Wall Street ne cède pas à la panique face à la tension au Moyen-Orient

La Bourse de New York a terminé en ordre dispersé lundi 2 mars, résistant au mouvement de baisse qui a entraîné la plupart des autres places boursières face aux risques économiques posés par la tension au Moyen-Orient.

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Un opérateur à la Bourse de New York, le 26 janvier. 
Photo : AFP/VNA/CVN

Le Dow Jones a cédé 0,15%, l'indice Nasdaq a pris 0,36% et l'indice élargi S&P 500 est resté stable (+0,04%). Selon Angelo Kourkafas, analyste d'Edward Jones, "au cours des 15 dernières années, les investisseurs (américains, ndlr) ont été conditionnés à ne pas réagir de manière excessive à ces gros titres géopolitiques."

La place américaine a ouvert en recul de plus de 1%, avant de se reprendre. Elle n'a pas semblé s'inquiéter outre mesure de la flambée des prix de l'énergie.

"L'économie américaine dispose désormais d'un peu plus de flexibilité" par rapport aux autres pays car les États-Unis "sont devenus un exportateur net de produits pétroliers", relève M. Kourkafas.

Le secteur pétrolier a d'ailleurs terminé en hausse, Chevron s'octroyant 1,47% et ExxonMobil 1,11%.

"Bien sûr, il existe de nombreuses incertitudes, tout dépendra de la durée" de la tension et d'à quel point le détroit d'Ormuz, passage central pour les exportations d'hydrocarbures du Moyen-Orient, reste paralysé, souligne l'analyste.

Selon lui, "l'hypothèse principale du marché" est une baisse des prix du pétrole à court terme, une fois les premières inquiétudes évacuées. Pour Jose Torres, d'Interactive Brokers, "le calendrier économique du matin a quelque peu favorisé un rebond" des indices.

Les investisseurs ont notamment accueilli une activité manufacturière du mois de février en recul moins prononcé qu'attendu, selon l'indice ISM. En revanche, le marché obligataire a été plus largement chamboulé par le conflit au Moyen-Orient.

"Il y a assez certainement l'hypothèse d'une hausse de l'inflation et certaines inquiétudes quant à ce que cela signifie pour la trajectoire de la Fed", la banque centrale américaine, estime Angelo Kourkafas.

Le rendement des emprunts de l'État américain à 10 ans se tendait nettement par rapport à la clôture vendredi 27 février, à 4,04% vers 21h20 GMT contre 3,94%. Celui à deux ans, plus sensible à la conjoncture économique, progressait aussi, à 3,48% contre 3,38%.

Ailleurs à la cote, le secteur de la défense a été porté par la perspective de nouveaux contrats. Les États-Unis ont de loin le budget militaire le plus élevé au monde, d'environ 1.500 milliards de dollars.

"Et une part importante des dépenses européennes en matière de défense est finalement versée à des entrepreneurs américains du secteur", relève Tony Bancroft, de Gabelli Funds. Lockheed Martin a pris 3,37%, RTX 4,71% et Northrop Grumman a bondi de 6,02%.

Le groupe d'analyse de données Palantir a suivi le même mouvement, gagnant 5,81%. L'entreprise a signé de larges contrats avec Washington, en particulier pour le domaine militaire, qui ont représenté plus de 40% de son chiffre d'affaires lors du dernier trimestre 2025.

"Les investisseurs ont fait le pari d'un rôle accru dans la défense pour l'entreprise technologique", relève David Morrison, de Trade Nation.

Le producteur américain d'électricité AES a plongé de 17,77% à 14,21 dollars après l'annonce de son rachat par un consortium d'investisseurs mené par les fonds d'investissement BlackRock et EQT. L'opération valorisera AES près de 11 milliards de dollars, soit un petit plus que sa capitalisation boursière.

AFP/VNA/CVN


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