>> L’afflux d’IDE dope l’immobilier industriel au Vietnam
>> Vietnam : renforcer les liens entre entreprises étrangères et sous-traitants locaux
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| Bùi Thu Thủy, directrice adjointe de l’Agence de l’investissement étranger du ministère des Finances. Photo : TBTC/CVN |
Bien que le secteur des IDE contribue largement aux exportations du Vietnam, ses retombées sur le tissu productif national restent limitées. Le taux de localisation dans les chaînes de production des entreprises à capitaux étrangers n’est actuellement que de 20 à 25%, tandis que la valeur ajoutée nationale représente moins de 50%.
Les entreprises vietnamiennes interviennent principalement dans des activités de sous-traitance simples, à faible valeur ajoutée.
Le transfert de technologies constitue également un obstacle majeur. Selon des données du ministère des Sciences et des Technologies citées par Bùi Thu Thủy, directrice adjointe de l’Agence de l’investissement étranger du ministère des Finances, environ 600 contrats de transfert de technologies ont été enregistrés au Vietnam entre 2006 et 2016, soit moins de 4,3% du nombre total de projets d’IDE.
Entre 2018 et 2022, quelque 400 contrats ont été recensés, dont la plupart concernaient des transferts internes entre sociétés mères et filiales implantées au Vietnam, essentiellement destinés aux besoins de production et de fonctionnement des entreprises étrangères elles-mêmes.
Ces transferts portent principalement sur l’assistance technique, la formation et les procédés de production, tandis que les transferts d’actifs de propriété intellectuelle ne représentent que 13%. Cette situation limite la capacité des entreprises nationales à assimiler, maîtriser et améliorer les technologies, freinant ainsi le développement fondé sur les connaissances et les capacités technologiques endogènes.
Face à ces défis, la Résolution N°10 du 8 juin 2026 du Bureau politique sur le développement de l’économie à capitaux étrangers marque une évolution de l’approche vietnamienne en matière d’attraction des IDE. Le pays entend passer d’une démarche passive à une sélection proactive des investissements de qualité, à forte intensité technologique et susceptibles de générer des retombées positives pour l’économie nationale.
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| Fabrication de lentilles dans l'usine R Technical, détenue à 100% de capitaux japonais. |
| Photo : Duc Thanh/CVN |
Le ministère des Finances étudie actuellement des amendements et des compléments à la Loi sur l’investissement afin d’institutionnaliser des mécanismes et des mesures incitatives préférentielles renforcées, tout en subordonnant davantage ces avantages aux résultats obtenus et aux engagements concrets des investisseurs.
Les priorités portent notamment sur le transfert de technologies aux entreprises vietnamiennes, la formation des ressources humaines, l’assistance technique et l’intégration des entreprises nationales dans les chaînes d’approvisionnement des groupes étrangers.
Selon Bùi Thu Thuy, de nombreuses entreprises étrangères souhaitent accroître leurs achats auprès de fournisseurs vietnamiens. Le principal enjeu réside toutefois dans la capacité des entreprises locales à répondre à leurs exigences. Outre les politiques d’attraction des investissements, le Vietnam doit donc soutenir les entreprises nationales dans l’amélioration de leurs technologies, de la qualité de leurs produits et de leur capacité à satisfaire aux normes internationales.
Objectifs de la Résolution No10
La Résolution N°10 fixe l’objectif de porter à environ 10.000 le nombre d’entreprises nationales participant aux chaînes de valeur et d’approvisionnement des entreprises à capitaux étrangers d’ici à 2030, dont 500 à 1.000 fournisseurs de premier rang.
Parallèlement, le Programme de développement de l’industrie auxiliaire pour la période 2026-2035 prévoit de soutenir les entreprises dans leur intégration aux chaînes d’approvisionnement et de valeur mondiales, en s’appuyant sur les exigences techniques, les normes de qualité et les objectifs de localisation des entreprises donneuses d’ordre.
Pour atteindre ces objectifs, le Vietnam doit poursuivre le développement des infrastructures de transport, de logistique, des ports maritimes et des aéroports, ainsi que des infrastructures numériques, notamment les réseaux 5G et les bases de données.
Il est également essentiel de garantir un approvisionnement énergétique propre et stable afin de répondre aux besoins de la production. Ces conditions contribueront à renforcer l’attractivité du pays et à faciliter l’intégration des entreprises nationales dans les chaînes de production modernes.
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L’expérience de Samsung Vietnam illustre l’importance du développement d’un écosystème de fournisseurs locaux. Cha Ji Ho, vice-directeur général chargé du Centre des achats de Samsung Vietnam, a indiqué que le groupe entendait désormais aller au-delà du renforcement des capacités de production pour développer des compétences spécialisées et approfondir son écosystème de fournisseurs au Vietnam.
Samsung prévoit notamment d’étendre ses programmes d’accompagnement à plusieurs localités, d’élargir le nombre d’entreprises participantes et d’améliorer la qualité de son soutien.
Le groupe propose également de renforcer la coopération structurée entre le gouvernement, les entreprises à capitaux étrangers et les entreprises vietnamiennes, sur la base d’une base de données des fournisseurs et d’un cadre de politiques et de soutien clairement défini. Il préconise en outre la publication annuelle d’un Livre blanc sur le développement des fournisseurs, destiné à suivre les progrès accomplis et à favoriser une coopération durable à long terme.
En liant les incitations à l’investissement aux engagements de retombées positives, le Vietnam entend non seulement améliorer l’efficacité de l’attraction des IDE, mais aussi permettre aux entreprises nationales de moderniser leur production, de maîtriser les technologies et de s’intégrer plus profondément aux chaînes de valeur mondiales.
Cette orientation doit favoriser le passage de simples relations commerciales à des partenariats durables, contribuant ainsi à accroître la valeur ajoutée nationale et la compétitivité de l’économie vietnamienne.
VNA/CVN





