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Le 21 mai, l’Université d’économie de Hô Chi Minh-Ville, en collaboration avec l’Institut de recherche sur les politiques et le développement des médias, a organisé le colloque scientifique national intitulé "Les services de données : du commerce responsable aux normes juridiques modernes".
Les données, nouvel actif stratégique de l’ère numérique
Dans son discours d’ouverture, le Professeur associé et Docteur Bùi Quang Hung, directeur de l’Université d’économie de Hô Chi Minh-Ville, a estimé qu’à l’ère numérique, les données deviennent une infrastructure stratégique de l’économie moderne. Toutefois, les services de données soulèvent une série de nouveaux défis juridiques et politiques, notamment en matière de protection des données personnelles, de responsabilité des entreprises technologiques, de transparence des algorithmes, de gestion des risques juridiques, de sécurité des données ou encore de consommation énergétique des infrastructures numériques.
"Les services de données ne sont pas seulement une question de technologie ou de commerce ; ils touchent également à la confiance du marché, à la responsabilité sociale, aux droits de l’homme et à la capacité de gouvernance nationale à l’ère numérique", a souligné M. Hung.
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| Hô Chi Minh-Ville a dévoilé une feuille de route pour déployer une stratégie DaaS (données en tant que service) globale à l’horizon 2030. |
| Photo : Net/CVN |
Présentant son intervention lors du colloque, Hô Duc Thang, député permanent de la Commission de la culture et de la société de l’Assemblée nationale, a établi une comparaison : si la terre constituait le moyen de production de l’ère agricole, et le capital ainsi que les machines les fondements de l’ère industrielle, les données deviennent aujourd’hui l’intrant stratégique de l’ère de l’IA.
M. Thang a souligné que le Vietnam dispose d’un avantage face aux multinationales grâce à ses données souveraines : la langue vietnamienne, les langues des minorités ethniques, ainsi que les données juridiques, administratives, médicales, éducatives, agricoles, culturelles, locales et celles des entreprises vietnamiennes.
Concernant l’utilisation de l’IA dans l’exploitation des données, M. Thang a estimé qu’il ne s’agit "pas de bloquer l’IA, mais de la contraindre à mûrir", c’est-à-dire de lui fournir des données exactes, propres, diversifiées, contextualisées et placées sous la responsabilité d’acteurs identifiés.
Le député de la XVIe législature a également mis en avant quatre caractéristiques des données relevant de la "zone verte" : les données non personnelles, ouvertes et agrégées ; les données issues des secteurs de l’industrie, de l’environnement, des transports et de l’agriculture ; les données personnelles correctement anonymisées selon les normes ; ainsi que les services d’analyse, d’évaluation, d’audit et d’intermédiation.
Le pari vietnamien du “Data as a Service”
Lors du colloque, Vo Thi Trung Trinh, directrice du Centre de transformation numérique de Hô Chi Minh-Ville, a estimé que la métropole constitue une véritable "mine d’or" en matière de ressources de données. La ville a attribué une identité numérique à plus de 10 millions d’habitants, numérisé 100% des dossiers administratifs, cartographié et doté d’infrastructures numériques l’ensemble de son territoire, tout en généralisant l’usage des carnets de santé et des livrets scolaires électroniques interconnectés.
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| Les experts plaident pour une IA alimentée par des données fiables et de qualité plutôt que freinée par des restrictions. |
| Photo: CTV/CVN |
À l’ère de l’économie numérique, Mme Trinh estime nécessaire de changer de paradigme, en passant d’un simple stockage des données - confinées dans des "silos" et utilisées uniquement pour les rapports administratifs internes - à un modèle DaaS (Data as a Service, ou "données en tant que service").
Elle a également présenté la feuille de route de la stratégie DaaS pour la période 2026-2030. Concrètement, l’année 2026 sera consacrée au nettoyage et à la numérisation complète des données fondamentales ; 2027 verra le lancement pilote d’une plateforme d’échange de données ; 2028 marquera l’interconnexion des données à l’échelle de toute la région économique du Sud. D’ici 2030, la gouvernance intelligente par l’IA et le modèle DaaS global devraient être officiellement déployés.
Priorité aux données foncières et météorologiques
Trân Thi Tuyêt, de l’Institut de recherche sur les politiques et le développement des médias, a estimé que le passage d’un modèle d’exploitation des données à un véritable marché des données permettrait de générer une plus forte valeur ajoutée, d’attirer les investissements privés dans les infrastructures numériques, de stimuler la concurrence entre fournisseurs de données et d’améliorer leur qualité.
Au Vietnam, Mme Tuyêt recommande de prioriser la commercialisation de deux types de données. Le premier concerne les données météorologiques et hydrologiques, considérées comme des intrants essentiels pour l’agriculture, la logistique, l’assurance et les énergies renouvelables.
Selon elle, ces données présentent un faible coût initial grâce aux investissements publics, tout en offrant un fort potentiel de valorisation. Le second type concerne les données foncières et immobilières, qui répondent à une forte demande du marché et sont directement liées au crédit hypothécaire, à l’urbanisme et à l’évaluation des biens.
Sur le plan juridique, il est nécessaire de définir clairement les règles de transaction des données. Cela implique une classification précise des données selon plusieurs catégories : totalement ouvertes, partagées sous conditions, réservées à un usage interne strict ou non partageables.
Il convient également de fixer les niveaux de taxes et de frais applicables aux transactions de données, qu’il s’agisse des frais d’accès aux données brutes, de la taxe sur le chiffre d’affaires des services de données ou encore des commissions perçues par les plateformes d’échange.
Truong Giang/CVN



