Modèle de partenariat universitaire d’exception entre la France et le Vietnam

Fondée sur l’excellence et la confiance, la coopération entre l’Université des sciences et technologies de Hanoï et l’Université Paris Cité s’impose comme un modèle “gagnant-gagnant”. Retour sur un partenariat efficace à travers un entretien croisé avec des dirigeants des deux institutions.

>> USTH : des filières stratégiques pour répondre aux besoins de demain

>> Job Fair 2026 : Carrefours d’opportunités et dynamisme international

>> L’USTH, un choix judicieux

Une séance de travail entre responsables de l’USTH et de l’UPCité à Hanoï. 
Photo : USTH/CVN

La coopération entre l’Université des sciences et technologies de Hanoï (USTH) et l’Université Paris Cité (UPCité) repose sur l’excellence, la confiance et un engagement à long terme. Formations co-construites, mobilités, projets scientifiques et gouvernance partagée en font un modèle “gagnant-gagnant”. L’établissement vietnamien devient la tête de pont de l’université française en Asie du Sud-Est. Nourrie par plus d’une décennie de collaboration, cette complémentarité explique pourquoi ce partenariat est cité parmi les plus aboutis entre les deux pays.

Pour en saisir les enjeux, les réalisations et les perspectives, Le Courrier du Vietnam a eu un entretien exclusif avec Antoine Kouchner, vice-président Stratégie et Relations internationales ; le Professeur Maximilien Cazayous, doyen de la Faculté des sciences ; la Professeure Valérie Serre, vice-doyenne de la Faculté des sciences, chargée des relations internationales à l’UPCité et le Professeur Trân Dinh Phong, vice-recteur de l’USTH.

En quoi le modèle pédagogique de l’USTH se distingue-t-il des universités vietnamiennes traditionnelles et s’aligne-t-il sur les standards d’UPCité ? Quelles sont les principales actions de cette coopération ?

UPCité : Le modèle pédagogique de l’établissement vietnamien s’appuie sur les standards des universités vietnamiennes et françaises. Il s’aligne particulièrement sur ceux de l’UPCité pour trois raisons.

Premièrement, la licence en trois ans respecte l’architecture LMD, ce qui facilite la reconnaissance académique et les parcours conjoints. Deuxièmement, l’enseignement en anglais prépare les étudiants à l’international et simplifie l’intégration dans des programmes binationaux. Troisièmement, l’implication des universités du Consortium USTH dans les programmes et l’intervention d’enseignants-chercheurs français garantissent une proximité avec les pratiques de l’Hexagone.

Le partenariat entre l’USTH et l’UPCité est une réussite exemplaire entre universités vietnamiennes et françaises. 
Photo : USTH/CVN

Enfin, l’accréditation HCERES atteste de la conformité des formations aux standards français et renforce la confiance des partenaires européens

Membre du Consortium USTH depuis 2010, UPCité participe à sa gouvernance, notamment via la co-responsabilité de deux professeurs au sein du Département advanced materials science and nanotechnology (AMSN).

Chaque année, une vingtaine d’enseignants-chercheurs d’UPCité y effectuent des missions d’enseignement, assurant le transfert de compétences et le suivi pédagogique.

Au quotidien, les équipes administratives et pédagogiques des deux établissements coordon-nent l’application des référentiels, la gestion des mobilités, l’évaluation et la qualité des parcours.

Les masters SPACE (ingénierie des satellites/astrophysique) et AMSN (nanotechnologies) sont portés par la Faculté des sciences d’UPCité et sont co-accrédités entre les deux établissements : comment ces filières ont-elles été choisies ?

UPCité : Les spécialités des deux masters co-accrédités lient les priorités stratégiques du Vietnam aux domaines d’excellence d’UPCité.

Le master SPACE, porté par l’UFR de physique de la Faculté des sciences d’UPCité, répond aux enjeux du spatial, de l’astrophysique et des technologies satellitaires. Le Master AMSN, porté par l’UFR de Chimie, est quant à lui consacré aux nanosciences et aux matériaux avancés.

S’appuyant sur l’excellence scientifique d’UPCité, ces formations visent à former au Vietnam des talents capables de répondre aux besoins de développement et d’innovation de ces secteurs.

Comment fonctionne concrè-tement la délivrance du double diplôme ? Pourquoi l’USTH a-t-elle été retenue comme partenaire stratégique d’UPCité au Vietnam ?

UPCité : Les modalités reposent sur une convention académique claire : parcours, sélection, évaluation et validation sont définis conjointement. Une fois les exigences remplies, chaque université délivre son diplôme selon sa réglementation nationale. Ce dispositif garantit la qualité des formations et la reconnaissance bilatérale des parcours.

Le choix d’un partenaire stratégique unique par pays repose sur des critères d’alignement institutionnel et scientifique. L’USTH et UPCité se sont mutuellement choisis. Pour nous, notre partenaire possède un modèle agile, un positionnement fort au Vietnam, une gouvernance internationale et un fort adossement à la recherche.

Ces éléments ont permis d’établir une confiance durable et une convergence d’ambitions académiques. Cela n’empêche pas de coopérer à une moindre échelle avec d’autres établissements vietnamiens pour la mobilité ou la recherche.

Quels sont les leviers prévus par le partenariat pour inciter les étudiants inscrits à l’UPCité à suivre les masters délocalisés à Hanoï ?

UPCité : La création de doubles diplômes de licence, l’accueil d’étudiants de UPCité dans les laboratoires de l’université vietnamienne ou de l’Académie des sciences et des technologies du Vietnam (VAST) pour des stages de recherche, la mise en place d’écoles d’été, et le développement des thèses en cotutelle constituent un ensemble de leviers particulièrement prometteurs pour renforcer la coopération entre les deux établissements. Grâce à son positionnement au cœur d’un pays en forte croissance, l’université offre à nos étudiants l’opportunité d’évoluer dans un environnement scientifique dynamique et international. Une telle expérience représente un atout majeur sur les plans académique, professionnel et interculturel.

En quoi le partenariat bilatéral renforce-t-il la visibilité de la diplomatie universitaire française en Asie du Sud-Est ? De quelle manière les co-diplômes de Master facilitent-t-ils la transition des étudiants vers des programmes de doctorat en cotutelle au sein des laboratoires de l’UPCité ?

UPCité : L’USTH illustre parfaitement la coopération universitaire franco-vietnamienne. Grâce à des formations co-accréditées et des mobilités d’étudiants ou de chercheurs, ce partenariat promeut l’excellence scientifique française dans un pays en plein essor. En formant les élites vietnamiennes aux standards français, notre alliance renforce l’attractivité du modèle académique hexagonal face à la concurrence asiatique et anglo-saxonne. C’est un instrument durable de soft power scientifique.

Les masters co-accrédités favorisent naturellement les thèses en cotutelle, qui forment des scientifiques experts de deux environnements académiques et développent des réseaux de recherche binationaux durables.

Quelle place occupe aujourd’hui le partenariat entre les deux institutions dans les relations universitaires vietnamo-françaises ? Comment ce partenariat contribue-t-il à former les scientifiques, ingénieurs et experts?

Le Pr. Trân Dinh Phong, vice-recteur de l’USTH. Photo : USTH/CVN

USTH : En 2009, l’UPCité a cofondé le consortium USTH. Depuis, elle contribue activement à son développement via cinq actions stratégiques : la formation de nos enseignants, l’accréditation conjointe de masters, l’envoi de professeurs, l’accueil d’étudiants (licence, master, doctorat) en stage ou cotutelle, et la recherche conjointe. L’établissement français est ainsi un partenaire international majeur.

Cette coopération durable et fructueuse, en formation comme en recherche, prouve que le partenariat bilatéral est une réussite exemplaire entre universités vietnamiennes et françaises.

Grâce à ses laboratoires de renommée mondiale, l’établissement français a formé de nombreux enseignants de talent à l’USTH. Plusieurs d’entre eux, au niveau scientifique confirmé, y occupent aujourd’hui des postes à responsabilité. Nous sommes convaincus que l’université française continuera, aux côtés d’autres partenaires français, à former nos futurs scientifiques et ingénieurs dans des secteurs clés (biotechnologie, matériaux, sciences spatiales, de la Terre et chimie). Actuellement, nous développons nos activités de formation et de recherche en pharmacie et santé. Nous comptons fortement sur le soutien de notre partenaire français.

Quels sont les secteurs prioritaires de dévelop-pement en sciences et technologies du Vietnam (et donc de l’université) dans lesquels l’UPCité intervient ou pourrait demain intervenir ? Quels sont les bénéfices de la convention entre l’établissement français et la VAST pour l’USTH, notamment en recherche et innovation ?

USTH : Le gouvernement a récemment défini dix groupes technologiques prioritaires: intelligence artificielle, communication, robotique, biotechnologies, matériaux avancés, énergies, semi-conducteurs, cybersécurité, aérospatial, technologies marines et ferroviaire à grande vitesse.

L’établissement vietnamien devient la tête de pont de l’université française en Asie du Sud-Est. 
Photo : USTH/CVN

Les deux institutions vietnamienne et française coopèrent déjà étroitement dans les domaines des matériaux avancés, des sciences spatiales et terrestres, et de la biotechnologie. Des discussions sont en cours pour étendre ce partenariat à la recherche et à la formation dans les technologies biomédicales et les semi-conducteurs.

Le protocole d’accord entre les deux établissement confirme leur volonté de développer la recherche et l’innovation. Ce partenariat associe l’USTH, partenaire de longue date, ainsi que d’autres instituts de la VAST (physique, sciences des matériaux, chimie). Soutenue par la direction de cette académie, notre université jouera un rôle de catalyseur dans cette coopération.

L’année dernière, une école scientifique sur les matériaux avancés pour applications médicales a été co-organisée par le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et la VAST, réunissant des scientifiques d’UPCité, de l’USTH et de divers instituts de l’académie. Suite à cet événement, les chercheurs ont soumis une proposition conjointe au CNRS pour un projet de recherche international, visant à établir une coopération durable.

Quels sont les avantages du modèle LMD-ECTS de l’USTH pour les étudiants ? Comment ces coopérations de recherche contribuent-elles aux ambitions de l’université et à la mise en œuvre de la Résolution N°57 du Politburo du Parti sur le développement des sciences et technologies, de l’innovation et de la transition numérique ?

USTH : Nous utilisons le système de crédits ECTS et enseignons en anglais. L’accréditation par le HCERES en 2023 atteste de la conformité de notre établissement aux normes européennes. Ces atouts uniques au Vietnam en font un partenaire attractif pour les universités et grandes écoles européennes. Le nombre d’étudiants internationaux augmente pour des doubles diplômes, des échanges ou des stages de 3 à 6 mois. Inversement, ses étudiants s’intègrent facilement en Europe pour les mêmes programmes. Nous visons désormais à renforcer la coopération Sud-Sud en attirant des étudiants d’Asie du Sud-Est.

Le gouvernement vietnamien s’engage fortement pour les sciences et technologies en y mobilisant d’importantes ressources. Bien que ses scientifiques aient réalisé un excellent travail malgré des moyens limités, un écart subsiste avec le niveau international. Mener des recherches conjointes avec les scientifiques de l’UPCité, à la pointe dans plusieurs domaines et d’autres partenaires de premier plan comme le CNRS, l’IRD ou le CEA, offre d’excellentes opportunités à nos chercheurs tant en matière de recherche que de formation.

Propos recueillis par Nguyên Tùng/CVN

Rédactrice en chef : Nguyễn Hồng Nga

Adresse : 79, rue Ly Thuong Kiêt, Hanoï, Vietnam

Permis de publication : 25/GP-BTTTT

Tél : (+84) 24 38 25 20 96

E-mail : courrier@vnanet.vn, courrier.cvn@gmail.com

back to top