intelligente de l'eau" s'est tenue le 4 novembre au Centre des foires et expositions internationales de Saïgon (SECC).

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Organisée sous la direction de l'Institut des ressources en eau et de l'environnement d'Asie du Sud-Est, en partenariat avec Informa Markets Vietnam, elle a réuni des experts, des scientifiques ainsi que des représentants d'associations du secteur de l'eau du Vietnam, de la région et de l'étranger. Les échanges ont porté sur la transformation numérique, la constitution de bases de données sectorielles, la gestion de l'eau en milieu urbain et agricole, sans oublier les systèmes hydrauliques adaptés aux défis du changement climatique.

Dans son intervention consacrée aux enjeux et aux solutions pour une gouvernance durable des ressources en eau au Vietnam, Nguyên Van Nghia, chef du Service du bassin du fleuve du Sud-Est de la Direction de la gestion des ressources en eau, a présenté plusieurs chiffres significatifs. Le pays compte environ 3.450 cours d'eau d'une longueur d'au moins 10 km, pour un débit de surface moyen estimé à 844 milliards de m³ par an. Près de 60% de ce volume provient toutefois de l'étranger. Sa répartition s'avère en outre très inégale : 60 à 80% du débit annuel se concentrent sur trois à cinq mois de crue, tandis que la saison sèche s'étire sur sept à neuf mois.

Le pays compte environ 3.450 cours d'eau d'une longueur d'au moins 10 km, représentant un débit de surface moyen d'environ 844 milliards de mètres cubes par an.

La demande, quant à elle, progresse régulièrement. Elle s'établit aujourd'hui à quelque 117 milliards mètres cubes de  par an, dont environ 86% destinés à l'agriculture, et pourrait atteindre 131,7 milliards de mètres cubes à l'horizon 2050. L'efficacité de l'utilisation de l'eau demeure faible : le Vietnam génère environ 4,2 dollars de PIB par mètre cube, contre une moyenne mondiale de 19,42 dollars. Les experts ont dès lors insisté sur la nécessité d'évoluer d'une simple logique de "gestion" vers une véritable "gouvernance", en combinant instruments administratifs, leviers économiques et innovations numériques.

Données, prévisions et outils d'aide à la décision

Selon les orientations présentées, la transformation numérique doit s'appuyer sur une chaîne d'action continue : observation, surveillance, constitution de bases de données, prévision et aide à la décision. Une base de données nationale unifiée sur les ressources en eau en constitue le socle fondamental. Parmi les mesures évoquées figurent l'extension du réseau de stations d'observation automatiques, le suivi en ligne des prélèvements, le recours aux modèles de prévision et à l'intelligence artificielle (IA), ainsi que le déploiement de systèmes d'aide à la décision (DSS) pour la régulation hydrique et l'exploitation coordonnée des réservoirs.

Les chantiers prioritaires englobent l'aboutissement de l'inventaire national des ressources en eau, la cartographie en temps réel des risques de sécheresse et de pénurie, ainsi que le renforcement du suivi de l'exploitation des réservoirs et du respect des débits minimaux. M. Nghia a précisé que la transformation numérique globale était érigée au rang de priorité absolue, avec pour objectif une régulation et une répartition optimale de l'eau en temps réel à l'échelle des bassins fluviaux. D'après le rapport présenté, le ministère de l'Agriculture et de l'Environnement a d'ores et déjà publié des scénarios de ressources en eau pour 8 des 13 grands bassins du pays, couvrant 61 zones et sous-bassins tout comme 30 grands réservoirs.

Différentes technologies de traitement des eaux exposées lors du Salon Vietwater 2026, qui se tient du 4 au 6 novembre à Hô Chi Minh-Ville.

Cadre institutionnel et leviers économiques

Au-delà du volet technologique, la conférence a mis en exergue l'urgence de perfectionner le cadre institutionnel et la coordination intersectorielle. Cela implique de parachever la planification intégrée des bassins fluviaux, de réviser les procédures d'exploitation concertée des réservoirs et d'accentuer la concertation entre ministères, secteurs et collectivités locales. Une autre orientation majeure consiste à valoriser l'eau à sa juste valeur, en tenant compte de sa rareté, de son coût d'opportunité et de son impact environnemental, à travers l'amélioration des mécanismes de tarification, des redevances, des droits de prélèvement et de la comptabilité des ressources hydriques.

La réutilisation et le recyclage de l'eau, la réduction des fuites dans les réseaux et la restauration des ressources dégradées ou polluées ont également été placés au cœur des priorités. Enfin, près de 60% des eaux de surface provenant de l'extérieur du territoire national, la coopération internationale sur les bassins transfrontaliers, depuis le partage de données jusqu'à la surveillance et aux prévisions conjointes, s'avère particulièrement indispensable.

Texte et photos : Truong Giang/CVN

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