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| Le Vietnam compte actuellement près de 80.000 entreprises de technologies numériques et les besoins en capitaux pour la R&D augmentent. |
| Photo : VNA/CVN |
Il s’agit de l’un des huit critères proposés pour permettre aux entreprises vietnamiennes de technologies numériques d’atteindre un niveau comparable à celui des entreprises des économies avancées, selon un projet de circulaire récemment publié par le ministère des Sciences et des Technologies pour consultation publique.
Selon ce projet, les entreprises concernées devraient notamment réaliser un chiffre d’affaires annuel d’au moins 1 milliard de dollars, employer au moins 5.000 personnes, disposer d’une organisation scientifique et technologique, détenir des brevets reconnus à l’échelle internationale et consacrer au moins 3% de leur chiffre d’affaires total à la R&D.
Le cadre proposé ferait ainsi, pour la première fois, des dépenses de R&D un critère quantitatif obligatoire.
Selon le ministère, le seuil de 3% a été fixé après l’examen des pratiques internationales et des niveaux actuels de dépenses de R&D des principales entreprises technologiques vietnamiennes.
Viettel, FPT et VNPT consacrent actuellement environ 1% de leur chiffre d’affaires à la R&D, tandis que CMC y alloue environ 2% et MobiFone près de 0,15%, a précisé le ministère.
Si le seuil proposé est approuvé et entre en vigueur, les cinq principales entreprises technologiques pourraient augmenter leurs dépenses de R&D de 7.600 milliards de dôngs au total par an. Viettel, à elle seule, devrait accroître ses investissements d’environ 4.300 milliards de dôngs, suivie de FPT (1.300 milliards), de VNPT (1.200 milliards), de MobiFone (700 milliards) et de CMC (100 milliards).
Le Vietnam compte actuellement près de 80.000 entreprises de technologies numériques, dont les besoins en capitaux pour la R&D augmentent, non seulement pour le développement de produits, mais aussi pour la création de centres de recherche, de laboratoires, d’installations d’essai et le recrutement de personnel scientifique et technologique.
Selon des experts de l’Université nationale du Vietnam à Hanoï, les dépenses consacrées à la R&D représentent actuellement environ 0,4 à 0,5% du produit intérieur brut (PIB). Le ministère des Sciences et des Technologies élabore un plan visant à porter progressivement l’investissement social total dans la R&D à environ 2% du PIB au cours des prochaines années.
Cela implique que les entreprises devront accroître considérablement leurs dépenses de R&D, notamment pour renforcer leur intégration dans les chaînes de valeur technologiques et commercialiser les résultats de leurs recherches. Ces investissements nécessitent généralement une longue période avant de produire des retours, mais ils sont essentiels au renforcement des capacités technologiques.
Actuellement, les entreprises vietnamiennes financent l’essentiel de leurs activités de R&D sur leurs ressources propres, notamment grâce aux bénéfices non distribués, aux flux de trésorerie d’exploitation et aux fonds de développement scientifique et technologique.
Depuis plusieurs années, FPT consacre environ 5% de son bénéfice avant impôt de l’exercice précédent à la R&D, tandis que Viettel combine son fonds de développement scientifique et technologique avec ses bénéfices non distribués pour investir dans des technologies clés telles que la 5G, les semi-conducteurs, l’intelligence artificielle et les technologies de défense.
Toutefois, les experts estiment que le recours exclusif aux ressources internes pourrait exercer une pression croissante sur les entreprises à mesure que leurs besoins en R&D augmentent, entraînant une demande accrue de crédits bancaires et d’autres sources de financement.
La Banque d’État du Vietnam a demandé aux établissements de crédit de mettre en œuvre un programme de crédit de 500.000 milliards de dôngs destiné aux sciences et technologies, à l’innovation, à la transformation numérique et aux infrastructures stratégiques. Ce programme mobilise 21 banques commerciales, qui proposent des taux d’intérêt inférieurs de 1 à 2 points de pourcentage aux taux habituels afin de faciliter l’accès des entreprises aux capitaux.
Le ministère des Sciences et des Technologies a également proposé un mécanisme pilote visant à subventionner 50% des intérêts des prêts par l’intermédiaire du Fonds national pour l’innovation technologique, avec un plafond de soutien de 6% par an pendant cinq ans. Les banques continueraient d’évaluer et d’approuver les prêts selon les principes du marché.
Trân Van Nhiên, du Département juridique et de conformité d’Eximbank, a souligné la nécessité de poursuivre l’amélioration du cadre juridique relatif aux actifs incorporels afin d’encourager les banques à financer davantage les projets de R&D.
Bien que les droits de propriété intellectuelle soient reconnus par la loi comme des actifs pouvant servir de garantie, leur valeur dépend largement du potentiel commercial de la technologie et de la capacité d’innovation de l’entreprise, a-t-il précisé.
L’amélioration des mécanismes d’évaluation, de sécurisation et de gestion des actifs incorporels pourrait donc contribuer à orienter davantage de crédits vers la R&D et à diversifier les sources de financement des entreprises technologiques.
Les critères proposés s’inscrivent dans le cadre des efforts plus larges du Vietnam visant à faire émerger une génération d’entreprises technologiques plus solides et compétitives à l’échelle mondiale. Conformément à la résolution N°57 du Bureau politique, le pays vise à compter au moins cinq entreprises de technologies numériques capables de rivaliser avec celles des économies avancées d’ici 2030, et au moins dix d’ici 2045.
À l’heure actuelle, seules Viettel et FPT réalisent un chiffre d’affaires annuel supérieur à 1 milliard de dollars, selon le projet de document.
VNA/CVN



