>> Forte dynamique du secteur privé depuis la mise en œuvre de la Résolution 68
>> Une nouvelle stature issue des puissants groupes économiques
>> La diaspora salue les avancées de la Résolution 68 sur les entreprises privées
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| La Résolution 68 insuffle un nouvel élan au secteur privé vietnamien. |
| Photos : VNA/CVN |
Un an après l'entrée en vigueur de la Résolution n°68-NQ/TW sur le développement de l'économie privée, l'économie vietnamienne enregistre des signaux encourageants, comme en témoignent la transformation de grands groupes et les réformes institutionnelles engagées.
Selon un rapport du ministère des Finances sur les résultats de la première année de mise en œuvre de la Résolution n°68, la concrétisation des principales priorités a donné un nouvel élan, notamment en favorisant la diversification des sources de financement et la levée des principaux obstacles administratifs. Toutefois, la situation sur le terrain montre qu'il est nécessaire d'étendre ces mesures aux microentreprises, aux petites entreprises ainsi qu'aux entreprises individuelles.
Libérer les ressources financières : de la politique à la mise en œuvre
Dans le cadre de la Résolution n°68-NQ/TW, le gouvernement a demandé aux ministères et aux secteurs concernés de mettre en œuvre des solutions visant à améliorer l'accès au crédit. Les établissements de crédit accordent désormais une plus grande priorité au secteur privé, en privilégiant le financement des chaînes de valeur et l'analyse des flux de trésorerie plutôt que les garanties traditionnelles. Fin décembre 2025, l’encours de crédits accordés aux petites et moyennes entreprises dépassaient 3,65 billions de dongs, soit une hausse de 21,73 % par rapport à la fin de 2024.
Parallèlement, la Résolution n°198/2025/QH15 de l'Assemblée nationale prévoit un soutien aux projets verts. Une bonification de taux d'intérêt de 2 % par an est accordée aux entreprises engagées dans l'économie circulaire et appliquant les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). Le gouvernement examine actuellement deux décrets d'application destinés à mettre en œuvre ce dispositif par l'intermédiaire des banques commerciales et des fonds publics.
Cependant, des écarts subsistent. Le Dr. Lê Duy Binh, directeur d'Economica Vietnam, estime que les effets positifs de la Résolution n°68 se concentrent principalement chez les grands groupes, avec de nombreux grands projets, tandis que l'impact demeure limité pour les petites et microentreprises. Tran Van Hieu, directeur de la société DACE, spécialisée dans les exportations agricoles, souligne que, malgré une croissance de son activité en 2025, l'accès à la bonification de taux d’intérêt de 2% reste difficile faute d'information, alors que des taux d'intérêt supérieurs à 10% continuent de peser sur la production. Selon lui, l'application d'un même niveau de taux d'intérêt aux secteurs agricole et immobilier pénalise les entreprises engagées dans le développement de l'agriculture locale.
Le Dr. Lê Duy Binh estime en outre que le fait de considérer les microentreprises comme de simples sujets de contrôle administratif incite certains ménages commerçants à fragmenter leurs revenus ou à privilégier les paiements en espèces afin d'échapper à l'impôt, favorisant ainsi l'économie informelle, à rebours des objectifs de transparence fixés par la Résolution n°68.
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| L'économie vietnamienne enregistre des signaux encourageants, comme en témoignent la transformation de grands groupes et les réformes institutionnelles engagées. |
| Photo : VNA/CVN |
Renforcer la résilience et améliorer le climat des affaires
Malgré les difficultés rencontrées par les petites et moyennes entreprises, le cadre juridique continue de se renforcer avec l'adoption de la Loi n°90/2025/QH15 et de plusieurs décrets relatifs au partenariat public-privé (PPP).
En 2025, 564 projets ont été lancés ou achevés, représentant un investissement total de 5,2 billions de dongs, financé à près de 75% par le secteur privé. Le programme de développement de 1.000 entreprises pionnières ainsi que celui consacré à leur expansion internationale pour la période 2026-2030 visent à renforcer l'intégration des grands groupes vietnamiens dans les chaînes de valeur mondiales.
Ngô Sy Hoài, vice-président et secrétaire général de l'Association du bois et des produits forestiers du Vietnam (VIFOREST), salue le passage d'un contrôle a priori à un accompagnement a posteriori, qui permet de réduire les délais administratifs grâce à la numérisation. Il relève toutefois un ralentissement des exportations de bois au cours des cinq premiers mois de 2026, qui ont atteint 7,02 milliards de dollars (+2,9%), tandis que les exportations de produits transformés ont reculé de 3,5%, sous l'effet notamment de la hausse des coûts de transport, des matières premières et des barrières techniques sur certains marchés clés, dont les États-Unis.
Face à ces défis, le vice-ministre des Finances, Nguyên Duc Tâm, estime que le principal obstacle demeure l'accès limité des entreprises aux ressources essentielles, notamment le capital, le foncier, les technologies et la main-d'œuvre qualifiée. Le ministère concentrera son action sur trois priorités : poursuivre la réforme fiscale et budgétaire en faveur de la recherche et du développement et de l'innovation, améliorer le fonctionnement des fonds financiers publics afin de mettre en place des mécanismes de soutien mieux adaptés aux spécificités des entreprises privées, faciliter leur accès au foncier grâce au recensement et à la mise à disposition, dans des conditions transparentes, des biens publics inutilisés.
Selon plusieurs experts, si le soutien aux grands groupes demeure important, l'accompagnement des millions de microentreprises et de petites entreprises sera déterminant pour construire une économie vietnamienne plus durable, plus inclusive et plus équilibrée.
VNA/CVN




