Tradition Thai : deux mariages pour une union durable

Les Thai de Thanh Hoa (Centre) perpétuent une tradition matrimoniale unique, fondée sur deux mariages et trois ans passés chez la belle-famille. Bien plus qu’un rituel, cette coutume reflète des valeurs profondes de responsabilité, de travail et de cohésion entre les familles et la communauté locale.

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Les présents sont soigneusement préparés par la famille du marié pour la cérémonie de mariage.
Photo : VNA/CVN

Dans les régions montagneuses de l’Ouest de la province de Thanh Hoa (Centre) où cohabitent plusieurs minorités ethniques telles que les Muong, Thai, Mông, Kho Mu, Thô et Dao, les Thai continuent de préserver des coutumes singulières transmises de génération en génération. Parmi elles, celle des “deux mariages et trois ans en résidence chez la belle-famille“, qui ne constitue pas seulement un rituel matrimonial original, mais reflète aussi une conception profonde de la vie, fondée sur la responsabilité, le travail et la cohésion communautaire.

Chez les Thai, l’amour naît souvent de choses simples. Les jeunes filles grandissent dans des maisons sur pilotis et se familiarisent très tôt avec le tissage et le travail du fil. Chaque pièce de tissu qu’elles réalisent n’est pas seulement utilitaire, mais témoigne également de leur habileté et de leur sens du devoir. Selon la tradition, une femme doit savoir tisser, tandis qu’un homme doit être travailleur et capable de subvenir aux besoins de sa famill

Le mariage, union de deux familles fondée sur le partage.
Photo : VNA/CVN

Dans la vie culturelle, les sentiments ne s’expriment pas par des cadeaux matériels, mais à travers les sons de la flûte, du khèn (orgue à bouche) et les chants alternés appelés khap. Lors des rencontres nocturnes autour du feu, ces échanges poétiques deviennent un véritable langage amoureux, permettant aux jeunes de mieux se connaître et de faire grandir leurs sentiments. Toutefois, même lorsque l’amour est réciproque, le mariage ne se concrétise pas immédiatement.

Reconnaissance envers la famille

Selon la coutume, après une première cérémonie maritale, la mariée ne rejoint pas encore le foyer conjugal. Le jeune époux doit vivre chez la famille de sa femme pendant trois ans. Cette période constitue une épreuve au cours de laquelle il doit démontrer sa maturité, sa capacité de travail et son sens des responsabilités. Elle est également une manière d’exprimer sa reconnaissance envers la famille qui a élevé celle qu’il a choisie.

Le maître de cérémonie passe des bracelets aux mariés en leur adressant des vœux de bonheur et d’union durable.
Photo : VNA/CVN

Durant ces années, le futur mari participe aux travaux agricoles et à la vie quotidienne de sa belle-famille. Parallèlement, la jeune femme prépare son avenir en confectionnant vêtements, couvertures et présents destinés à sa future belle-famille. Chaque ouvrage reflète son dévouement, son habileté et son respect des valeurs familiales.

Au terme des trois années, si l’épreuve a été concluante, le second mariage est célébré, marquant le début officiel de la vie commune. Le rituel du lavage des pieds du couple à leur arrivée dans la maison de l’époux, symbolise la purification du passé et l’ouverture d’un nouveau chapitre. Devant l’autel des ancêtres, le couple est officiellement reconnu, scellant son union sous les bénédictions familiales.

Les tourtereaux lors de leur cérémonie de mariage traditionnelle chez les Thai.
Photo : VNA/CVN

Au-delà de son aspect rituel, cette tradition incarne une véritable philosophie de la vie. Le mariage n’est pas seulement l’union de deux individus, mais un processus d’intégration entre deux familles, fondé sur le travail, la responsabilité et le partage.

Malgré les transformations de la société moderne, les Thai de Thanh Hoa continuent de préserver cette coutume comme un patrimoine vivant. Elle contribue non seulement à sauvegarder l’identité culturelle, mais rappelle aussi aux jeunes générations que le bonheur conjugal repose sur la patience, la compréhension et les liens étroits au sein de la communauté.

Khanh Hoà/VNA/CVN

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