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| Une employée dispose des décorations en "papel picado" dans une boutique du marché Jamaica, à Mexico, le 14 octobre. |
| Photo : AFP/VNA/CVN |
Ces feuilles multicolores perforées de motifs sont connues sous le nom de "papel picado" et sont un élément indispensable dans la décoration des autels dédiés aux défunts.
Le papel picado est né dans cette petite localité mexicaine à la fin du XIXe siècle. Plus d'un siècle plus tard, les trois quarts de ses quelque 17.000 habitants se consacrent à sa production.
À l'ère de l'intelligence artificielle et des découpeuses laser, beaucoup continuent à le fabriquer entièrement à la main et l'exportent dans le monde entier.
"Nous éprouvons de la satisfaction à l'idée que l'artisanat réalisé ici soit connu dans d'autres pays et que l'on donne de la valeur à ce qui est fait à la main", confie Miguel Reynoso, 58 ans.
Il se consacre à ce métier depuis 40 ans et dirige depuis 28 ans une entreprise avec son épouse, ses quatre filles et une dizaine d'employés.
Ils reçoivent des commandes du Mexique, mais aussi d'Espagne, des États-Unis, d'Italie, de Corée ou du Japon.
Des entreprises qui souhaitent reproduire leur logo en papel picado aux décors des fêtes de baptême ou des "quinceañeras" (les filles qui fêtent leurs 15 ans), les commandes affluent toute l'année.
Mais dans les semaines qui précèdent le 1er novembre, la demande explose. Les marchés commandent des centaines de milliers de ces feuilles qui finissent par décorer maisons, rues, places.
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| Une boutique vendant des décorations en "papel picado" sur le thème du Jour des morts, au marché Jamaica à Mexico, le 14 octobre. |
| Photo : AFP/VNA/CVN |
"ma tradition"
C'est dans les haciendas du village que cet art est né. Les paysans découpaient au couteau de simples motifs géométriques dans un épais papier fabriqué avec de l'écorce d'arbre depuis l'époque préhispanique.
La sophistication est arrivée avec l'introduction du papier de soie, ou papier de Chine, vers 1850. Désormais, ces feuilles sont aussi fabriquées à Huixcolotla, qui a la fierté de réunir tout le processus.
Même les ciseaux sont fabriqués ici par le "Seigneur des Fers", figure si indispensable au village que plus personne ne se souvient de son nom.
Roberto Carlos saisit l'un de ces outils et s'applique à ciseler un paquet de 50 feuilles d'un violet intense pour y dessiner, en s'aidant d'un gabarit, une tête de mort coiffée d’un élégant chapeau.
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| Miguel Reynoso (c), artisan spécialisé dans le "papel picado", travaille avec deux employés dans son atelier à San Salvador Huixcolotla, dans l’État de Puebla, le 1er octobre 2026 au Mexique. |
| Photo : AFP/VNA/CVN |
Il faut "faire preuve de beaucoup de délicatesse", explique cet artisan de 34 ans.
Vert citron, rose mexicain, bleu roi, la gamme s'est élargie à mesure que "le client a commencé à demander plus de couleurs", raconte Miguel Reynoso.
La plus grande menace qui pèse sur cette tradition est "l'industrialisation", reconnaît Mari Reynoso. Mais l'art manuel représente "ce qu'est le Mexique", dit-elle. "Quelque chose qui, rien qu'en le voyant, doit donner envie de dire : c'est de la culture, c'est ma tradition".
AFP/VNA/CVN






