Minh Hanh, passeuse du patrimoine vietnamien

La styliste Minh Hanh a dévoilé à Paris Dao hoc, une création où la mode célèbre l’héritage culturel du Vietnam. Une nouvelle étape dans son parcours consacré, depuis plus de trente ans, au rayonnement des savoir-faire artisanaux nationaux.

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La styliste Minh Hanh.
Photo : TTVH/CVN

Présentée au siège de l’UNESCO à Paris, Dao hoc a dévoilé une vision sensible de l’identité culturelle vietnamienne. À l’origine de cette création, Minh Hanh a imaginé une œuvre où la mode dialogue avec la musique et la pensée humaniste, faisant de chaque silhouette le prolongement d’un récit.

Bien plus qu’un défilé, le projet compose une véritable fresque artistique. Des costumes à la scénographie, en passant par le rythme de la représentation, chaque élément a été pensé pour traduire la richesse d’un héritage façonné par la transmission du savoir, le respect des traditions et l’esprit d’apprentissage qui irriguent la culture vietnamienne depuis des générations.

Depuis plus de trois décennies, Minh Hanh met la création au service du patrimoine. Si son nom est associé à de grands spectacles et rendez-vous culturels, son œuvre s’est surtout construite au fil des rencontres avec les artisans des villages traditionnels, dont elle révèle le savoir-faire sur les scènes internationales, de Rome à New York, de Tokyo à Paris.

Du village aux scènes internationales

Un brocart tissé par les Tà Ôi d’A Luoi, une étoffe de soie de Bao Lôc ou encore le chapeau conique du village de Phu Gia deviennent, sous son regard, les vecteurs d’un récit. Ancrées dans le quotidien, ces matières acquièrent une nouvelle dimension sans jamais perdre leur identité.

Pour la créatrice, chaque textile artisanal est porteur d’une mémoire. “Je ne cherche pas seulement la beauté d’une matière, mais aussi les histoires qu’elle renferme et les artisans qui perpétuent ces savoir-faire”, confie-t-elle. Dans sa vision, l’áo dài (tunique fendue traditionnelle des Vietnamiennes) dépasse sa fonction de vêtement : il devient un véritable ambassadeur culturel, porteur de l’histoire, de l’identité et de l’âme du pays.

Minh Hanh présente des tissus vietnamiens à des professionnels du secteur à Paris. 
Photo : TTVH/CVN

Dans l’univers de Minh Hanh, l’áo dài transcende sa fonction première pour devenir un ambassadeur culturel, portant avec lui la mémoire, l’identité et l’âme vietnamiennes. Son passage à Paris s’est prolongé à l’Institut français de la mode, où Minh Hanh a rencontré vingt jeunes créateurs distingués parmi plus de 400 étudiants et chercheurs. Plusieurs d’entre eux collaborent déjà avec de grandes maisons internationales.

Face à cette nouvelle génération, elle a évoqué sa quête des matières artisanales, son compagnonnage avec les artisans et l’urgence de préserver des savoir-faire fragilisés, du tissage traditionnel aux techniques de teinture, notamment à l’indigo.

Reconnaissance mondiale

À travers le brocart, la soie ou encore les techniques de teinture ancestrales, Minh Hanh défend une conviction : les savoir-faire traditionnels n’ont pas vocation à être figés dans les vitrines des musées. Ils demeurent une matière vivante, capable de nourrir la création contemporaine dès lors qu’elle s’appuie sur une véritable connaissance des héritages et une volonté de les réinventer.

Soie et brocart vietnamiens attirant l’attention des invités.
Photo : VHTT/CVN

Cette vision reflète sa conception du métier de créateur. Plus qu’un artisan du beau, le designer devient un passeur, reliant les générations, les artisans aux scènes internationales, et le patrimoine vietnamien au regard du monde.

Cet engagement lui a valu une reconnaissance bien au-delà des frontières de son pays. Première Vietnamienne distinguée de l’Ordre des Arts et des Lettres par la France en 2006, Minh Hanh a ensuite reçu le Prix Fukuoka au Japon en 2015, avant d’être décorée de l’Ordine al Merito della Repubblica Italiana par le président italien en 2018.

À travers Dao hoc, la styliste poursuit ainsi une mission entamée depuis plus de trois décennies : faire de la mode un langage universel, capable de porter la mémoire des villages vietnamiens jusqu’aux grandes institutions culturelles du monde.

Thao Nguyên/CVN

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