Vi Khê : le bonsaï au service de l’écotourisme

Réputé pour ses arbres d’ornement précieux, le village de Vi Khê diversifie désormais ses activités horticoles après sa fusion avec d’autres localités. Cette évolution stimule l’essor de l’agrotourisme, assurant ainsi une croissance économique durable dans la province de Ninh Binh (Nord).

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Le village de Vi Khê est célèbre pour ses bonsaïs valant des milliards de dôngs.
Photo : VNA/CVN

Selon certaines annales historiques, en 1211, un mandarin de la dynastie des Ly (1009 - 1225) fut nommé administrateur de la région de Son Nam. Constatant la fertilité et la richesse des terres alluviales de Gia Trang (aujourd’hui le village de Vi Khê), il encouragea et transmit aux villageois locaux les techniques d’horticulture, en faisant de cette activité un moyen de subsistance durable. En 1225, le village horticole de Vi Khê fut choisi pour fournir des arbres rares et précieux à la cour royale des Trân (1225 - 1400). Depuis lors, l’art arboricole du village n’a cessé de prospérer, devenant la principale source de revenus des habitants.

Oeuvres végétales de haute valeur

En parcourant le village, on remarque que chaque foyer cultive des plantes ornementales : des petits arbres destinés à décorer les sites touristiques, aux arbres d’une grande valeur tels que les si (Ficus microcarpa), les pins ou les cycas, sculptés en diverses formes, canopées ou postures. La valeur des végétaux varie de quelques centaines de milliers à plusieurs milliards de dôngs. Ces dernières années, les œuvres de Vi Khê présentées lors d’expositions nationales et internationales ont remporté de hautes distinctions.

Selon Nguyên Công Khanh, président de l’Association des plantes et des animaux d’agrément, après la réorganisation administrative, l’association compte environ 3.000 membres. Pour créer une œuvre végétale de grande valeur, réunissant les trois critères “cô, ky, my” (ancienneté, singularité et esthétique), les artisans doivent suivre de près son développement pendant plus de 10 ans. L’arbre d’ornement devient alors une véritable œuvre d’art vivante.

Dans cette dynamique, Nguyên Minh Hoan, 43 ans, a ouvert une exposition de bonsaïs à son domicile. Entre le début de l’année et la fin du mois d’août, de nombreuses pièces de grande valeur ont été achetées ou échangées, avec un volume estimé à environ 100 milliards de dôngs. Selon M. Hoan, les œuvres ayant une valeur économique élevée sont généralement âgées de 40 à 50 ans, atteignant un niveau de perfection dans la posture et le feuillage grâce à des soins méticuleux. Après plusieurs années de déclin, le bonsaï retrouve sa popularité et stimule à nouveau les échanges commerciaux.

Développement et écotourisme

Un artisan taille un podocarpus à Vi Khê, province de Ninh Binh (Nord). 
Photo : VNA/CVN

La commune de Vi Khê a été établie suite à la fusion de la commune de Nam Phong, connue pour sa force dans la culture des fleurs et des kumquats du Têt, et de celle de Nam Diên, spécialisée dans divers arbres d’ornement et la culture des pêchers du Têt.

Après cette fusion, le périmètre administratif et l’espace de développement se sont élargis. La commune a procédé au réaménagement des hameaux, publié un plan visant à renforcer les métiers artisanaux traditionnels, et mobilisé des ressources pour améliorer les infrastructures.

Dô Dinh Diêm, secrétaire permanent adjoint du Comité du Parti de la commune de Vi Khê, a précisé que, reconnaissant la culture de bonsaïs comme un secteur économique clé, les autorités locales ont promulgué des résolutions et des plans visant à accélérer le développement du village. Ces plans mettent l’accent sur l’achèvement du réseau d’infrastructures et accordent la priorité aux axes de communication reliant les villages artisanaux, afin de développer l’économie artisanale en la reliant à l’écotourisme et au tourisme expérientiel.

Aujourd’hui, dans la commune de Vi Khê, des zones de production spécialisées se sont constituées, apportant une efficacité économique. Par exemple, la zone de Diên Xá est spécialisée dans les arbres d’aménagement urbain, les plantes décoratives d’extérieur et les bonsaïs. Les zones de Nam Toan et Nam My dans les pêchers, les plantes d’ornement, tandis que les kumquats sculptés, les kumquats en pots, les camélias et les hai duong (Camellia amplexicaulis) sont cultivés dans la zone de Nam Phong.

Cette planification permet de bâtir une agriculture axée sur la production marchande, en transformant “la pensée de la production agricole” en une véritable “pensée de l’économie agricole”.

La commune compte également de nombreux produits certifiés OCOP classés 3 ou 4 étoiles par le Comité populaire provincial. Parmi ces œuvres se distinguent : le “Cây Sanh Nam Diên dang Long” (Ficus benjamina de Nam Diên en forme de dragon), le “Cây Sanh Nam Diên dang truc” (Ficus benjamina de Nam Diên de forme droite), le pêcher forme horizontale ou encore le “Cây Trà my cô” (Camelia japonica ancien), dont la valeur peut atteindre plusieurs dizaines de milliards de dôngs. Ces œuvres de haute valeur contribuent à promouvoir l’image de marque du village et à attirer les touristes. Vi Khê est en passe de devenir une zone horticole majeure du Nord du Vietnam, avec un revenu annuel moyen par habitant dépassant 74 millions de dôngs. Pour accroître encore sa valeur, la localité soutient désormais les entreprises et les horticulteurs dans la promotion commerciale et l’élaboration de circuits touristiques.

Duy Bao/CVN

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