Le Vietnam tire parti des avantages à l’exportation au sein de la région du RCEP

Après quatre années de mise en œuvre, le Partenariat économique global régional (RCEP) a largement contribué à dynamiser les exportations vietnamiennes de produits produits agricoles, sylvicoles et aquatiques, malgré les fortes fluctuations des flux commerciaux mondiaux.

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Les ouvriers de la Compagnie générale May 10 produisent des vêtements destinés à l'exportation. 
Photo : VNA/CVN

Représentant près de 30% du PIB et de la population mondiaux, le RCEP est actuellement considéré comme la plus grande zone de libre-échange au monde, offrant un vaste marché aux produits agricoles, sylvicoles et aquatiques du pays.

Selon Lê Hang, secrétaire général adjoint de l’Association des producteurs et exportateurs de produits aquatiques du Vietnam (VASEP), les exportations de produits aquatiques vers les marchés du RCEP représentent désormais plus de 50% de la valeur totale des exportations du secteur. En 2025, les exportations de produits aquatiques vers la Chine ont dépassé 2,2 milliards de dollars américains, soit une hausse d’environ 33% par rapport à 2024. Les expéditions vers le Japon ont rapporté près de 1,7 milliard de dollars américains, soit une augmentation de 14,6% sur un an, tandis que celles vers la République de Corée et l’Australie ont progressé respectivement de 9,6% et 3,2%.

Par ailleurs, les fruits et légumes ont également enregistré une croissance rapide sur les marchés du RCEP. Les données de l’Association des fruits et légumes du Vietnam (Vinafruit) montrent que la Chine demeure le principal marché, représentant environ 65 % des exportations totales, avec un chiffre d’affaires dépassant les 5 milliards de dollars américains en 2025.

Le RCEP autorise le cumul régional

Les exportations de fruits et légumes vers la Malaisie ont bondi de près de 80%, tandis que celles vers l’Australie ont augmenté d’environ 30%. De nombreuses entreprises attribuent cette croissance aux règles d’origine flexibles du RCEP, qui ont considérablement facilité les exportations.

Contrairement à plusieurs autres accords de libre-échange qui exigent une origine exclusivement nationale pour bénéficier de tarifs préférentiels, le RCEP autorise le cumul régional. Ainsi, les matières premières agroforestières et halieutiques importées d’un ou plusieurs pays membres du RCEP peuvent être transformées au Vietnam et obtenir un certificat d’origine leur permettant de profiter de tarifs préférentiels.

Le RCEP promeut les exportations des entreprises vietnamiennes.
Photo : VNA/CVN

Cependant, les exportations vers la région du RCEP ont également révélé de nouveaux obstacles, notamment le ralentissement, voire la baisse, des importations sur certains marchés de l’ASEAN.

Nguyên Chanh Trung, directeur de la SARL Hung Viet Rice, a constaté que les exportations de riz en 2025 n’ont plus connu la forte croissance des années précédentes, des marchés clés comme l’Indonésie et les Philippines ayant fortement réduit leurs importations, une tendance qui devrait se poursuivre.

Une restructuration de l'offre et de la demande

Pour tirer pleinement parti des avantages du RCEP, les entreprises doivent se tourner vers des marchés comme le Japon, la République de Corée et la Chine, en proposant du riz de haute qualité, du riz de spécialité et des produits de riz transformés.

Un autre défi majeur réside dans la forte similarité des structures de produits entre les membres du RCEP, ce qui intensifie la concurrence. Le Vietnam est confronté à la concurrence directe de la Thaïlande, de la Malaisie, des Philippines, du Laos et de l’Australie sur des produits traditionnellement considérés comme ses points forts, tels que le riz, les fruits de mer et les fruits tropicaux.

Selon l’Agence du commerce extérieur du ministère de l’Industrie et du Commerce, si la Thaïlande et le Vietnam dominent la majeure partie du marché chinois du durian, la Malaisie, le Myanmar et le Laos développent rapidement leurs exportations, notamment dans le secteur de la transformation. Concernant le pomelo, le Laos est devenu le premier fournisseur de la Chine, tandis que le Vietnam, malgré une production abondante, n’a pas encore atteint une position équivalente.

Au sein du RCEP, qui s’étend de l’Asie du Nord-Est et du Sud-Est jusqu’à l’Australie, les exportations agricoles vietnamiennes présentent encore un potentiel de croissance considérable. Cependant, chaque marché possède ses propres caractéristiques, ce qui oblige les entreprises à adopter des stratégies plus ciblées par segment de produit et par partenaire, plutôt qu’une approche uniforme. La Chine offre un marché vaste mais extrêmement concurrentiel ; l’ASEAN connaît une restructuration de son offre et de sa demande ; tandis que l’Australie et la Nouvelle-Zélande imposent des normes élevées et exigent des engagements à long terme. Si ces différences sont correctement comprises, les avantages du RCEP iront au-delà des préférences tarifaires et de la portée géographique pour englober l’adaptabilité du marché, la capacité de production basée sur la chaîne de valeur et la compétitivité réelle de chaque exportation.

VNA/CVN

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