Une lueur d’espoir pour les écoliers H’mông

Dans le village frontalier de Piêng Vai, province de Nghê An (Centre), une classe du soir offre un soutien scolaire précieux aux enfants H’mông. Mené par un instituteur passionné, ce projet solidaire éclaire l’avenir d’une jeunesse isolée au cœur des montagnes.

>> L’éducation transforme un village reculé des Thai à Thanh Hoa

>> Assurer l'égalité d'accès à l'éducation pour les groupes ethniques

>> L’école au milieu des montagnes de Thanh Hoa

>> Dà Nang redouble d’efforts pour achever dans les délais six internats frontaliers

Élèves de l’École primaire semi-internat My Ly 1 pour les minorités ethniques. 
Photo : CTV/CVN

À Piêng Vai, dans la commune frontalière de My Ly, province de Nghê An, la nuit tombe rapidement. Le silence envahit les vallées, les sentiers disparaissent sous la brume et les maisons se fondent dans l’obscurité. Pourtant, au milieu de cette immensité montagneuse, une faible lumière demeure visible. C’est celle d’une petite salle de classe où des enfants poursuivent encore leurs leçons après la tombée du jour.

Dans cette région reculée, la classe du soir est devenue une seconde école. Les élèves y révisent les notions apprises en journée, s’exercent à l’écriture et consolident progressivement leurs acquis. Derrière cette lueur discrète se cache l’engagement silencieux de l’instituteur Luong Thanh Hung, de l’École primaire semi-internat My Ly 1 pour les minorités ethniques. Depuis plus de trente ans, il consacre sa vie à transmettre le savoir dans cette zone frontalière éloignée.

Un village isolé

Le village de Piêng Vai se situe à près de dix kilomètres du centre communal de My Ly. La route y est difficile, traversant un relief accidenté. Pendant la saison des pluies, elle devient glissante et dangereuse. En hiver, un brouillard épais enveloppe souvent le village, le coupant presque totalement du monde extérieur.

Le hameau compte 73 foyers H’mông, tous classés parmi les ménages pauvres. Pour gagner leur vie, de nombreux parents quittent le village afin de travailler loin de chez eux. Les enfants restent alors avec leurs grands-parents. Beaucoup de personnes âgées ne maîtrisent pas le vietnamien standard et ne peuvent pas accompagner les élèves dans leurs devoirs. Sans soutien régulier, les enfants oublient facilement les leçons et accumulent des lacunes.

Face à cette réalité, l’enseignant Luong Thanh Hung a choisi de rester auprès des élèves après les cours officiels afin d’organiser gratuitement des séances de soutien le soir. Depuis des années, il poursuit ce travail avec discrétion, sans rechercher de reconnaissance particulière. Dans la lumière vacillante des lampes électriques, il continue patiemment à entretenir le goût de l’apprentissage chez les enfants du village.

Dans la salle, les voix des enfants récitant leurs textes résonnent paisiblement. Sous l’éclairage encore faible, les visages restent concentrés. Bien plus qu’un lieu d’apprentissage, cet endroit offre un refuge affectif essentiel à ces écoliers souvent séparés de leurs parents.

Semer le savoir

Le soir, les élèves retravaillent le programme de la journée et progressent pas à pas. 
Photo : VNA/CVN

Cu Ba La, scolarisé en CE1 à l’antenne de Piêng Vai, confie son attachement à à ces cours du soir : “J’aime beaucoup venir ici après l’école. À la maison, je ne vis qu’avec mes grands-parents et je bloque parfois sur mes devoirs. Ici, le maître nous explique encore une fois les leçons, alors je comprends mieux et je fais les calculs plus rapidement. J’apprends aussi à mieux écrire et à lire de beaux livres. Il y a beaucoup de camarades avec qui étudier et jouer. Plus tard, je voudrais bien étudier pour aider ma famille et mon village”.

Les habitants constatent eux aussi les changements apportés par ces cours supplémentaires. Già Y May, habitante de Piêng Vai, explique que, “par le passé, peu de personnes savaient lire ou écrire dans le village. Aujourd’hui, voir les enfants poursuivre leurs études représente une source d’espoir pour les familles”. Selon elle, grâce à l’accompagnement des enseignants le soir, les élèves retiennent mieux les leçons et leur écriture progresse nettement.

Pour Luong Thanh Hung, enseigner ne se limite pas aux heures officielles. Quel que soit son lieu d’affectation, il poursuit toujours ce travail d’accompagnement avec ses collègues après la classe. Il veille non seulement aux cahiers et aux leçons, mais aussi aux repas et au sommeil des enfants, qu’il considère comme les siens.

L’enseignant souligne que les élèves des régions montagneuses affrontent davantage de difficultés que ceux des plaines. Les parents étant souvent absents pour travailler loin du village, les enfants manquent d’encadrement scolaire.

De plus, beaucoup de personnes âgées ne maîtrisent pas le vietnamien standard pour les guider. C’est pour combler ce fossé que j’organise ces sessions gratuites, animée par la volonté de consolider leurs acquis.

Même sous des trombes d’eau, sur des sentiers devenus de vrais patinoires, la fréquentation ne faiblit pas. Cette détermination lisible dans leurs yeux est le plus beau des moteurs pour l’instituteur.

Une fois les cours terminés et les voix dissipées dans la nuit, Luong Thanh Hung reste souvent encore dans la salle afin de préparer les leçons du lendemain. Dans le silence des montagnes frontalières, cette persévérance discrète contribue à maintenir vivante la lumière du savoir à Piêng Vai.

Selon les données partagées par Luong Van Bay, président du Comité populaire de My Ly, douze points scolaires sont excentrés du centre de cette commune frontalière. Les autorités locales, conscientes des efforts des enseignants qui continuent d’y assurer leur mission malgré les contraintes, s’efforcent de mobiliser de nouvelles ressources, notamment en matériel pédagogique et en équipements électriques, pour soutenir ces structures.

Au cœur des montagnes frontalières, la petite salle de classe de Piêng Vai continue donc de rester éclairée chaque soir. Dans cette lumière fragile se transmettent non seulement les lettres et les connaissances, mais aussi la confiance et l’espoir d’un avenir meilleur pour des enfants vivant loin de leurs parents.

Dan Thanh/CVN

Rédactrice en chef : Nguyễn Hồng Nga

Adresse : 79, rue Ly Thuong Kiêt, Hanoï, Vietnam

Permis de publication : 25/GP-BTTTT

Tél : (+84) 24 38 25 20 96

E-mail : courrier@vnanet.vn, courrier.cvn@gmail.com

back to top