Préserver les métiers traditionnels pour développer les industries culturelles

À Hanoï, les artisans s’efforcent de transmettre leurs métiers aux jeunes pour faire vivre le patrimoine et lui donner un nouvel avenir.

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Des touristes découvrent avec enthousiasme les différentes étapes de fabrication des objets en laque traditionnelle.
Photo : VNA/CVN

Depuis plusieurs années, l’artisan émérite Nguyên Tân Phat, du village ancien de Duong Lâm, dans le quartier de Son Tây, à Hanoï, transmet son savoir-faire dans l’art de la laque traditionnelle. Selon lui, chaque création exige non seulement de l’habileté, mais aussi des connaissances, des techniques et un sens esthétique transmis de génération en génération. Les apprentis doivent ainsi connaître les matériaux et maîtriser les différentes étapes de fabrication, de la préparation du support au traitement de la surface, puis à l’application de la laque, au ponçage et aux finitions.

"Un artisan ne doit pas être seulement le dernier détenteur d’une technique, mais aussi celui qui ouvre la voie aux jeunes générations pour qu’elles puissent continuer à créer à partir de la tradition", souligne-t-il.

Dans le village de Xuân La, commune de Phuong Duc, l’artisan Dang Van Hâu organise des cours de modelage de figurines en pâte de riz (to he), adaptés aux différents publics. Les enfants commencent par des formes simples pour découvrir la culture populaire, tandis que ceux qui souhaitent exercer ce métier à long terme apprennent à maîtriser les techniques et à créer de nouveaux modèles.

Un artisan du village de Phu Vinh, spécialisé dans le tressage du rotin et du bambou (Hanoï). 
Photo : Phuong Anh/VNA/CVN

L’art des marionnettes sur l’eau du village de Dào Thuc, commune de Thu Lâm, se transmet également grâce à des cours animés par des artisans. Selon l’artisan Nguyên Thê Nghi, ces formations sont organisées depuis environ cinq ans, au moins une fois par an. Il constate que les parents sont désormais plus nombreux à encourager leurs enfants à y participer. L’intégration dans la troupe nécessite toutefois une période d’essai de deux ans, durant laquelle les nouveaux membres doivent participer aux activités collectives et respecter son règlement. Ils apprennent ainsi non seulement les techniques de représentation, mais aussi les traditions et l’esprit communautaire de la troupe.

Cependant, apprendre un métier ne signifie pas nécessairement pouvoir en vivre. Selon Dang Van Hâu, il faut parfois environ cinq ans pour maîtriser l’art du to he et en tirer des revenus satisfaisants. L’absence de revenus stables durant cette période peut décourager les apprentis.

Le président de l’Association des villages artisanaux du Vietnam, Trinh Quôc Dat, souligne que les villages dont les produits trouvent des débouchés et qui offrent des revenus relativement satisfaisants attirent davantage les jeunes. Bat Tràng en est un exemple : certaines familles encouragent leurs enfants à suivre une formation spécialisée en céramique avant de revenir développer leur activité, concevoir de nouveaux modèles et expérimenter de nouveaux émaux. À l’inverse, les métiers peu rémunérateurs et aux débouchés incertains peinent à attirer les jeunes.

Les produits du village de céramique de Bat Tràng attirent des visiteurs. 
Photo : Phan Phuong/VNA/CVN

Pour favoriser la transmission des savoir-faire et permettre aux jeunes d’en faire leur métier, l’artisan émérite Nguyên Tân Phat propose de renforcer les liens entre artisans, établissements de formation, entreprises et acteurs culturels et touristiques. Il souligne également la nécessité de distinguer les activités de découverte de courte durée des formations approfondies destinées à ceux qui souhaitent exercer durablement un métier artisanal.

Cette question est également abordée dans le projet de loi sur le développement des industries culturelles, présenté à l’Assemblée nationale lors de la deuxième session de sa XVIe législature. Le gouvernement propose notamment de définir des référentiels de compétences selon les postes, d’encourager les artistes, artisans et experts à participer à la formation, ainsi que de soutenir les apprenants par des bourses, des exonérations de frais de scolarité, des aides aux frais de subsistance et des prêts.

La transmission des savoir-faire ne consiste donc pas seulement à préserver des techniques ancestrales, mais aussi à former une nouvelle génération capable de faire vivre le patrimoine, d’innover et de créer de la valeur, contribuant ainsi au développement des industries culturelles de Hanoï.

VNA/CVN

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