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| Actuellement, les élèves du CE2 à la 3e de l’École primaire et secondaire d’A Ngo bénéficient tous de cours d'informatique. |
| Photo : VNN/CVN |
Dans le district montagneux de Dakrông, province de Quang Tri (Centre), l’apprentissage du numérique demeurait encore récemment très limité dans les écoles d’A Ngo et d’A Bung. Tous les élèves sont issus des minorités ethniques, principalement de l’ethnie Pa Cô, et vivent dans des villages isolés où les infrastructures restent modestes.
Premiers pas
Pendant longtemps, l’ordinateur demeurait un objet inconnu pour une grande partie des enfants. Certains n’avaient jamais vu un écran d'ordinateur avant leur arrivée à l’école secondaire. Les connexions Internet étaient limitées, les équipements rares et les compétences informatiques quasi inexistantes.
Dans ces établissements frontaliers, les enseignants devaient composer avec des salles de classe modestes et un manque important de matériel pédagogique. Les cours d’informatique restaient essentiellement théoriques. Les élèves apprenaient parfois les notions de base sans pouvoir manipuler directement une machine.
À cela s’ajoutaient les difficultés linguistiques. Pour de nombreux élèves Pa Cô, le vietnamien n’est pas la langue maternelle. L’adaptation aux nouvelles technologies exigeait donc davantage de temps et d’accompagnement.
Les enseignants racontent que les premiers contacts avec la souris ou le clavier suscitaient souvent de la timidité. Certains élèves hésitaient même à toucher l’ordinateur, de peur de l’endommager. Pourtant, derrière cette réserve apparaissait déjà une grande curiosité.
Face à ces obstacles, plusieurs établissements ont choisi de transformer les difficultés en moteur d’action.
Élan collectif
À l’École primaire et secondaire d’A Ngo, les enseignants se sont mobilisés pour rechercher des financements et des soutiens matériels. Au fil des années, ils ont récupéré des composants informatiques, réparé d’anciens appareils et aménagé des salles inutilisées afin de créer de véritables espaces numériques.
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| L'École primaire et secondaire d'A Bung dispose actuellement de 80 ordinateurs pour l'apprentissage. |
| Photo : VNN/CVN |
Une partie des ordinateurs a été assemblée directement par les enseignants eux-mêmes. Grâce à cette mobilisation collective, l’établissement dispose aujourd’hui de 63 ordinateurs destinés aux élèves du primaire et du secondaire.
La situation est similaire à l’école d’A Bung, où près de 80 ordinateurs sont désormais utilisés par les élèves du CE2 à la 3e classe. Ces équipements permettent aux enfants d’accéder progressivement à des contenus pédagogiques modernes et à des outils numériques autrefois inaccessibles.
Au-delà du matériel, les méthodes d’enseignement ont également évolué. Les cours deviennent plus interactifs grâce aux images, vidéos et logiciels éducatifs. Les enseignants intègrent désormais des supports numériques afin de rendre les leçons plus concrètes et plus attractives.
L’intelligence artificielle commence aussi à trouver sa place dans certaines activités pédagogiques. Les enseignants utilisent plusieurs applications pour préparer les contenus de cours, illustrer les leçons ou stimuler l’apprentissage autonome des élèves.
Cette transformation modifie progressivement le rapport des enfants à l’école. Les élèves, autrefois réservés face à la technologie, gagnent en assurance. Beaucoup savent désormais rédiger des textes simples, effectuer des recherches d’informations ou utiliser des logiciels éducatifs.
L’un des symboles de cette évolution est le club "Les élèves et la technologie numérique". Cette initiative encourage les enfants à pratiquer l’informatique de manière plus autonome, à échanger entre eux et à développer leur confiance.
Les enseignants constatent que les élèves participent davantage en classe et montrent une curiosité nouvelle pour les connaissances extérieures à leur environnement quotidien. Certains commencent même à envisager des études ou des métiers liés aux technologies.
Pour les autorités locales, ces changements représentent bien plus qu’un simple progrès technique. L’accès au numérique contribue à améliorer la qualité de l’enseignement dans les communes frontalières et ouvre de nouvelles perspectives d’intégration sociale et professionnelle.
Dans ces montagnes encore marquées par les difficultés économiques, chaque ordinateur installé dans une salle de classe devient une passerelle vers un autre monde. Les enfants Pa Cô découvrent progressivement qu’ils peuvent eux aussi prendre part à l’univers numérique contemporain.
À A Ngo comme à A Bung, les graines semées aujourd’hui par les enseignants et les élèves laissent entrevoir un avenir plus ouvert pour toute une génération vivant aux confins du pays.
Minh Quân/CVN




