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Le 3 novembre, le Service de la santé de Hô Chi Minh-Ville, conjointement avec l'Association municipale pour la protection des droits de l'enfant, a tenu un atelier intitulé "Promouvoir le rôle des travailleurs sociaux dans les activités de justice juvénile - Situation actuelle et solutions". L'objectif était d'évaluer les démarches engagées, de cerner les obstacles du terrain et de formuler des propositions concrètes pour optimiser la coordination intersectorielle.
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| Panorama de l'événement. |
| Photo : AVI/CVN |
Selon Nguyên Tang Minh, directeur adjoint du Service de la santé de Hô Chi Minh-Ville, la municipalité a établi une liste de 657 travailleurs sociaux intervenant dans le champ de la justice juvénile et dispensé quatre sessions de formation axées sur le cadre juridique, la pratique professionnelle et la prise en charge des mineurs. Les instances judiciaires et les collectivités locales ont amorcé un rapprochement pour fluidifier le traitement des dossiers, mieux appréhender les parcours individuels et orienter plus efficacement les jeunes vers les dispositifs d'aide. Toutefois, le niveau d'expertise du personnel demeure inégal et certaines désignations interviennent encore tardivement. La transmission des informations entre institutions reste insuffisante, tout comme l'articulation entre les offres de suivi juridique, psychologique, éducatif, médical et social.
De plus, les moyens financiers, les rémunérations et les conditions d'exercice manquent de cadre défini. Pour y remédier, la ville va s'attacher à structurer ce réseau, rehausser la qualité des parcours de formation, clarifier le calendrier des actions conjointes, développer l'offre de soutien, mobiliser des financements sociaux et assurer un suivi rigoureux pour débloquer rapidement les situations complexes.
S'appuyant sur son expérience du terrain, Pham Dinh Nghinh, vice-président permanent de l'Association de Hô Chi Minh-Ville pour la protection des droits de l'enfant, rappelle toute l'importance des acteurs de la société civile pour épauler les équipes en place, perfectionner les pratiques et élargir la palette d'accompagnement. Toutefois, les effectifs demeurent mal répartis, la préparation pratique de certains agents manque de maturité et les budgets de fonctionnement restent précaires.
Pour donner toute sa mesure à l'action sociale en milieu judiciaire, Pham Dinh Nghinh préconise de mobiliser les ressources communautaires tout au long de la prise en charge, autour de quatre priorités : l'étoffement des ressources humaines et de l'expertise; le perfectionnement des compétences ; la pérennisation des budgets de fonctionnement; enfin, la création et l'articulation des services d'aide. Les autorités de tutelle se doivent de cartographier et de consolider le réseau de soutien, de désigner des référents d'interconnexion clairs et de stimuler la participation des associations, ONG et experts.
De leur côté, les administrations communales et de quartier doivent offrir des conditions de travail adaptées et encourager l'engagement citoyen auprès des jeunes au niveau local.
Du côté de la magistrature, Nguyên Thi Ly, juge en chef adjointe du Tribunal de la famille et des mineurs (Tribunal populaire de Hô-Chi-Minh-Ville), souligne que le travailleur social constitue une passerelle indispensable entre la procédure pénale ou civile et les structures d'éducation, de soin psychologique et d'insertion. L'éclairage apporté sur l'environnement familial, les conditions de vie, la psychologie et les besoins du mineur permet au magistrat d'adopter des mesures judicieuses et empreintes d'humanité.
Cependant, la majorité des intervenants actuels effectuent ces démarches en surplus de leurs charges courantes, sans formation spécialisée préalable, ce qui affecte la finesse des bilans d'enquête sociale. Mme Ly suggère ainsi la création d'un statut officiel de "travailleur social judiciaire spécialisé", assorti d'une compensation financière adéquate, l'organisation de stages ciblés sur les techniques d'entretien, l'évaluation psychologique et la rédaction de bilans sociaux, ainsi que l'adoption rapide d'un texte encadrant la collaboration entre les services de police, le parquet, le tribunal et le secteur de la santé.
Au cours des débats, les participants ont partagé leurs retours d'expérience, convenant que la pleine efficacité de la législation sur la justice pour mineurs repose sur l'ancrage d'un réseau de soutien réactif. Doté d'effectifs qualifiés, de canaux de communication structurés et d'offres modulables selon chaque dossier, un tel dispositif permettra de garantir le respect des droits des mineurs tout en facilitant leur reconstruction et leur réintégration au sein de la société.
Quang Châu/CVN



