VEFTA : de nouvelles perspectives de coopération technologique pour le Vietnam

L’accord de libre-échange entre le Vietnam et l’Association européenne de libre-échange (VEFTA) ouvre de nouvelles perspectives de coopération scientifique et technologique, d’attraction des investissements de qualité et de promotion de l’innovation, en phase avec les orientations de la Résolution N°57 du Bureau politique.

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Des ingénieurs vietnamiens travaillant au sein de l’usine Intel Products Vietnam, située dans le parc de haute technologie de Hô Chi Minh-Ville. 
Photo : IPV/CVN

La signature officielle de l’accord de libre-échange entre le Vietnam et l’Association européenne de libre-échange (VEFTA), le 18 octobre 2026, marque une nouvelle étape dans l’intégration économique internationale du Vietnam. Elle ouvre également des perspectives de coopération renforcée dans les domaines de la science, de la technologie et de l’innovation, alors que le pays accélère la mise en œuvre de la Résolution N°57 du 22 décembre 2024 du Bureau politique, qui vise à créer des percées dans le développement scientifique et technologique, l’innovation et la transformation numérique nationale.

L’Association européenne de libre-échange (AELE) regroupe quatre pays : la Suisse, la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein. Bien que leur population soit relativement faible, ces pays disposent d’atouts importants dans les domaines de la technologie, de la finance et de la recherche-développement (R&D), notamment dans les industries à forte intensité de connaissances. La Suisse se distingue par ses industries pharmaceutique et biotechnologique ainsi que par la mécanique de précision. La Norvège possède une expertise dans les technologies maritimes, les énergies propres et l’aquaculture. L’Islande bénéficie d’avantages dans les technologies géothermiques et la transformation des produits halieutiques, tandis que le Liechtenstein est spécialisé dans les industries manufacturières de niche.

Ces atouts sont complémentaires des besoins de développement du Vietnam, notamment dans les industries de haute technologie, les industries auxiliaires, l’énergie, l’économie maritime et la transformation approfondie des matières premières.

Favoriser le développement de marques nationales

Selon le Pr.associé-Dr. Dào Ngoc Tiên, vice-recteur de l’Université du commerce extérieur, la portée à long terme de la VEFTA tient notamment à ses engagements, qui dépassent la seule réduction des droits de douane. Il estime que le renforcement de la protection de la propriété intellectuelle pourrait inciter les entreprises suisses et norvégiennes à investir davantage au Vietnam et à y transférer des technologies. Il permettrait également aux entreprises vietnamiennes de mieux protéger leurs brevets et leurs marques, tout en favorisant le développement de marques nationales.

Du côté des importations, la réduction progressive des droits de douane sur les machines, les équipements, les produits chimiques et les matières premières en provenance des pays de l’AELE pourrait permettre aux entreprises vietnamiennes d’accéder plus facilement à des technologies et à des intrants de production de qualité, à des coûts plus avantageux.

Des étudiants présentent leurs produits technologiques lors du Festival des sciences, des technologies, de l'entrepreneuriat et de l'innovation de l'Université des sciences et technologies de Dà Nang.  
Photo : VNA/CVN

En matière d’investissement, à la fin de 2025, la Suisse comptait 234 projets au Vietnam, représentant un capital enregistré de plus de 2,4 milliards de dollars, tandis que la Norvège y totalisait 62 projets, pour plus de 201 millions de dollars de capitaux enregistrés. Ces investissements constituent une base pour élargir la coopération bilatérale, notamment dans les secteurs à forte intensité technologique.

Faciliter la participation des entreprises technologiques

Selon Nguyên Minh Khôi, du Tony Blair Institute for Global Change, les retombées à long terme de la VEFTA ne devraient pas être évaluées uniquement à l’aune du volume des échanges commerciaux, mais aussi au regard de la qualité des investissements liés à l’innovation, du degré d’intégration des entreprises vietnamiennes aux chaînes de valeur mondiales et de leur capacité à créer et à conserver davantage de valeur ajoutée dans le pays.

Au regard des objectifs de la Résolution N°57, cette approche mérite également d’être prise en compte dans l’élaboration des politiques d’attraction des investissements et la mise en œuvre des programmes de coopération internationale dans les domaines scientifique et technologique.

Selon le Prof.associé-Docteur Dào Ngoc Tiên, il convient également de mettre en place des mécanismes incitant les entreprises de l’AELE à coopérer avec leurs partenaires vietnamiens dans la formation, la recherche et le développement de produits, tout en facilitant la participation des entreprises technologiques nationales aux réseaux d’approvisionnement internationaux.

Plus fondamentalement, l’efficacité de cette coopération devrait être mesurée à l’aune de résultats concrets : nombre de projets de R&D, renforcement des capacités technologiques, intégration des entreprises vietnamiennes aux chaînes d’approvisionnement internationales et valeur ajoutée créée sur le territoire national. 

VNA/CVN

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